CHAPITRE XXVJII
Ecoles d'Enseignement mutuel.
Nous possédons deux sortes d'écoles, dans lesquelles l'enseignement individuel a enfin cessé de désoler la patience des maîtres et la bonne volonté des enfans, pour faire place à cette autre méthode , «qui consiste à se servir des <( enfans eux- mêmes plus avancés les uns que ce les autres, pour multiplier l'action de l'inscc tituleur vis-à-vis de chacune des subdi vice sions ou classes; et cela mutuellement , de « manière à leur éviter toute inaction , tout ce retard. » (1).
Ces écoles d'enseignement mutuel doivent être distinguées, suivant les diverses époques
(1) Journal d'éducation, n° d'août i8ib; article de M. le comlo Alcvaudre De Labordc.
de leur création, en anciennes et en nouvelles écoles.
Nous réunissons sous le titre ^anciennes > celles qui ont été fondées par M. De La Salle, en 1680, par M. Tabourin, en j 7 1 37 sous le titre commun tf Ecoles chrétiennes, et avec tous les principes essentiels de l'enseignement simultané et mutuel. Les nouvelles , sont celles qui, adoptant les mêmes principes, et les mettant en œuvre avec plus d'étendue et d'activité , ont fait faire à cette ancienne méthode, dans le cours des vingt dernières années, soil en France, soit hors de France, de si heureux et de si rapides progrès.
Mais encore, à quoi se réduisent jusqu'ici ces précieux étabiissemens!
Tout annonce que les nouvelles écoles triompheront plus vite aujourd'hui, que les anciennes n'ont triomphé jadis : et pourtant , c'est beaucoup , si le concours des autorités civiles et ecclésiastiques , les suffrages unanimes de tous les corps littéraires , le zèle infatigable d'une société qui se compose de ce qu'il y a de plus illustre et de plus éclairé, l'action continue du corps spécialement chargé de l'instruction publique dans tout le royaume , la haute protection eniin des ministres du Roi et la bienveil-
( 177 ) lance du Roi lui-même, ont réussi à porter jus qu'à douze cents le nombre de ces asylcs ouverts à l'enfanee, et cela dans un pays dont la population excède 29,000,000 d'habitans. (1)
Quant aux anciennes écoles , celles des Frères , non seulement presque tous les villages , et la plus grande partie des villes, mais des départemens entiers , mais des provinces entières ne les connaissent pas et ne les ont jamais connues.
Ceci demande quelques développemens.
(1) Annuaire présenté au Roi par le bureau des longitudes, pour l'an 1819.
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