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A rorip:iiie, la compaft'nie eiiil)io.ssf Inules les bi-auches dp l'assislance : pa\ivi-es honteux, mendiants, malades, pi-isonniers, enfants Iroiivés, orphelins. Klle fonde des petites écoles, des catéchismes, une maison de charité pour les (illes repenties et les convalescentes; s'occupe du rétablissement des familles, de l'apprentissage des enfants, des réconciliations.
Klle délivre les paroissiens ca]itifs en Barbarie, entretient des avocats et des procureurs pour former un conseil chal'itablo, des médecins chii-urgiens et apothicaires attitrés, des maîtres et maîtresses d'école ; pratique la visite des hôpitaux et des prisons de la paroisse et des paroissiens détenus dans les autres pi'isons ou assistés dans les hôpitaux, de Paris.
Ses membi'es opèrent de la faciou suivante. Une enquête est faite sur la situation du quémandeur, qui est l'objet d'uu rapport lu à la compagnie. Celle-ci vole sur les conclusions et si elle accoi-de un secours, le montant en est confié « à celui des associés qui est jugé le plus propre
il rfiniployor iionr los nécessilés du ji.nuvi'P >'. Klle donne sou assistance sous l;i l'orme d'ouliis ou (rinslmments de Iimvail « n un cordonnier du cuir, à uucliarpenliei- du bois, etc. La compaiiuie ne rétablit pas les marchands, mais les aide pour les assortir. »
Les principes de l'assistance par le travail ressortent d'une fai-on très chiire dans l'reuvre de la paroisse. Il est aussi une auti-e par-ticularité qui se l'ait jour, c'est la division du travail entre les membres de la compagnie. Non seulement ils se partagent les grandes divisions de l'assistance, écoles, hôpitaux, prisonniers, etc., mais aussi les pauvres à secourir et l'application des secours à distribuer. Leur rôle personnel parait plus actif que dans les compagnies des autres paroisses.
Au dix-huitième siècle, les compagnies de charité de la paroisse avaient pris une très grande extension ; leur fortune était fort bien établie, puisque les pauvres et la charité possédaient plus de 14,00(3 livi-es de rentes sur l'Hôtel de Ville seulement.
Ou l'ut alors amené à diviser l'assis-
tance entre phisieiii-s compagnies. Celle des Quinze jours, dont nous avons exposé les débuts, s'occupe du « soulagement et môme du rétablissement, lorsqu'il est possible, des pauvres maîtres ou marchands de quelque corps ; » la compagnie de Bon Secours, des pauvres malades, du soin et de l'entretien des écoles et de la fourniture du lait pour les petits enfants ; celle de Sainte-Agnès, des nouveaux convertis. Chacune d'elles possède un règlement particulier qui spécialise la nature, le terme et la durée de son assistance. Une quatrième a pour objet la distribution des aumônes aux pauvres honteux valides (1).
Le but de cette dernière est princii)alement de venir en aide aux pauA-res honteux valides. Elle assiste encore les malheureux qui ne se trouvent pas dans les catégories dont s'occupent les deux autres compagnies et ceux qui sont leurs clients naturels mais dont elles ne peuvent
(1) Bibliothèque nationale, E 72G8 R 48533. Règlement de 1737,
prendre soiu pai* suile de quelque^; circonstances de leurs règlements, el en particulier s'ils ont atteint la durf^e de l'assistance qu'elles peuvent leur donner. Les solliciteurs sont visités ; une enquête approfondie juge le bien fondé de leur demande et apprécie la valeur des secours qu'ils reçoivent du grand bureau ou d'autre part. La compagnie délibère, accueille leur demande ou la rejette, les adresse à l'assemblée des Quinze jours, s'ils sont marchands ou maîtres, les fait inscrire chez les sœurs s'ils sont malades, les assiste elle-même s'il y a lieu. S'ils ont des enfants, leur envoi à l'école est la condition des secours.
L'assistance est toujours donnée en nature et en travail ou en instruments de travail. Les femmes reçoivent du chanvre à filer si elles ne peuvent se livrer à une occupation plus délicate, les ouvriers des outils, des. lits, des habits, du linge, les marchands des marchandises, « si ce n'est pour certaines professions comme ceux qui vendent du beurre, des œufs, des fruits, des légumes, du poisson et au-
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li'ps denrée'^ qui ne peuvent Acre achetées (juepai' ceux qui les revendent, auquel cas ou ne donnera que la moitié de la somme qu'on leur destine et le reste lorsqu'ils montreront les denrées qu'ils ont achetées. Si quelqu'un se refuse à donner des preuves de l'emploi de l'argent qu'on lui aura confié, il sera noté pour qu'on soit plus réservé à l'assister à favenir ou qu'il soit exclu de l'assistance. »
La compagnie contribue aux dépenses des apprentis qui doivent passer maitres. KUe les adresse à un notaire attitré qui rédige les ])revets d'apprentissage en n'exigeant que le prix de remboursement du papier employé.
Parmi les loiidations, nous relevons :
un legs de 60,000 livres fait en 1755 par le sieur (".omette à l'hôpital de la Miséricoi'de, à la charge de recevoir, sur la désignation du curé et de 4 marguilliers, 12 filles pauvres (4 de Saint-Eustache, 2 de chacune des paroisses de Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Gervais, Saint- Koch, Sainte-Marguerite); l'établissement par la compagnie de Bon Secours d'une
luaiftou [)uur les écoles de cliai-ilé, rue du Fauboui'g-Moutmai'li'e et du Moiil-Blauc (11'' ai-roudissemenlK
Celle compagnie enti-eleuail des écoles de filles el de garçons el un ouvroii* pour apprendre à travailler aux filles à parlii' de tZ ans.
Eu résumé, au XVIH'' siècle, la compagnie des pauvres honteux valides est une centralisation des secours; elle est secondée dans sa tâche charitable par la compagnie de Bon Secours et les sœurs de charité qui s'occupent des malades et des incapables (invalides, ealants, et des écoles) et par la compagnie des Quinze jours qui s'intéresse plus particulièremeul aux maîtres et aux marchands.
A Saint-Germain-l'Auxerrois, il existait deux compagnies de charité qui obtinrent en 16.j5 des indulgences du Pape Alexandre Vil. Le brel' pontilical accorde ces avantages « aux membres des compagniede l'un el l'autre sexe de la paroisse dont
los uiiss'occupeuL dusoulagemeuldespauvi-es houleux (1) et les autres à iji-ocurer lous les besoins spirituels et corporels aux pauvres malades de ladite paroisse » (2).
Nous relevons dans les règlements les dispositions suivantes : « Les dames de charité servent les malades, accompagnent les sœurs lorsqu'elles portent la marmite.
Il sera donné à chacfue pauvre par jour un potage, une demi-livre de veau et mouton, du pain à discrétion, un demiseptier de vin, suivant l'ordre du médecin et un bouillon pour le soir, trois bouillons et trois œufs pour ceux qui ne peuvent manger de viande. La compagnie aura deux ou trois filles qui seront servantes de la charité », (Pièglement de 1656j. Le médecin des pauvi'es reçoit 25 écus par an, le chirurgien trois sols par saignée que « les sœurs ne peuvent faire » (Règlement de la compagnie de Laval, 1684).
En 1737, la compagnie de charité des
(1) La Compagnie des Messieurs.
(2) La Compagnie des Dames.
Messieui's eiiU-elieuL Irois écoles de charilé pour les garçons et uue poiu' les filles; la compagnie des Dames, une école de sœurs grises poui' les lilles.
Le l'èglemeut de 1737 contient un témoignage intéressant en faveui des sœurs de Saint-Viuceut-de-Paul. « Afin d'exécutei' en détail tout ce qu'il est nécessaire Itour secourir promptement et régulièrement les pauvies malades, on s'est jusqu'à présent servi de cinq sœurs de la charité; et comme l'expérience a fait connaître qu'elles s'an acquittent utilement et selon leur vocation, on continuera de s'en servir pour faire tous les jours la marmite, préparer les remèdes, porter les portions et faire généralement tout ce qui a rapport aux malades aussi Jiien que pour tenir une des écoles de filles ».
Les assemblées de charité se tiennent au presbytère (Inventaire mobilier de 17G0).
Parmi les dispositions testamentaires très nombreuses faites en faveur des compagnies de charité et des pauvres honteux, nous relevon- une donation du 1<S mars iTtîo de 150 livres de rentes sur les Etats
de Buui'gog'ue laite par M. Elieuue (iérard ^u faveur des i)auvres houleux ; i\?> du revenu doit eu être dilribué par \q curé et 2[o par la compagDÏe de charité des pauvres honteux; des legs pour l'apprentissage d'enfants, les écoles et les fournitures scolaires, et pour aider à délivrer les prisonniers du Forl-l'Evéque le jour de la fôte-Dieu.
M. Le Charron, cui-é, lègue 2,000 livres à la fabrique pour constituer uue rente de 100 livres dout le revenu sera mis à la disposition de la compagnie des Dames i LfUOj ; Jean-Bernard Pugenest , avocat, 30,000 livres à la compagnie des pauvres honteux et 1,800 livres de rente aux deux compagnies ( 1777 ) ; le sieur Cornette, 60,000 livres à l'hôpital de la Miséricorde à la charge de recevoir 12 filles pauvres au choix du curé et de 4 marguilliers (1 de Saint-Eustache, 2 de chacune des paroisses de Saint-Germain-l'Auxei-rois, Sainl-Gervais, Saint-Roch, Sainte-Marguerite) (1755). En 1757, M. de la Bi-ue, curé, laisse aux pauvres la totalité de ce qu'il possède, « ne rései-vant k ses héritiers
naturels que des livres de piété dout il les engage à méditer les enseignements »; il explique dans son testament que : « à part quelques legs, il donne la totalité de ce qu'il possède aux pauvres de Saiut- Germain-l'Auxerrois qui en sont les héritiers naturels et légitimes d'autant qu'ils proviennent des épargnes du revenu de son bénéfice dont les pauvres sont les héritiers nés et qu'il n'avait constituées que pour avoir les moyens dans des temps difficiles de pourvoir aux secours qui leur étaient ordinairement distribués ».
Outre les revenus dont nous donnons plus loin le détail, la paroisse disposait, par suite de fondations diverses, de 13 lits aux Incurables et à la Charité (1).
Les titulaires de ces lits étaieui désignés suivant les volontés des testateurs, par le curé, la Fabrique ou la compagnie des pauvres honteux; l'un d'entre eux était à la nomination du curé et de la compagnie des pauvres honteux.
(1) Un de ces lits avait été fondé par la reine Anne d'Autriche.
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Kn 170i! la fondalion d'un liL à la Charité par M. de IJalz avait coùtô 8,000 livres.
On retrouve plusieurs inventaires des revenus des compagnies de charité de la paroisse, notamment en 1759 au décès de M. IvOsnay, curé ; en 17(30, en 1775.
En 17:21, les rentes constituées sur l'Hôtel de Ville seulement, en faveur des pauvres et des compagnies, s'élevaient à 3,931 livres.
tJne transaction a lieu le 30 décemhre 1762 entre le curé et les compagnies au sujet des rentes et des revenus des pauvres qui se montent, y compris les fondations pour les écoles, à 5,437 livres.
L'inventaire de 1775 donne le détail suivant de la fortune des Compagnies :
nciitos sur particuliers.., 97i) livres :?0 sols
Deux maisons occupées par les ('coles
Renie sur des maisons 100 »
Af^tions de la Compagnie dos Indes, 2G »
Rentes sur les Etats du Languedoc 91) »
A report rr 1.187 liv. de rente
Ilrpnrt l.is; liv. ilr-, route
Sur le domaiiio (11' la ville 100 ■>
Sur lo f^lergi' is »
Sur les taillos 261 »
Sur la l'orme li'éiiëi-aie des aides 1178 "
Sur les aides et gabelles 4314 »
lientes payal)les par la fabrique 325(i »
13 fondations de lits aux hôpitaux