‹ Essai Sur L'Obsession De NégationChapitre 20 sur 26 · III. — Dépersonnalisation · texte numérisé non relu

III. — Dépersonnalisation

La personnalité telle que la définit M. LazanDe ({) est «la fonction psychologique par laquelle un individu se considère comme un moi, un et permanent ». - Or, cette conscience de l’unité et de la permanence du moi est le résultat d’une construction très complexe. Dès le stade embryonnaire il y a une unité organique qui s'opère. Mais la personnalité n’existe pas chez le nouveau-né. Peu à peu elle va se construire grâce à la société, à l'éducation, au développement de l’activité vitale. Aussi n'est-ce qu'après quelques années de ce lent travailique l'enfant vers 4 ou 5 ans emploiera le «je ». Le moi de l'enfant n’est d’ailleurs pas le seul à offrir des différences avec le moi de l’adulte. Chez certains malades d’une part et d’autre part chez les primitifs, on retrouve des variations de l’idée du moi fertiles en enseignement.

Mais le moi normal dont il est incontestable de préciser qu'ilestun, présente cependant des modalités. William James a proposé de le diviser en 4 stades coexistents, voulant indiquer l’objet sur lequel porte simultanément l’idée qu’on a de soi : 1l distingue d’abord «le mien » qui se rapporte à l'appropriation et dont € ma maison » et « mes amis » sont une des manifestations , ensuite (le corps » qui se présente hiérarchisé dans ses parties, car il y a des parties du corps qui sont plus personnalisées que d’autres, enfin

(1) Laranpe. Vocabulaire philosophique, Alcan 1932.

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«le moi mental » et le «je » qui sont une synthèse en fonction du présent, du passé et de l’avenir, chargée de retrouver l'unité dans la multiplicité et l'identité dans le ChAnsS RER

D'ailleurs qu'il s'agisse de n'importe raclles définitions de la personnalité on constate chaque fois une recherche de leurs auteurs pour localiser cette personnalité, les uns la situant dans le corps, les autres dans l’esprit. D’où il résulte une dualité assez arbitraire dans la notion du moi : le moi psychique et le moi physique.

Le moi psychique est la synthèse de tous les états de conscience qui sont alors reconnus comme appartenant à notre € moi » et dont la non-reconnaissance peut traduire une désintégration de la personnalité et engendrer des phénomènes morbides. [Il existe en fonction de toutes nos actions : aussi vouloir délimiter son domaine, équivaudrait à dresser le catalogue de toute notre activité quelle qu’elle soit.

Quant au moi physique il est basé suivant les uns sur le sens musculaire, la kinesthésie, suivant les autres sur la cénesthésie. Cette dernière notion vaut, pensons nous, qu’on s’y arrête un peu.

L'étude de la cénesthésie a donné lieu à une série de recherches dont on pourrait peut-être trouver l’origine dans la théorie des aperceptions leibniziennes. Quoi qu’il en soit, le terme de cénesthésie a été, semble-t-1l, créé par Hamicron (1), bien que déjà

(1) Par Rerz, suivant certains auteurs.

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