‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 35 sur 58 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Nombre et proportion des diverses Ecoles primaires.

INous pouvons désormais réduire à deux les trois mélhodes dont nous avons parlé au commencement de cet ouvrage.

Ces deux méthodes, réellement distinctes, sont l'enseignement individuel, et l'enseignement mutuel.

Celte dernière méthode est toute française : on la doit à l'Instituteur des Frères des Ecoles chrétiennes. Après avoir langui comme si elle n'avait pas été persécutée, elle s'est ranimée dans ces derniers temps. Elle a été perfectionnée , non quant à ses principes essentiels, qui ont tous été trouvés et pratiqués dès 1680, par M. De La Salle et par ses disciples, mais quant

aux procédés de détail et de forme. Ces derniers' perfectionnemens,'qui n'ont pas le même mérite que la découverte principale , ont néanmoins jeté plus d'éclat, ou fait plus de bruit; et grâce à ce bruit, à cet éclat, grâce à un siècle impatient de jouir, grâce au rapide mouvement de. tous les esprits, grâce au besoin, plus grand que jamais, d'une instruction universelle, grâce aussi à des oppositions maladroites et passionnées, l'enseignement mutuel grandit tous les jours , il marche à pas de géant, il parcourt l'Europe, il fait le tour du' inonde, la terre est à lui :il éclairera les peuplés civilisés, il civilisera les nations barbares* et concourant avec la propagation des livres sacrés, s'avançant à la suite et sous les auspices de la religion, il achèvera la conquêle-de l'univers au christianisme.

Mais combien d'obstacles retarderont encore sa marche et ses bienfaits!

Et d'abord il lui faudra vaincre l'aveugle routine , pour qui l'entêtement est de la constance , et l'inertie de la force^

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