‹ Essai Sur L'Obsession De NégationChapitre 24 sur 26 · III. — Diagnostic étiologique · texte numérisé non relu

III. — Diagnostic étiologique

Le problème de l’étiologie est d’une très grande complexité : c’est en quelque sorte le plan métaphysique de la médecine. Et lon se perd facilement dans l’enchaïînement de la causalité, dans cette intrication de chocs dont ma nature est si variable et dont le résultat constitue la maladie. Il y a là une foule de’facteurs en jeu dont il est impossible de ne pas temir\ compte. Or parmi ces causes qui concourent à la formation de la maladie il en est d’essentielles dont la présence est à la base même du trouble et d’accessoires qui jouent le rôle de réactif, en venant révéler certains états préexistants. Q

Toute solution définitive en ce domaine est très délicate : retenons quelques-uns de ces éléments.

La notion de terrain est capitale. Nos trois malades ont présenté autrefois, pendant une certaine période, -des obsessions. W... a été, à l’âge de la puberté, érytrophobique, scrupuleuse à l’excès, craignant d’avoir toujours oublié quelque chose ; Mi... s’est pendant sept ans plaint d’une sensation obsédante à localisation gastrique ; et si E. B.. n’a pas à proprement parler réalisé un syndrome obsédant, elle a donné maintes fois l’occasion de retrouver chez elle les manifestations d’un tempérament émotif qu’on constate toujours à la base de l’obsession.

L'élément infectieux, qu’il soit aigu ou chronique, est important. Les obsessions survenant après une grippe, une encéphalite sont fréquentes. C’est à la - suite d’un état grippal que W... s’est sentie dépersonnalisée. Les infections telles que les grippes, les encéphalites, les intoxications endogènes ou exogènes réalisent une déficience de la résistance nerveuse et mentale.

Les conflits affectifs sont-ils la cause ou le résultat du trouble pathologique. E.B... se plaint d’un complexe d’infériorité : mais est-ce là la traduction d’un état précédemment ressenti ou n’est-1l que la constatation du trouble actuel ? Est-il suflisant d’avoir découvert à l’origine d’une névrose un complexe, à la base d’une action une expérience interne pour expliquer du même coup et la névrose et l’action ? Fautil rechercher là un déterminisme d’auto-punition ? Certains auteurs invoquent dans la genèse de la dépersonnalisation une cessation brusque de la vie sexuelle. Sans doute M1. est divorcée : mais elle a continué néanmoins à avoir une vie affective et sexuelle relativement active. On a également insisté sur l'importance de l’onanisme dont nous n’avons pas trouvé de trace d’ailleurs chez nos trois malades.

Berlioz. 7

Sners

Pronostic

De même qu’il existe des obsessions qui évoluent soit rapidement vers la sédation, soit lentement vers la chronicité, dé même l’obsession de négation peut conduire à cette double éventualité.

W... a donné l’exemple de la première : au bout de quelques mois l’état obsédant s’est apaisé et permet. de la croire aujourd’hui guérie. Mais E. B... et Mi... ont au contraire, au fur et à mesure que le thème obsédant se systématisait, évolué vers un état chronique.

Ainsi là encore le parallélisme avec le délire de Cora s'impose. On sait le sombre pronostié qu’il est convenu de faire en présence d’un tel syndrome, encore que dans certains cas des rémissions aient été observées (Mazrer, Leurrer et Cazaurs, Louer et Dacxe). La systématisation obsédante est pareïllement redoutable et la guérison sensiblement problématique.

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