CHAPITRE XII
Lois et faits antérieurs à 1791.
Mais c'est peu qu'un principe , d'ailleurs raisonnable , soit reconnu et proclamé depuis près de 5o ans.
Il est vrai que dans cet intervalle de temps , double de celui que Tacite appelait un grand espace de la vie humaine (1), les générations se sont succédées avec une rapidité incroyable; il est vrai que la face de la terre a été renouvelée , d'un pôle à l'autre ; il est vrai que la France surtout est un monde nouveau dans ses lois , dans ses mœurs , dans les cinq sixièmes de ses habitans,dans tout son être social; et peutêtre serait-on autorisé à conclure de cette vérilé
(l) Quindecim annos , grande mortalis œvi spatium. (Vie d'Agricola. ) Domitieu avait régne pendant ces quinze ans.
de fait , qu'il faut donc se résoudre à marche!4 dans la voie ouverte par la première assemblée nationale , et constamment suivie par toutes les assemblées qui ont délibéré sur les grands intérêts de la France. Apparemment , des esprits si divers n'auront pas tous erré sur un même point j qui , pour aucun d'eux * et dans aucun temps , ne fut sans importance.
Toutefois , l'Université et le principe sur lequel son existence repose essentiellement, ont des adversaires d'humeur si opposée, qu'un tel argument ne s'adresserait pas à tous , et c'est à tous que nous voulons nous adresser.
JNous voulons donc , en faveur des plus 2élés partisans des anciennes coutumes, établir que de tout temps , la puissance législative a régi et gouverné ce domaine de l'instruction publique.
Nous citerons avec quelque étendue les cahiers de nos états-généraux, et les ordonnances de nos rois. Car il est bon , il est juste de montrer que sur ce point essentiel, toute la nation, rois et peuple, n'a jamais eu qu'un sentiment $ qu'une pensée, qu'un désir.