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CHAPITRE IX da BUiment et de l'Ameublemont en Poitou

du bâtiment et de l'ameubiemenl occupent ! et l'importance la seconde place parmi les

il (le iri78. — (ï) Textes cités note 3, — Ord. munie, i

i(>32. — SintulB des in Q rieurs de Châlell'. art. 9. ■ 5S8. Uélil). munie, de Poiiiers 3a qov. iG34, Reg. m

induslries poitevines. Ils ne sont dépassés que par les métiers de ralimentution. Mais si Torganisation de ceux-ci est relativement aisée à connaître et à décrire, il n'en est pas de même de celle des professions qui se raltaclient à Tart des constructions et du meuble. La pénurie et la dispersion des documents ne permettent d'en tracer qu'une esquisse sommaire et par suite imparfaite dans un travail d'histoire économique et sociale comme le nôtre.

Les industries du bâtiment et de l'ameublement apparaissent en Poitou divisées entre quatre groupes de métiers dont la plupart remontent aux premiers temps du Moyen- Age et même à la plus haute antiquité. Le premier est composé des ouvriers qui s'occupent de l'exlraction ou de la préparation des matériaux et de la construction des édifices ; carriers, tuiliers etcholiers, marchands de chaux, ardoisiers et tailleurs de pierre, paveurs, maçons et maîtres des œuvres ou architectes et entrepreneurs de bâtiments, plâtriers etcouvreurs. Au second groupe appartiennent les artisans qui exploitent ou travaillent lebois, marchands de bois d'ouvrage, charpentiers, menuisiers , coffretiers-bahutiers-malletierslayetiers, boisseliers, ébénistes, chaisiers, tourneurs, peignerans et sabotiers, charrons et ouvriers en voitures. Le troisième comprend les professions dont le travail de décoralion des bâtiments forme l'objet : verriers et vitriers, potiers et faïenciers, peintres et sculpteurs ou ymagiers, doridiers ou doreurs. Enfin, les tapissiers-miroitiers, les cordiers-raquetiers et les fripiers constituent une quatrième variété spécialement intéressée au commerce du mobilier (l).

(i) Liste des métiers de Poitiers i522, 1675, 1778, 1789, précitées. — Liste des métiers de Ghàtellcrault eo 1789, Godard II. 28G — à Foulenay en iCo4, Fillon, Pontenay p. 253 ; A Si-Maixent eu 1GG4 et 1789, A. Richard,

lupes, le premier est le plus nombreux, comme [Chaque agglomération de population a ses ouiment qui exploitent les matériaux de construcles mettent en œuvre. La difficulté des tranles habitants à tirer parti uniquement des caris. Dans la plus grande partie du Poitou, au uvait et on trouve encore de nombreux giserre k bAtir, siliceuse ou granitique, quartzeuse ! dans le Bocage, calcaire ailleurs. Le Marais >urvu de ces matériaux (1). Le marbre luipas défaut, el on avait essayé quelque temps volution d'exploiter celui de la Bonardelière i (2). Chaque centre urbain se borne alors à larrières situées à une petite distance. Poitiers iîâtit sesmaisonset monuments avec les pierres le Paris et de la porte du Pont-Joubert, de ip, de J3oiiillet, de Lourdines et du Breuil- I; Chàtellerault avec celles d'Antogné (4 )ou ). Sur la côte, les constructions des Maraichins ! bois ou de roseaux mêlés de terre ou d'ar- !es sur pilotis (6). On nomme jiierreurs ou is carriers qui travaillent à extraire la pierre et

. de Sl-Maixenl. Mém. Aniiq. Ouest XXXfV, i6^, cl Bii géciéraux dans \b ftevue Fait. et Sainlonge. iSèg. .desU.Sivres loG. —Cochon Stat. de la Vienne p. 63. — nt. de la Vendée, pp. ig el 49 — i") Cochon, p. 63. — Aff. ip. Oî, 73, 107; 1774, p. 179; '7761 106, — (3) MeDlions de s les actes du xiit' el xvi« s. p.-)r ex. Vienne, G. 533. Arch. I, p. 377. —.Meniiond'une carrière près la porte Si-Lazare> lu de la Ikirrière. Dèlib. 2 janv. 1716. Aeff. t35. — (4) M«n- ■rtii dans Godard, 11. iG3 (année 1766). — (5) AnnoDce des OU 177^, p. 3G. I« pied cube rendu k PoîLiers coûte 9 s. rea el maisons, en Bas-Poitou. Essai du Dr Gallolrelatir à la itou (1777), Soc. d'Entttl. Vendée, 1871, p. 117. — (0) La-

qui cumulent parfois avec leur métier celui d'entrepreneurs de maçonnerie (1); dans les carrières de tuf, ils peuvent abattre jusqu'à 30 pieds par jour (2). Bien que le métier ne soit pas juré, il est néanmoins soumis à la surveillance du Bureau des finances ou des officiers de justice, du moins au xvm" siècle, et à celle de Taulorité municipale (3). Le travail en est même quelquefois réglementé. Ainsi en 1541, le règlement de police de Poitiers astreint les carriers à ne tailler des quartiers de pierre qu'en observant les dimensions légales, à savoir deux pieds de long et un pied de hauteur et d'épaisseur, au lieu de 4 pieds de long et 2 d^ haut, et à ne composer la charretée de pierre de taille que de matériaux de cette proportion (4). L'organisation et les règles du corps de métier des tailleurs de pierre nous sont encore moins connues que celles dçs pierroyeurs. Il résulte seulement des documents qu'il n'y a pas de séparation bien nette entre les tailleurs de pierre et les carriers, ou encore les paveurs, les maçons et même les architectes (5). C'est des ardoisières d'Angers que les marchands poitevins faisaient venir les ardoises à Poitiers. Les bateaux

(i) Lerègl. de police de i54i les appelle pierroyeurs; de même unedélib. munie, de Poitiers, 29 mai 1626. (Rcg.'jQ bis); le régi. de police de ChâleU. (1749) les nomme ptern>r5; un acte d'août i385 rel. i\ un carrier de Migné, pierrieurs [Arch. hist. Poitou XXI p. 277) ; ce carrier est aussi entrepreneur. — (2) Aff. du Poitou 1775, p. 36. — (3) Voir par ex. les rcgl. de police de Châtelt. 17/19 ®' ^® Poitiers (i54i) et les ordon. du Bureau des Financesy Viennef série C, — (4) Hègl. de police de Poitiers i54i art. .5. — Règl. de police de Châtellt. 1749* art. 106 (stipule que la pierre devra être de 4 pieds de long et 2 pieds de haut). — (5) Par ex. dans l'art. loO précité, note 4> les carriers et tailleurs de pierre sont confondus. — Mention de tailleurs de pierre etpaveuis i6o3. ViennCy (î.538 (actes cnpit.de St-I/ilaire); d'un tailleur de pierre architecte, B. Fillon. Pièces curieuses conc, N.'D. de Fontenay 1849 (acte de 1620) p. 11. — Doc. avtist. rel. à N.-D, de Fontenay i853, p> 16 (acte de 1620). — L*ord. de i3o7 sur le prix des vivres les nomme machjns (maçons) de tailte.

it ce produil par la voie de la Loire, de lu Vienne in et le déchargeaient au porlSair!l-Lazare(1). Mais vait généralemenl de tuiles pour la couverture des La fabrication de cet article occupait des artisans ,lcs tuiliers, qui sous le ïiom de teblers ou tevblers, nt mentionnés dans les cartulaires (2). Ils sont rein peu partout dans les environs des bourgs et des liliers par exemple a ses tuileries dans le faubourg •anchce (3) et Fonlenay les siennes à Bourseguin l-Laurs près de Coiilonges (4). On y produit non it les tuiles plates ou creuses (5), les premières va- . au plus le millier en 1422, les secondes 25 s. (6), ore la chaux, les briques et les carreaux. Quelquele, cette dernière fabrication prend un caractère 3, comme dans l'alelier des carreaux émaillés établi c de Berry au château de Poitiers {!). Les cholliers ôt des fabricants, tantôt des commerçants nommés ih choUkrs, el parfois ils cumulent la production imerce de la chaux. Ils exercent leur industrie non villes, à la campagne. Les règlements interdisent iller il celle spécialité dans l'intérieur des centres de peur que le chauffage des fours à chaux n'enrenchérissemenl du bois, au préjudice du public,

>. munie, de l'mlicrs, 3i ilcc, :C3J, 7 février 1G61. Rtg. 80 el (luiUaumc lo tcblcr à Miigresuuris [Bas-Poitou) acte de laj?

St-fliiaire 1, aOa ; 11, 99 (meiilion d'une teublerie). Robin

s de i438] Vienne ii. loJ. — (3) Mculionnce d.ins un acte du VienneG. loS;. (i) Mém. des commun. du Bas-Poiiou (1788),

iâ, Aim. Soc. d'ICmul. Vendée i8tki, p. ^9 — tjnllol, op. cii., p. Ordon. de nov. 1^12. — Délib. muDJc. de Poitiers, 11 Juin 07- — (*') '^"■'J' ^* '"•^- '^^^ *"'' '"^ V'^ ''*s marchandises. —

le fabrique, Bull. Anliq. Ouest, 2' sirie, IV, !Jo, ii^?.— On a rc-

ii des carreaux entailles au cbâleau de Dissats, Arl'' p.p. Uarbier

l. Bu», ton., a» série, IV, 3(.o.

DU TRAVAIL EN POITOU .la

C'est pourquoi en i662 le procureur de la police de Poi liers inlime à des religieux qui fabriquaient de la cliau dans leurs cloîtres l'ordre d'éteindre leurs fours (t). Ces généralement après Pâques que l'on commcncail à fabri quer el à voilurer la chaux qu'on apportaii en ville dans de tonneaux (2). Les choliers faisaient ce débit en^ mêm temps que celui des tuiles, des briques et des carreaux, con curremment avec les tuiliers (3). La fabrication n'était pa livrée à la fantaisie de l'ouvrier. Il était en effet interdit pa les règlemenls municipaux de vendre les tuiles, les brique et carreaux de mauvaise qualité et mal cuits (4). Bien mieuji les dimensions de ces produits sont fixées. Il faut les fuir conformes au moule ou moufle officiel (3). A Poitiers, c modèle en fer est déposé à la maison de ville « pour servi de forme » aux tuiles, briques et carreaux « à perpétuité i> et les tuiliers ou choliers doivent venir en prendre une era preinte (6). U est défendu aux marchands d'acheter ces pro duits s'ils ne sont dans les conditions prévues, et les fabri cants s'exposent à la confiscation et à l'amende en débi tant des articles mal fabriqués (7). La vente est surveillé avec soin; la tuile ou la brique sont mesurées. La chau doit se vendre non au panier qu'on peut diminuer arbitrai rement, ou à la cliarrelée, qui ne contient pas toujours ! mesure légale, mais uniquement au tonneau, à la pipe et a

~ (i) Oélib. munie, de Poilicrs, zG juin 1OO2 (il y est dil qu'il n'est « pa loisible de faire la chsu.v eu ville), lle<j. tfi. — (3] Indication coiiteaue dan une délib. inuniu. du Poitiers, 39 oci. xGG'.i, He-i. 1 1/|. — (3) Uélib. munie de Poitiers, 3 avrii iGji Reg . 102. — (^) ltâ(,'i. de jioliccde GiiàlcU'. I7^( arl. loô. — ('>) Ibidem. — ut ordonnances ei-dcssous dlécs. — (0) Ordoi munie, de Poitiers, 28 mai el 1 1 juin lU^ô, G doc. lU/jg, 3 nvril et 8 nu i65i, i5 mai i645, aj octobre iG5h, 3i juillet iIWî, tteg. g5, ijli, r)7, 101 loa, 104, ii3.— Délib. de i63o, ftey. 80, f" ii."). — Ordoii. du licut. g de police de Poitiers 19 juuvier 1700, ai'l. i&, prcciicv. — (7) UrUou. d 2H mai el du 11 juin iC^ti, ci-dessus cildes.

ESSAr SUR L'ORGANrSATION

d, si elle est vendue en grus, et au boisseau tiercier !, marqué comme celui du minage, si elle est vendue lil. Les marchands devraient même, s'ils étaient resux des ordonnances, posséder dans leurs boutiques pes, hussards et boisseaux pour le commerce de la

« adjustez à ceux de la maison de ville et marqués » X municipal [i). Une place spéciale, celle du Marchépar exemple à Poitiers, est assignée pour la vente de IX, des tuiles, des carreaux et des briques. C'est le lint-Lazare pour le dèhit des ardoises. Les fabricants rchands y demeurent jusqu'à neufou dix heures, parndanl 24 heures, à la disposition des habitants qui t être servis de préférence aux revendeurs (2). Les iinls ou regratliers ne sont pas en eiïel admis au marant un certain moment, qui est celui de i 0 heures, ou le midi (3). On les assigne devant le tribunal de poils s'avisent d'aller au devant des marchands (i), de ire dans les lieux de production pour retenir les mai. [5), et s'ils tentent de former des magasins (6). Ici ! l'intérêt des maçons, des recouvreurs el des partii, joint à la crainte delà fraude ou de l'accaparement, jrcscrire ces mesures, matériaux de construction sont mis en œuvre par les

métiers du bâtiment, et en premier lieu par les pa-

rdon, des 28 mai el 1 1 juin iG.^6 cl du 25 octobre 16O2, précitées. . de police de Châlcll'. i74<|,' orl" loj. — (a) Ordon. munie, de , 3i déc. iG35, si octobre r65ï, 3 sepi. i60<), 3 sept. 1674, Heg. , 1 19, I ifi- — (3) Ordon. munie, de Poiliers, 1 1 juin 1646, î5 ocIo- 2, 22 octobre i6G3, 3 sept. i66g, Heg. 97, 10^, 1 14, 119. — (4) Sen~ [u 23 octobre :0C3 et du 3 sept. iGtig contre Tioérin etÛuyot, revene chaux, Reg. it4 et itg. — (5) Assignation contre Perroniicau,rer d'ardoises. 7 et i4 février, 20 mars 1G61 Reg. m. — {6) Ordgn. 1. g. de police de Poitiers, 13 janvier 1700, art. 18.

veurs dans les villes. L'imporlnnce de celle corporalion s'accroît à partir du xv* siècle, lorsque le pavage devient pour les habitants des rites une obligation plus ou moins stricte. Chacun, d'après les règlements municipaux ou généraux, est tenu de faire paver les rues publiques -< devant sa mai- H son ou héritage de bon et convenable pavé, ensemble en- « iretenir ledit pavé, comme tenir les rues nelles >i (1). Il faut que les pavés rompus ou enlevés soient promplemenl remplacés, et si les propriétaires ne font les réparations, on y pourvoit à leurs frais ou à ceux de leurs locataires (2). A Poitiers, le corps municipal a sous sa direction des maîtres pareiirs jurés, qui sonl nu nombre de quatre en 1624, et auxquels il donne l'entretien des pavés des ponts et portes et de la rue de la Tranchée, moyennant une somme annuelle de 36 1., à condition qu'ils fourniront les matériaux gratuitement. Le reste du pavé, qui est à la charge des particuliers, est exécuté par les maîtres jurés paveurs aux conditions arrêtées par un tarif officiel. Kn 1624, chaque toise de pavé neuf est comptée 40 s. aux paveurs, s'ils fournissent les matériaux, 10 s. s'ils ne les fournissent pas : le pavé le meilleur est fait de pierre de Busserolles. Le pavé commun composé de bon caillou et de terre coûte 20 s., si le paveur fournil la matière, )0 s. dans le cas opposé. En 1754, les paveurs sontrétribués h raison de 14 s. pour la toise de pavé ordinaire formé de cailloux, de terre graveleuse et de sable. Les sommes sont recouvrées, d'après les mémoires des ouvriers, par les soins de l'autorité municipale et au besoin par

(i) Réffl. de police de Poilicrs i.'i^i.aole <ii. — Urirl. gt'n. pour It

PdîIou, jaDvier 1578, etc. ^ (2) Kègl = . prccilcs. — Orilon. du présidial de

Puitiers, iz janvier 1700, arl. au; el de l'intendaul l.c Nain 1733, arl* r>,

— Rc^l, de police de Gliaiell. 17I9, arl. ^8. — Ordon. [uuoic. de Chàtell'

' déc. 1770, dana Godard II, i8ti.

ESSAI SUR L'OUGANISATION

ntrainte, sur les propriétaires ou locataires (1). nps, on confondit, sous le nom général de maçons, is et même des artistes, donl la profession tendit

modernes à se spécialiser. On distingua de plus

effet à partir du xv° siècle, les architectes ou matluvres et les entrepreneurs de bâtiments, ou chefs se, des ouvriers, auxquels on réserva l'appellalion i (2) . Ceux-ci se spécialisant à leur tour, on eut les illeurs de pierre, les maçons du gros œuvre et les i pierre menue (3). Mais ces divers métiers sont icore groupés ensemble. Ainsi en 1689, les maiirencurs et m:\i;ons de Poitiers, au nombre de 51, ne même corporation jurée, dont on a conservé les . Ce document nous renseigne sur l'organisation 1 la fin du xvii' siècle, mais pour la période antést à l'archéologie qu'il faut demander les rares nents que l'histoire du travail peut utiliser. Les

châteaux-forts, les beaux monuments civils etre- B le Moyen âge et la Renaissance nous ont légués

attestent le grand développement que prit l'in-

■ ces paveurs Ilidel, Comptes de dipenies de ta vUle de Poi- V et XV' a. ilim. Anliq. Ouest. VI, 385; Vlll, 38i. — Orilflel i583, Reg. I^f^■ — Uoquêle îles niallrea paveurs jurés de irs 1G43 ISeg. i|4. — Orjoo, munie, de Poitiers rcl. aux paveurs 2 tlcc. itiaj et 3O août [754, Iteg. 7G bis; et Rec. Poitevins !i. — Ordon. niunic. du 37 avril 1722 fixant â Poitiers à 12' G^ loise de puvé neuf, et celui de la charge (decbevaJ) de cailla diurne do sable îi 3«, et de terre à i», /ieg. i^o. — (2) L* !tte n'est g'ucre répandu que depuis le xvio siècle. Le nom le uvant cette date est celui de matlrc des œuvres ou iiiénic de . — (3) Onl. sur le prix des marcb. i3o7 et i^:'^; Itèi[l. iréo. 1578 pour le Poitou, etc. — (4) Statuts des ma^-ons et entrcuiticrs (1O81JJ approuvés par le Roi. Hec. foitcv. in-S", lomc '.a 1777, les arclûteclcs entrepreneurs cl mni;un3 sont au noniislc de la cuIlceiioD lionscrgcnt, .4n7i. Antiif. Ûutst.

duslrie des constructions dans cette province. Un érudit bien informé, M. Bertlielé, a niis en lumière l'originalité de Técole d'architecture poitevine qui apparaît dès le xi^ siècle, et qui, se dégageant peu à peu de l'influence des écoles de l'Auvergne, de la Champagne, du Périgord et de l'Angoumois, couvrit de ses élégants chefs-d'œuvre le Poitou, l'Anjou et laTouraine. On connaît ces églises romanes à coupoles, à façades délicatement sculptées, telles que Notre-Damela-Grande de Poitiers, où éclate le talent des maîtres des œuvres de cette période. Au xii° et au xiu* siècle, les architectes poitevins, mariant la coupole byzantine avec la croisée ogivale française, créeront, comme dans la cathédrale de Poitiers, Tart gothique de l'Ouest connu sous le nom de style Plantagenet (l).Les archéologues ne peuvent malheureusement nous donner que de rares renseignements sur la constitution même des métiers auxquels l'on doit ces constructions puissantes ou gracieuses. Ceux qui les dirigèrent sont à peine connus. Plusieurs des maîtres des œuvres sont des membres du clergé, tels que le moine Ponce, qui construisit Montierneuf (2), l'abbé Goderam, qui surveilla les travaux de Maillezais, ou l'abbé Théodelin, qui donna les plans de la belle église romane de Vouvant, ou en core Isembert, ce maître école de l'église de Saintes, qui fut un des principaux architectes du xui* siècle (3). D'autres n'ont

(i) Berlhelé, Rech, sur Vhist. des Arts en Poitou, pp. I et II; 54-8i; go-iGo. — Voir aussi P. Mérimée, Notes sur un voyage Archéologique dans VOuesl de la France i836, pp. 308 et sq. — et le recueil des Paysages et Monuments du Poitou, pp. Robuchoo. — (2) Ch. de Chergc, Mém, hist. sur l'abb* de Montierneuf y Mém. Antiq, Ouest. XI, 17.4, 255. — (3) Berthclé, pp. 100 à 160, — sur Isembcrt, Mém. Antiq, Ouest , XII, 1C7. — Berthclé, Rech, crit, sur trois architectes poitevins f Bulletin Monum, 4856-87) cile encore le moine Raoul, architecte de Sl-Jouiu, ci Jean cha-

nc, architecte de Téglise St-Jean B^e à la Chaize-le-Vicomlc.

: qu'un prénom, comme cet Adam, architecte de la drale de Poitiers, que l'on a proposé d'identifier avec Jes constructeurs de In cathédrale de Reims (1), ou I nom à peine moins obscur, comme ce Gautier Coorqui édifia la basilique de Sl-Hilaire au xi' siècle (2). tard, les maîtres des œuvres sont surtout des laïques, ue Guy de Dammartin et Jehan Guérard, que le duc de 7, grand constructeur, employa à embellir le Palais ucs d'Aquitaine à Poitiers (3). Les comptes des bâtti du duc que l'on a conservés pour la période de 1384 17 peuvent donner une idée sommaire des attributions s artistes. En général, ils tracent les plans et font les , achètent les matériaux, passent les marchés avec les preneurs de maçonnerie et de plomberie, avec les dé- 3urs et les recouvreurs, surveillent l'exécution des jx, délivrent les mandats de paiement ou paient les ers. Ils ont pour leur part des appointements fixes et lonoraires variables. Gui de Dammartin par exemple t au premier titre 20 s. par jour, lors de la restauration liais de Poitiers (4). Le roi, les princes, les grands seirs, les établissements religieux ont leurs maîtres des esattitrés.Au XV' siècle, un certain Jehan de la Grange, lemeure au coin de la rue de la Traverse, prend le de maître des œuvres « ou maître de massonne et char- ! Il pour le Roi en Poitou (5). C'est la même qualité

^aio, Noie sur le Dom de l'archilecie de la cathédrale de Poitiers. Aniig. Oucs(, s* série, IX, ïo. — (a) Note sur G. CoorUnt. pp. hard, analysée dans Stdl. Aiiliq. Ouest, î'- série, V, 523.— (3)MeD- 1 ces personoagea dans les Arch.hisl. Poiïoti XXi, 278;XXIV, 279, ri Anliq. Ouetl, IX, 37O, 3ij2. — Elude de M. Cliampeaux sur les n du ducde Berry, GaJ. Atch. 1887. — (4) Cooipiesdes bàt.du duc ry 1384-8?. Arch. Nat. KK. 250-2:17, en particulier iS? f« 56. — inlion dans un acte du xv* s. Vienne, G. 1025.

que prennent d'aulres entrepreneurs au xvii' siècle (1). Les maîtres des œuvres tendent dès lors à former deux catégories distinctes. L'une se compose d'artistes venus souvent du dehors, par exemple de l'Italie, ou formés à l'école des Italiens à la cour de France. C'est sous leur direction que les grands seigneurs Poitevins, les corps religieux opulents, les riches bourgeois font construire ces beaux spécimens de l'architecture de la Renaissance, qui sont les châteaux de Javarzay et d'Oiron, de la Roche du Maine et de Coussay, de la Grange et d'Apremont, l'hôtel de ville de Niort, l'hôte! de la Prévôté à Poitiers, le logia de St-Gelais près de Niort, les églises de St-Pierre de Loudunet de Bressuire. Les merveilles d'Oiron, de Thouars et de Bonnivet, œuvres d'un André Amy et d'un François Charpentier, montrent les maîtres des œuvres Français parvenus à la hauteur des maîtres italiens (2). Pendant ce temps, les architectes locaux qui portent indifféremment le nom de maîtres maçons architectes, de maîtres architectes tailleurs de pierre, de maîtres entrepreneurs de maçonnerie, poursuivent obscurément leur métier de constructeurs d'édifices sans style et sans originalité (3), s'essayant cependant parfois dans de modestes églises rurales ou dans des résidences seigneuriales à suivre les traces des grands artistes (4).

(i) Menlion de rarchîtecti* du roi el de celui de la ville dans une délib. maaic. de PoUieraJu is' oclohre iOîq (ils sont appelés maîtres de masannb et Ae charpente), Rei}. Ko. ~ Menlion de l'archilecic du chapitre Sl-lIiJaire 157G. Vienne Q. 53 1. — (2} Sur l'archilccte d'Oiron, voir B. Pillon, VArl de Terre pp. 70-78, — Sur l'archileclure de la Renaissance en Poitou le beau travail de L, l^aluslre, la Renaissance en Fi-a/ice, tome III* (i4« cl lu» livr.). 1889. — Ci) Vangine maçon architecir xvi«s. Fie>ine,(i. 153; tailleurs de pierre et archilectes ciléa par F'illon, Doc. artist. tW?/.-D. de Fanlenay, p. ili; Pierre Pournier m" maçon architecle(iGoo'}|«v. Poilei'. et Saint. 1889, 4^3. — l/\) Par ex. Jean Ameil de I* Lande, auleurde l'éclise rurale de Cours, L. Desanm. Bull. Soc. alat. D.-Sévres, II, aïi. —

4 l!:SSAi suit L'URGANISATION

îu à peu, l'arl se centralise, et lorsqu'au xvii" siècle un chilecte poitevin de talent, comme Charles Errard, voua acquérir quelque renom, c'est auprès du roi qu'il devra

rendre {!). C'est à des architectes de cour que s'adresront désormais les grands ou les communautés. Claude étezeau construira le château delà Meitlemye, et l'Italien ■bastien Le Duc de Toscane, les couvents des Carmélites : Poitiers et de Niort (2). L'architecte provincial a désorais les yeux tournés vers Paris, et sous l'influence du goût gnant dans la capitale, il s'essaie maladroitement à copier intique et l'italien dégénérés, Vignole, Palladio et Vitruve. es 1566, un gentilhomme poitevin, Julien Mauclerc, écrilil un Traité d'architecture d'après ces modèles douux (3). Il est plaisant de voir les statuts des maîtres mains et entrepreneurs de Poitiers prescrire aux construcurs la connaissance des cinq ordres toscan, dorique, ionile, corinthien, composite, et s'embrouiller dans l'énumé- ,tion des colonnes, des chapiteaux et des frises, comme si s artisans poitevins eussent été destinés à couvrir leur rovince de monuments du style gréco-romain (4).

Architectes ou maçons ont également le droit d'entre- :endre (ouïes sortes de constructions religieuses ou civiles je les statuts énumèrent en détail, sans compter les che-

! PoiitcDaisicn \xaaard de Lureau est l'auleur du ctiâteau de Coulooges, irilwé i\ l'h. Dclorme. .1. BouneauU, htv. Poît. et Saint. i8gï. (i) Sur Erard, Miin. Aniiq. Ouest, XXX. io^ (il élaii né à Bressuire). — ) Sur Melezeau, Ad. Rerlij Les grandt architectes de la Renaissance, ins 18O0, p. i32. —Sur IjC Duc de Toscane, Cliergé, Guide de Poiticnp. 2. — Bull. D.-Sèvres VI. 6.^4. — B. Fillon, Doc. arliit. sur N.-D. de •ntertay, p. 21. ~ ,3) B. Valelle, Un disciple de Vttruae en Bai-Poitou, vue du Bas-Poitou i8gi,23.~ Les siauits des ma;ons de Poiiiem (i6Sg>, 1.41, prescrivent de suivre les principes de Vilruve el de Palladio. — (4) èmcs statuts art. 11 et sq.

minées, les couvertures et les « privés », les caves et les citernes, les murs de clôture à chaux et à sable ou en pierre sèche. Toutefois il n'est permis qu'à ceux qui entreprennent « à prix fait et la clef à la main » de se charger aussi de la charpenterie, de la serrurerie, de la menuiserie, de la vitrerie, de la plomberie, des couvertures, dorures, peintures et sculptures, qu'ils font exécuter par les ouvriers des corps de métiers spéciaux, en se réservant uniquement l'exécution de la maçonnerie (1). Tantôt on leur fournit les matériaux qu'on livre sur place, tantôt les maçons prennent à leur charge les moellons, la chaux, le sable, qu'ils sont tenus de procurer « bons et bien conditionnées », sous peine d'être responsables des malfaçons (2). Un contrat écrit intervient généralement pour les travaux importants. On y arrête les conditions et le prix de la façon qui est payée, soit à la toise carrée (3), soit moyennant une somme globale fixée d'avance (4), en ajoutant parfois des pots de vins ou gratifications pour l'architecte (5). Les maçons sont d'ailleurs obligés de travailler à la journée pour le compte des habitants qui le requièrent, et de fournir leurs services à prix raisonnable (6). Les statuts et les ordonnances de police

(i) Mêmes statuts, art. ii, 19 et 20. — (2) Mêmes statuts, art. 19 et 20. Nombreux exemples de marchés de maçoDiierie,notam. Cart,de St-Maiœeni II, 287. — Etal des répar. aux châteaux de Poitiers et Niort, xiv* s. Arck, hist, Poitou, XX, 291. — Marché conclu entre M. de Parabcre et rarchilecle Trolin.1604. Bull. D.'SèvreSy tome VI. — (3) Ex. marché entre M. de Parabére et l'architecte Trotin (prix de la toise carrée loi), en iOo4. — (4) Ex. marché entre les Carmélites de Niort et l'architecte Le Duc pour la construction de leur couvent, au prix de 10,000'. Bull. D. -Sèvres VI. 054. — (5) Ex. marché pour la répar. du clocher de Fontenay avec Le Duc, pour io.ooo>,et en plus 3oo l de pot de vin, B. Fillon, Doc, artist. sur N.-D, de Fontenag, p. 23. — (0) Statuts des maçons de Poitiers, art. 21 et 22. ^ Ordon. du présidial de Poitiers, 22 mars 1783 (les hab. sont libres d'employer les maçons de la ville ou les forains et de leur fournir les ma- •-^■••iiux mais, sans leur servir de prèle-noms) Arch. Antiq. Ouest,

erminent les obiigalions de leur métier, depuis le xvi'sièdu moins. Ils leur inlerdisent de bâtir de nouveaux bâlints ou d'en réparer de vieux sans avoir obtenu l'alignetil (1). Ils les obligent, ainsi que les propriétaires, à délirel à remettre en étui les maisons qui menacent ruines, xmer avec de bonnes trappes doubles munies de barres fer les ouvertures des caves placées au ras du pavé, à primer les « advances et surprinses » des maisons sur /oie publique, à n'établir de saillies, ouvertures, hautts et enseignes qu'avec la permission de l'autorité, àn'éer ni pierres ni « montoirsie long des maisons », à ne nir les boutiques que d'auvens mobiles qu'on puisse enîr tous les soirs et dont la largeur ne gâne pas les pasits (2). Pendant la période de construction, on les astreint lire enlever les moellons el gravois par des tombereaux, ir les déposer en ville ou hors ville aux endroits fixés, is qu'ils puissent embarrasser les places, rues et lieux )lics (3). Précautions excellentes, souvent répétées, el, ible-t-il, trop souvent inobservées. L'aménagement înléjr est également prescrit. Les statuts de 1689 enjoignent : maçons de dresser des dessins et des plans, de manière lien distribuer les apparlemenls, de n'établir les fondais « que sur le ferme », ou du moins sur pilotis dans les rains mouvants, de monter les murs à plomb ou en talus

) Mêmes slaluts, arl. 43. — Ordon. munie, de l'oilîera ig juillet 1717, . i3(i. — Kéifl. de police Châlell'. :7Vj, art. /|i, — (2) Kêgl. de lâOy, \Ù3/^ pour Poiiiera; de 1Û78 pour le Poitou ; de 174g pour Châlell'. nrt. ^o,4<J. — Ord. du jirùsidiul de Poitiers, 13 janv. 1700, art. so. — Ord. 'inlend. Lr Nnio, 1733. — (3) Ord. de Le Nain, 17,^3. — Rèjçl. de po-

de CbâteH'. ijfi<). —Ord. du présidial de Poitiers. i5 dée. 1753, art. 8, ars et 27 avril 17(15, Ariii. Antiq. Ouest.— Ord. de police de St-Gilles — Vie interdisantde laisser 1rs nialérjauxdaus les rues plus de 3 jours ■s In lin des constructions el d'y creuser des fosses pour y éteindre Is jï, 5juin 1788. Vendée, 0. joija.

selon les exigences des lieux, de bien tailler et de poser de niveau pierres et moellons, de donner au moins 6 pouces aux liaisons des pierres, de faire les ouvertures les unes sur les autres d'étage en étage. ATintérieur, le maçon est libre d'établir des escaliers, voûtes, cheminées d'après les divers systèmes, mais en s'inspirant toujours des principes de symétrie ou de solidité (l).On interdit toutefois de passer des bois dans les cheminées ou d'établir celles-ci contre les cloisons ou de les appuyer sur des soliveaux, afin d'éviter les dangers d'incendie (2). Les tuyaux construits en pierre ou en brique ne doivent dépasser les charpentes que de deux pieds au plus (3). Enfin, pour des raisons d'hygiène faciles à comprendre, mais généralement méprisées, il est prescrit d'établir dans toutes les maisons des latrines ou privés (4). Les maçons ou entrepreneurs sont garants des bâtiments neufs pendant trois ans, des murs de clôture et de jardins, des chaussées de moulins ou d'étangs et des vieux bâtiments réparés pendant un an et un jour ; si, dans l'intervalle, l'édifice s'écroule, par suite de malfaçon, on les oblige à le reconstruire à leurs frais (5).

On a fort peu de renseignements sur les métiers auxiliaires de la construction. Les couvreurs, parfois spécialisés sous le nom de 'recouvreurs d'ardoise, parfois confondus avec les plombiers (6), forment un corps d'état nombreux

(i) Statuts des maçons dePoitîers, 1C89, art. 26, 89. — (2)RègI. de police de Châtellerault, 1749, art. 38. — (3) Statuts des maçons de Poitiers, art. aS et sq. — (4) Rèsçl. de police de Châlellerault 1749» arl. 3i . Les officiers de police assistés des maçons ont le droit de vérifier Texislence des privés. — Voir ci-dessous le paras^raphe relatif aux vidaD<s^eurs. — (5) Statuts des maçons de Poitiers, art. ^i et 43. — (G) Ils sont appelés recouvreurs ou couvreurs, couvreurs de pierre ardoise, Rédel, Comptes de la ville de Poitiers, Mém. Antiq. Ouest. VI et V/L — Comptes des rec. et dcp. de St-Maixent 1574-75, pp. Frappier, Bull. Soc. Stat. D. Sèvres III, 64, — Prix de journées d'ouvriers à Noirmoutiers 1462. Ann» Soc. d'KmuL Ven-

ESSA! SUR L'OBfiANISATtON

omple pas moins de 27 maîtres à Poiliers en 1779 {1). aillent, soit à forrait, soit à la journée et à la loise, sant ou non les tuiles et ardoises, les lattes et les i). Ln profession de plombier, voisine de celle des ]rs, est exercée à Poiliers dès le Moyen-Age. On a un conclu en 1386 par le maître désœuvrés du duc de ivec un ouvrier de ce genre (3). Ce sont des artisans ons qui couvrirent alors la'tour de Maubergeonde doré el estampé (i). En 1777, à Poitiers, il y avait ires plombiers exerçant en mùme temps le métier de leurs et de paveurs (5). Les plâtriers, généralement Jus avec les choliers^ quand ils fabriquent le plâtre, î maçons, quand ils l'utilisent, ne semblent pas avoir )8ndant longtemps de corps distinct. A la fin de l'angime seulement, ils paraissent s'être spécialisés pour cation des plafonds, trumeaux, corniciies, ornements linées (6). Toute aussi récente semble être en Poitou trie des fumistes. En 1777, un de ces artisans logé ers près de la rue Cloche-Perse, et qui s'intitule fudu duc d'Orléans, s'occupe de corriger les vices de iction des poêles et cheminées. Les communautés ises et l'hùpital général recourent aux services de ces

i, p. 176 — acie ilo Carlul. de SI-MaixentU, 281. — Menlion d'un ■ plombier fxvu* Biccle). fiojor<n, «4.

stes des maîtres archîlecles. «nlrepreneurs et initions, elc 1777. liergcnt. Arch. Antiq. Ouest. — [2) Nombreux exemples dans les

municipaux; eu particulier ceux ciléti ci-dessus; voir aussi un lublié par B. Filleau {Pièces inéd. sur le Poitou 1880) pour les réïhilleau d'Harcourl en i43o. — (3) Marché de Guy de Dammarlio

plombier i386, Iiiv. des Arch. Mun. Poilkis, p. 180. — (4) De LUX. Les irflv. du duc de Berry à Poitiers, Gaze. Arch. 18S7. —

des maîtres arch. etc., C777, précitée. — {6) Annonces de jïlâf. du PoitouxTig, p. 184.— Prix du plAire, 4 s. la livre, Kirf. t774i

nouveaux industriels qui prennent volontiers le nom d'artistes (i).

Le Moyen-Age s'était peu préoccupé de maintenir la propreté des habitations et des rues. C'est donc uniquement au XVI* siècle qu'apparaissent à Poitiers les bourriers ou doueur^, qui sont chargés avec des tombereaux d'en^ lever les boues des voies publiques et « les balléages » des maisons et boutiques, moyennant salaire prélevé mensuellement sur les habitants de chaque quartier (2). Mesure utile, car, en dépit des ordonnnances réitérées, fumiers et ordures s'étalent le long des maisons, des rues et des remparts, et l'insalubrité est encore accrue par l'habitude invétérée qu'ont les habitants des villes de joindre à leurs demeures des colombiers, des porcheries ou des basses-cours (3). L'institution des bourriers tomba du reste souvent en désuétude, ou bien resta limitée à la capitale de la province. Châtellerault n'en avait pas encore en 1749 (4). Les vidangeurs, qui se confondent le plus souvent avec les boueurs, accomplissent au xvni" siècle (5) un office qui était aupara-

(i) A/f. du Foilou 1777, p. 172; 1781. p. 3o. — (2) Bôgl. de police de Poitiers i54i, art. 47, 49, 53. — En i50i, le maire de Poitiers traite pour 4ol. par an avec des particuliers chargés de nettoyer les rues* en i583, on prescrit rétab' de tombereaux et charrois à l'exemple « des autres

lion est abandonnée encore au xvii* s. car le régi, de sept. iG34 en prescrit le rétablissement et ordonne d'avoir à cetefFcta trois tombereaux à chevaux ». L'ordon. de l'intendant Le Nain 1783, art. 6 remet en vig-ucur celte prescription. — (3) Rèjçl. de police de Poitiers i54i, 1561,29 octobre roSa, i03/|, 1700, 1733; de Chàtcller»iult 1749- — (4) Voir ci-dessus note i pour Poitiers régi, de police de Châtellerault 1749, art. l\-2 et 43. — (5) Le premier document que nous ayons trouve à leur sujet est une ordon. du présidial de Poitiers du 7 mai 1760. Arch, Antiq, Ouest. — Les rèîçV^ de police du xvie et du xvn* siècle imposent aux particuliers eux-mêmes les soins qui incombèrent depuis aux vidangeurs.

lenl laissé à l'inilialive de chaque habitanl.

de police qui les concernent montrent que ■les basset œuvres » qu'on appelait ailleurs , étaient chargés de l'enlèvement des fumiers ices aussi bien que du nettoyage des privés Lte opération ne pouvait se faire qu'avec la

magistrats. Elle s'exécutait pendant la nuit lis l'habitant était tenu d'y recourir d'une . A Poitiers, le nettoyage est limité aux mois smbre, janvier et février. Les vidanges sont ! long des remparts, où on ne peut les laisser jours l'hiver. A partir du 1" mars, c'est dans ue « les vidangeurs» doivenlles déposer (1). ;e et le travail du bois intéressent à la fois la l l'ameublement. Les métiers qui s'y rattat parmi tes plus nécessaires, et par suite ont leure réglementés. Si les anciens règlements j moins a-t-on conservé depuis le xv' siècle ionnances qui ne laissent aucun doute sur ce ibord, ie bois apporté en ville par les paysans archands spéciaux, sous forme de bois d'oumerrain, de cercles, de chevrons ou de lattes à dos de mulet ou dans des charrettes attelées

bœufs (2), ne peut être mis en vente que s'il ditions légales. Il faut en premier lieu qu'on quer la provenance, car les paysans dérobent ,s les baliveaux ou grosses perches. Les gar-

irésidial de Poitiers 7 mai 17G5; ay janvier 1733; i5 dée l'inlendanl Le Nain. 1733, art. 0. — (ï) Tarif d« la ers [."(ive siècle) précité. — Ordon. de uov. i/pï sur le — rè«l. de police janv. 1578 — délib. munie, de Poi- O18, Hfij. 73. — Tarif des drails d'enirée ù Poiliers lO^o.

diens ou inlendanls des portes ont le droit d'arrêter au passage les chargements suspects {!)■ H est interdit à tous marchands d'exposer en vente du merrain défectueux, provenant de bois dont la coupe est prématurée (2^. Celui qui est destiné à la tonnellerie doit être de la longueur et de la grosseur prescrites, c'est-à-dire avoir au moins 4 pieds de roi, s'il est destiné h faire des pipes, et 3 pieds, si on veut l'employer à la fabrication des bussards. De même le bois de cercle devra mesurer neuf pieds et demi de long dans le premier cas, G pieds et demi dans le second. Les meules, observe le règlement de 1507, « ne seront fardées»; les cercles placés intérieurement comme ceux qu'on mettra à l'extérieur seront de la même longueur, largeur et épaisseur, sous peine de confiscation et d'amende (3). Tout au plus, par mesure d'indulgence, permettra-t-on au délinquant d'aller vendre son merrain défectueux aux Bordelais et aux Sainlongeois (4). Au jour fixé pour la vente, le procureur de la police, le maire ou unéchevinfont la visite des bois et président au mesurage. Le marché ne commence que lorsque celte formalité est accomplie. (5)

Les particuliers elles artisans ne sauraient se passer d'un produit aussi utile. En conséquence, on a édicté des mesures contre les manœuvres d'accaparement: interdiction aux

(i) Ordon. munie, de Poitiers, 7 mars i6fl4. Ueg. (/>. — (2) Ordon. munie, lie Poitiers, 20 août tOOg, Heg. 1:9. — (3) Règl* de police de 1.I67 (pour Poitiers), de l't-jS pour le Poitou, — Ordon. munie, de Poitiers, 38 août ifiaS, 16 août 16O0, 26 noùt 16711, lonoùt 1U7G, Reg. 77, m, izû, 126, — Union, du prcsidial de Puiticrvi 12 Janvier 1700, art. i4. — Hèjçi, de police de Cliùtelleraall i-]^çf,nrt. io?> (il prescrit la veille au pied de Guicnne). — (4) Ex. ordon. munie, de l'oiiiern, 2S .tout 1625. — (5) Ordon. munie, de Poitiers, janv. i5t)7, 16 aoCi I iGlio, 20 aoilt 1GG9, 18 août, 2g août, 5 sept. itiNg, Rcg. 11 1, iig, i32, — Ordon. du présidial tle Poitiers, lïjaav. 1700, art. 1^.

liands de bois de faire des magasins, c'es[-i\-dire de ir une trop grande quantité de merrain (I), défense iirliciiliers et aux artisans d'aller au devant des paysans i forains, d'arrher la marchandise, de l'acheter dans es, dans les maisons el en dehors du marché officiel (2). ■soin, les officiers de police visitent le domicile des laleurs qu'on soupçonne de fraude, les obligent à ir des déclaralions de la quantité de bois qu'ils posil, el envoient de force sur la place publique les cercles,

el merrains entreposés (3). Tout le bois d'ouvrage être transporté directement sur le Heu indiqué par ■rite locale, el vendu seulemenl aux heures qu'elle a 1. A Poitiers, c'est uniquement sur ta place du Marclié-

el le samedi, jusqu'à il heures ou midi, que le débit ois d'ouvrage est autorisé. Les particuliers y sont 3 les premiers à s'approvisionner. Les menuisiers, lentiers et autres artisans, ainsi que les revendeurs, euvent pénétrer avanl dix heures ou midi, suivant nps (4), el à condition de n'acheter que la provision emenl nécessaire <> pour l'usage de leur métier », sans oir former de magasins (5). Dans les cas graves, l'au-

inlerdil l'exportation du bois (6) ou fixe le prix mum de ce produit (7).

Jrdod. du présidiul 12 janï. 1700, art, 18. — (2) Orilon. munie. Csepl. i055, ali ooùl itl?:-, i8aoùt 1CH2, i«r, 18, 39 août 1O89, etc., oO, i2.'i, 127, tHï. ^ (3) Par e\. délibér. du ïg août rCSg et senconlre un revendeur de cercles, Heg. i33. — (j) Ordonn. précilêesi 3. :nuDic. de Poitiers, 27 juillet 1618. Reg. j3. — Onloo. du prësi- • Poitiers, j an V. 1700 art, i4. — (5) Ordonn. munie, de Poitiers i4 617, ri janvier 1618, 10 août 1O75, 20 onfll 1669, Jlcj. 72, 1 19, - Rfçl. de police de Poilicrs, janv. 15C7. — (C) Arréi du Conseil i( 11173 cité dans la délib. du 2O août 1O75. — (7) Par ex. urdon. . de Poitiers 18 août 1689. fli^</. iSa. — Ordon. de i3o7 et de nov. ur le prix des marchandises.

Sur les deux grandes corporations qui mettent en œuvre le bois, les charpentiers et les menuisiers, nous n'avons que des documents d'importance inégale. Les statuts des charpentiers de Poitiers manquent. On sait seulement que ceux-ci forment un corps de métier très ancien, dont les membres sont cités dans les cartulaires au xii'^et au xm" siècle (i). Ils sont désignés encore en 1570 sous le nom de charpentiers de la grande couynée (2). Ils s'occupent en effet en général du gros ouvrage de la construction : charpentes, solives, barreaux, « membrures » , fenêtres et portes. Au besoin même, ils construisent les murs en torchis, blanchissent les vieilles murailles et y passent les enduits (3). Ils cumulent aussi au village les fonctions de menuisiers, de tonneliers, de charrons et d'ébénistes. Issus sans doute de la communauté des charpentiers (4), comme l'indique leur nom primitif de charpentiers de Va petite co?/^ne'e, les menuisiers ou meniiziers sont organisés en corporation, dans la capitale du Poitou, par lettres de i450,Ils étaient alors au nombre de 20 maîtres (5). Ceux de Châtellerault en 1738 atteignent au même chiffre (6). Des subdivisions ne lardèrent pas à s'établir dans leur métier. En 1610, il estquestion dans les registres del'échevinage de Poitiers du corps despetits meniiziers^ qui est associé avec celui des grands menuziers (7).

(i) Par ex. A Poitiers Pclrus carpentaniis (acte de ii83)et Adémar« car^ pentaiius in Magna Rua » (acte de i26:>), Cartul. St-Hilaire, I n« a02, p. 198. — (2) Requête des charpentiers de la grande cougnée aux maires et cchevins de Poitiers 1570. Arch. min. Poitiers D. 5o. — (3) Par ex. le marché de charpente publié dans le Cartul^ de St^'Maixent 11, 27.5, 277 (acte de i52i) et celui de i4-'ï/| pour la reconstr. des Halles de Poiliers, Àfé/n. Aniiq, Ouest. XH, 91 . — (4) Le nf)m des menuisiers ne se rencontre g^uére dans les chartes antérieures au xiv« siècle. — (5) Statuts drs luenui- HÎers de Poiliers, 12 nov. i.^'io, Jtfs.s St-Hilaire f* lO — Coll. PonleneaUj XXII, fo 335. —(0) Mém. de Koffay des Pallu i738,mss. précité. — (7) Dclibér. muaic. de Poitiers, 8 août 161 1, Heg. Ot).

ESSAI SUR L'ORGANrSATION

permis de supposer qu'on entendait par le premier les ébénistes ou menuisiers de placage et de rnarque- 2l par le second les menuisiers d'assemblage. A Poià Châlellerault, à Sainl-Maixenl, ils formaient avant la ution une même communauté, à laquelle on avait aussi hé les tourneurs, les layeliers, les tonneliers, les bois- 5 et les chaisiers (1), Les menuisiers proprement dits entdu droit de fabriquer lesouvrages courants d'ameutnl : huis ou portes, châssis, haultevents ou auvents, et tailles àcolombe8,cofrres{lits)àcoucher, coffres pour forciersà argenterie, huches, armoires de toute sorte, oirs, meubles de chambre de toute espèce, cages et iges, hambois de fouroiers et matériel de taveniiers [2). îharpentiers ne peuvent faire d'ouvrages de menui- En 1608, l'un d'eux est condamné & l'amende pour fabriqué des armoires (3). De même, les menuisiers is ne sont pas admis à étaler en ville leurs produits, l'autorisation ou la visite des menuisiers urbains (4). ■ci sont encore en rivalité avec les serruriers-arquebupour la fabrication des fûts ou bois d'arquebuses, de et de pistolets (5). Ces artisans peuvent fournir à la 1 matière et le travail, mais ils sont astreints aussiè trar au domicile des particuliers, et en utilisant le mer- ]ui leur est donné par eux. Bien qu'il soit permis aux isicrs de travailler de nuit h la lueur des chandelles,

listes lies curporali ODS de I*oi(îer8,cléc. 1788 et aoùl i78(>;(les corpor. Maixeni, mars 1789; de Cb aie Hérault, 178g, — précitées.— (z| Sibis menuisiers de l'oîliers i^'io. — Sur l'amcubi en Poitou au début ' siècle, voir 11. Gelin, Ltitrad.en Poilou,pp. 37, 42;et autrefois, \ea i inventaires de meubles. Ex, ameubi d'une maison rurale {ticle du ) Arck. hisl. Poitou XXVj, 378, — {3t Sentence de l'échev. de a, ïO sept. ilio8. Heg. 04. — M) Délibér. munie, de Poiliers, 3 juillet leg. 122. — (5) Délibér. munie, de Poitiers, 16 ocl. i65i, Reg. io3

des règles minutieuses régissent leur travail. Les statuts leur interdisent l'emploi de Taubour (aubier) dans certains ouvrages, celui du merrain dans d'autres ; ils prohibent rigoureusement les nœuds, le bois pourri ou échauffé. Le mauvais meuble est, en certains cas, saisi et brûlé. La nature du bois à employer est indiquée, par exemple le chêne pour les lambris. L'emploi de goujons, de membrures, de barres est obligatoire pour assurer la solidité des bancs, trappes, panneaux ou portes. Enfin, tous les ouvrages doivent être visités et marqués du marteau de la communauté. Rien n'est omis de ce qui doit assurer à la clientèle des produits « bons et suffisants » (4).

II ne semble pas que les autres ouvriers du bois aient formé de corps distincts de ceux des charpentiers ou des menuisiers. Ainsi les charrons, dont le nom latin, celui de quadrigarii^ apparaît dans les chartes du Moyen- Age (2), et dont les produits, roues, charrettes, brouettes sont tarifés dans les ordonnances (3), paraissent s'être rattachés tantôt aux menuisiers, tantôt aux charpentiers. Il en est de même des sabotiers, qui approvisionnent les classes populaires, surtout dans les campagnes, de sabots en bois de noyer ou de chêne (4). Les ordonnances qui régissaient leur profession sont inconnues. On a conservé au contraire quelques-unes de celles qui concernaient les ton-

(i) Statuts des menuisiers de Poitiers, 14^)0. — i^ettl^es pal. du Hoi et arrêt du Parl^ de Paris (juillet 1765) relatifs aux menuisiers de Chàtellerault. Vienney E 7». — (2) Ex. Gautier le charron à Poitiers (acte de ia02), Carlul, St-Hilairet î, n« 2O2. — (3) Ordon. de i3o7, sur le prix des raarchandises : i paire de roues de charrettes coûte 12^; à 12 paumelles 7 s.; les moins chères 5 s. — (4) Kè^I. g^én. de police pour le Poitou, janv. 1578 (les sabots de bois de noyer se vendent 2 s.Od. à 2 s. ; ceux de bois de cbéne 2 s. el au-dessous). — Actes relatifs à des sabotiers 17179 1726, Vendée B. 184, 379.

ix-ci étaient furt répandus dans les villes et les de même que les vanniers ou marchands de pais boisseliers, ou fabricants de boisseaux, de trons, de soufflets, de pelles de bois, de pipes el 1res ouvrages sans ferrements {I). Parmi eux, ail surtout au vi' siècle les fabricants dechapehenay (2).

ïments ordonnaient aux tonneliers d'observer ication des tonneaux, pipes ou hussards elaulres inaires des lois particulières. Telles étaient l'inl'arrer ou d'accaparer les cercles (3), et surtout n (EuvTc 11 des douelles et fousseaux de merrain liène noir ou de bois mal sentant qui put causer

odeur au vin » (4). Ils devaient n'employer que 3 « bien dotées età vive areste par dehorset d'es- [ipélente »,de la longueur légale, c'est-à-dire de ur les pipes, de trois pour tes bussards(5). Il

prendre garde de se conformer pour tes dimenodèle officiel de la pipe ou du bussard déposé e ville ou bourg, de sorte que la pipe contint au ileur de 256 pots mesure de Poitiers, el !e bus- ) . Au moment des vendanges, et même dès le

idu par Jeao de Carzay au sujet des droits du chapitre Si~Hijvragcs ea bois xv s. Vienne (i. 6^o ; el documents cités

Ord. àf 17R') conc. les ouvriers du bois à Poitiers, Affiehes -{ï) Mém. de /'imI. Hdwpeoa, pp. h. Motif eux, \i. floa. itteliers fnisiiient aussi des tonneaux ferrés pour le transport mnayées (Comptes d'AiroDse izWi. ATck.kiit. Puitou.III, 11).

aux ntarch. de buis d'ouvras^c citées ci'Jcssus. — ANsignallet 1647 contre Bardon, tonnelii^r, à Puilicrs. Reg. 99. — :H)licc de Poitiers, [5G7; règl. gén. pour le Poitou, 157H. — iliy el de 1578. Le bussard ou barrique valait zSt) litres, es d'un niuid, mesure de Paria. — (li) Mimes renflements. ;cDcral de 1^78 pour le Poitou.

mois de juillet (7), les tonneliers s'en vont à domicile « gaignerleurs vies et sustentacions » . Ils visitent et raccommodenlles tonneaux ou cuves, remettent les cercles et les enfoncent à coups de maillet (1). Ils réparent également les vieilles futailles. Sur tous leurs ouvrages, tant neufs que vieux, ils sont tenus d'apposer près de la bonde et dans l'intérieur de la douelle, une marque contenant la première lettre de leur nom et leur prénom. L'empreinte de cette marque est déposée sur une peau de parchemin au grefle derHôtel de Ville (2).

De l'industrie des chaisiers, nous ne savons à peu près rien (3). Mais celle des tourneurs fort répandue en Poitou, a joui quelque tempsd'une certaine célébrité. A Croutelle surtout (4), et aussi à Poitiers (5) et à Lusignan (6j, des artisans ingénieux fabriquaient des quilles et pirouettes d'ivoire, des valets ou supports de miroirs, des aiguilliersou étuis, de petits sifflets, des chandeliers d'ivoire ou de bois, de petits berceaux, de petits bâtons colorés blancs, bleus, verts, incarnats ou jaspés, de jolies poires d'épices, des bouteilles à poudre, de petits meubles, parements d'autel, cabinets d'études, pendules en bois qu'on retrouve partout au xvi' et au xvii' siècle, jusque dans le mobilier du prince de Condé et de la reine Catherine de Médicis. On y produi-

(i) Acte de rémîssioQ de i38oau sujcl d*un tonnelier d*Allonne.Arc/t./i{5/.

Poiilou, XXI, p. \'^(), — (:>) Rèplcmcnls de lôOyet de iHyS. — (3) Mention

des chaisiers de Poilicrs dans une ordon. de l'intendant 177/1. Affiches du

Poitou. 1774 p. 174* — Acte de 17^4 relatif à un mahre chais'ter tourneur

aux Sables. Vendée, B, 848. -— (4) Bonsergent, Les finesses de Croutelle^

Hev. PoUev, i**" mars 1873. — Léo Desaivre. Les finesses de Croutelle ïn-S,

1891, 36 p. — (5) G. Houchcl, A'Ve séree — Discours facétieux des finesses

de CroulellCf Poitiers i62:>, it) p. — Recon. de rente par un tourneur à

Poitiers, près de la Tète Noire 1579. Vienne, (j. Gao. — (0) Desaivre, op,

ct^., parle des • hastcs )> des tourneurs de I^usig'nao d'après un noêl de i^rio.

ESSAI SUR L'ORGANrSATION

les ustensiles de buis pour le service intérieur, itits de musique, cornels à bouquin, hautbois, chèvres sourdes, flageolles, flageollets, Oûles « en bois excellent ".On y gravait des bâtons irtes têtes et qui servaient de cannes, des en buis ou fusain décorées de dessins coloriés |u on offrait aux jeunes (illes et aux femmes L'ensemble de ces produits d'un art naïf était s nom de " finesses de Croulelle », Elles « sont, iur poitevin en 1620, gentilles, déliées, profilatnt mieux que toutes les autres de France » . G. le la " subtilité et mignardise » de ces objets, ^ation parait avoir disparu ou du moins perdu om à la On du xvii° siècle, peut-être à la suite ion des protestants (2).

1 autres ouvriers qui travaillent le bois pour nt, figurent les huchiers-coffrien ou roffiederxescommiers-malletiers (3) et layetiers (4), dont i est mal connue. Ils fabriquent les huches où in, les bahuts oii l'on serre le linge et l'argenres, malles, bouges, escrins, layettes ou petites is, en osier et en cuir, où l'on place les vèteipiers et les objets précieux. A Poitiers, la concoffres, bahuts, malles, mallettes et paniers de lir, parait avoir été réservée aux selliers, qui du

n, |)p. ia-i3, 33-36, i^-sti. — Bnuchet Serée^, p. 121 (ber- Ile). — Iinlierl, Une queuouillc de mariage, fiull. SOC. stal. 4. — IkumafTé, /n«. des meubles de Cilk. de Uàdieis 1874, jiie^ses de Cnmielle (d'après un inveolairc provcovnl lie l. et Sainlong. i8i|-t, p. «g. (2) G. Bouchet, 15' Sèrée. — eux etc., tOïî. — \,. hesaivre, op. tawl. pp. i^-su. — (3) sle3 3lalu(s de» serruriers de l'oiliers i4r>5, Mss Sl-Hilaire, lis aux ébèuisics et tourneurs et auires ouvriers en bois. ', Àffi. du Poitou 1781, p. II.

moins en revendiquaient âpremenl le monopole (1). La fabrication des coffres d'une autre nature était au contraire libre (2). Elle formait le domaine non exclusif des coffretiers layeliers. A côté d'eux^ les pignares ou maîtres iablet^ tiers faiseurs et marchands de peignes^ qui habitaient dans la capitale du Poitou une rue spéciale, celle de laPeignerie mentionnée dès le xv* siècle (3), se livraient à la fabrication et à la vente des menus objets de tabletterie et de marqueterie ou de toilette, en bois, ivoire, écaille et corne, tels que les tabatières et surtout les peignes. L'importance de ce corps était sans doute minime, si Ton en juge parla rareté des documents qui le concernent.

11 est encore plus malaisé de connaître l'organisation des métiers de sculpteurs et de peintres. Il existe dans la province un grand nombre de témoignages de la vitalité de l'école de sculpture médiévale du Poitou.ViolIel-le-Duc reconnaît la fécondité de cette école, bien qu'il la juge inférieure pour la beauté des productions à celles de Bourgogne, de Champagne ou d'Ile-de-France. Les façades de Notre-Dame la Grande et de S'-Pierre à Poitiers, celles des églises de Chauvigni et de Givrai et de l'abbaye S^ Jouin de Marnes, pour ne citer que les plus connues, attestent le talent avec lequel les ynrlagiers poitevins du Moyen-Age surentfouiller la pierre (4) . Mais si les archéologues et les historiens essayent de

(i) Délib. munie, de Poitiers au sujet des coffretiers-malleliers et dos selliers, i8 août iCo8, 19 mars 1035, Keg . G4 et 85. — (:>) Ordoo. munie. de Poitiers, 22 et 29 oetobre i035, Reg, 80. — (3) Mentions de eetle rue clans des actes privés de i4i2 et de i/jf)!, Vienne^ G. i io4 et 1 129. — Délib. mun. de Poitiers, 27 août 1657, relative aux « pignares ». Heg. 108. — (4) Mérimée, fioles sur un voyage dans VOuett de la France, pp. 878, 38o, 387, 393, 4o6, 42O. — Lee. Dupont, La façade de Notre-Dame de Poitiers, Mém, Antiq. Ouest, VI, 129. — Berthelé, V Eglise de St- Jouin de Marnes^ p. ^3. — J. Kobuchon, Paysages et Monuments du Poitou^ 4 ^'o\. in-fo.

reconstituer assez aisément l'évolution artistique qui s*est produite en Poitou jusqu'à la Révolution, d'après l'étude des nnonuments eux-mêmes, il s'en faut de beaucoup que l'historien des institutions économiques puisse retrouver dans les documents épars la structure des professions qui se formèrent pour la décoration des édifices. Sculpteurs et tailleurs de pierre se confondent sans doute ici comme dans le reste de la France, sous le nom latin de signarii (I), sous la dénomination française à'ymagiers (2). D'autres qui travaillent le bois en même temps que la pierre prennent le litre d'architectes et menumers (3), d'autres encore celui de menuisiers sculpteurs doreurs et peintres (4) ou de sculpteurs et marbriers{^). Us appartiennent d'ailleurs à toutes les catégories sociales, et on trouve parmi eux des laïques et des ecclésiastiques (6), de grands artistes et de vulgaires artisans (7). La séparation n'est pas encore établie entre l'art et le métier. Les corps ecclésiastiques et les grands appellent souvent du dehors ceux qui décorent les édifices religieux et les châteaux. Ce sont en efTet des sculpteurs flamands qui taillèrent

(i) « Bloctus signarius >» (actede 1127). Cartul. St-f/ilare A, 12'j,^ Jeh^n Guiberl, ymagier {l^^o), BulL Antlq. Ouest, ï, 29*) — autre ^magier (acte de iffi'i) Vienne, G. i23o. — (2) Paistre tailleur de pierre el sculpteur (iGi4) PiUon, Pièces cur. con. N.-D. de Fontenay^ p. 10. — (3) Frère Victor de Sic Anne, architecte et menuisier (1G75-84), Berthelé, Artistes Poitevins ftev. Voit, et ^ainl. 1890, p. 228. — (4) Jean et François Pacourd (xviii* s. ibid, p. 276). Jean Drouard,(i778,i6<(i. 70-77. — F*. Vallée, menuisier sculpteur aux Sahles (1738), Vendée B- 74'">. — (5) Sculpteur-marbrier, sculpteur sluCiiXv.uT^Aff.dii Poitou 1771», pp. 9G, loO; 1 781, p. 180 ; 1780, p. i48. — Lesucur peintre et sculpteur à St-Klienne près Palluau(acte de 1769) Vendée B. 9O8. — (0) Par ex. Alex. (îuenyveau, prêtre Angevin qui travailla à Oiron (FiUon L'art de terre pp . 70-88) ; frère Victor de Ste-Annc, (1676) Capucin, (Berthelé, liev, Poit. et Saint, 1890, p. 228). — (7) Ex. les Pacourd au xviiie siècle; les sculpteurs Paistre, Poiret et (iillot (i6y.8)à Fontenay (B. Fi7/on, Pièces curieuses pp. 10 et sq. etc.) ne semblent guère avoir été que des artisans.

les slaluea du palais du duc de Berry à Poitiers (t). C probablement à des sculpteurs italiens que sont dues boiseries de la maison de Catherine Tornabuoni dam même ville et les fines découpures du château de Boi vel (2). On sait que les tombeaux d'Oiron sont l'œuvre deux grands sculpteurs Tourangeaux, les Juste (3), et q xviii' siècle l'artiste parisien Simon Hurtrelle est venu i cuter à Niort le tombeau des Parabère (4). Toutefois, dessus de la masse des artisans, le Poitou produisit core quelques individualités puissantes, qui continué dignement la tradition des grands ymagiers d'autrel Tels furent au xv' siècle, Jehan Guibert, l'auteur du toml de Louis d'Amboise à St-Laon de Thouars (5), au xvr,F çois Charpentier qui mania le ciseau avec autant d'art l'équerre à Bonnivet et à Oiron (6), au xvii' siècle Jeun rouard, qui sculpta le portail des Augustins et la st équestre de Louis XIV (7), au xvni' Jean Drouart et son dont il reste à Niort un certain nombre d'œuvres mées(8). Autant qu'il est permis d'en juger par les i chés peu nombreux publiés jusqu'ici, les sculpteurs s'e gent par contrat avec les communautés ou les parlicul pour l'exécution des bas-reliefs, statues, tombeaux, bi

(i) De Champeaiix, Gaz. Arch. 1887. — (2} [,. Palustre, la en France livr, 14 et i5. — La prélendut tnaiion de Diane de Fra Poitiers, Rev. Poil, et Saint. i89r),pp.9-ii. — (3) B. Fillon, I,'/lr(rfe pp. 70-78. — L. Paluslreop. cil. — (4J Aroauld et Larfçeaiilt, Note^ léjour de Hurtrelle à Stort. Bull. D.-Sèvres,\l, G47; VII, ;i.(7; fee. «'(.S'ainf. T8S9, 43i,4:!6. — (5)SurGuiberl, voir fiti/f. Antii/. Que 3gi|; Cart. Musée lapid- Antiq. Ouest, p. z. — (6) ti. l'aluslre. la Re France, pp. 211-318. — (7) Notices sur les Girouard. Aff. du Poitou pp. 89, 90, i63 ; 177.'), pp. 117, lai. — Aubcr, Bull. Antîq. Ouest, 111 ftédei, I6i({. IV. aaf) (moQlrtr que Jean Girouard eut 4 tîls sculpteurs c lui) ; Audré. Notice lur Girouard. 1862, brorh. (sur les travaux de < BrelHgne). — (8) !.. Desnivre, le nculpteur J. Drouart, Bull. Sèvres, VII, 4ti8. — Berihelé, llev. Pott. et Saint. 1890. 76-77.

es. Les matériaux leur sont généralement foiirçon leur est payée^ soit à la brasse (1), soit à ur l'ensemble du travail (2).

tion des peintres poitevins n'est guère mieux cela des sculpteurs. Ils formcreiit cependant un breux au Moyen-Age, comme le prouvent les ntils décorèrent un grand nombre d'édifices, tels useabbayedeSt-Saviii(3),les églises de Ste-Ra- ; Notre-Dame la Grande à Poitiers, et celle de ,a peinture murale eut ses représentants jusqu'au >),etsa valeur artistique s'est parfoismaintenuc. peintres de fresques, les peintres-verriers ornèaux des cathédrales, des églises, des abbayes et s seigneuriales (Cj. Le Poitou eut aussi alors ses 7). Au xvi' et au xvii' siècle, paraissent s'être 3s peintres d'armoiries ou de blason (8), et les

^our la préparatioa des slalles Je l'abbaye de Si-Maixent ;'< ! {::n7), Carlul. Sl-Haixetit.\l. alW». — {2) Marché de iftio : (loo I.) ; pour un nuire avec sialiie» (2000 I.], A FonteoBv icpp. ioelsi|.— Marché avec Cirouard pour un labernacte Rtv. Poil, et Saint. 1895, pp. i53-i54) ; pour une chaire, ir lïardin de Sl-Mai\enl (xviiie siècle). {Bull. D.-Sivres VI, ^n sculpteur pour i statues à Si-André île Niorl (1 10 1.) en (. cl Saint. 1890, 7a) : nvec Drouard pour dorure île deux \d. 7G-77I; ovec Fr. Kergeron pour façou du retable de Stiera, liooo I. (xvii« siècle). Vienne, G. 5iî. — (3) Mérimée, Ouest pp.4o7.4",4'S — id. Lei fresquetde St-.S'adn.iii^j, OuiiH. ni, 78-79. — (4) De Loniçoemar. Let anciennes fresdu Poitou 1881 ; elBuil. Aiitiq. OiieitVn, i4. ^i, ^^, 84. e. Les peintures de St-Ntcolasde Givrai, AuJf. ((iiiJ.,V, Ôg. — s do Sie-Radcironde,B(i((. I, H73 ; Mém. Antiq. Ouest. XVH, de Montault, Anciens artistes du l'i>ilou.Ann..4rcA. XI, 371. 3 fresque de la Pomnieraye-sur-Sèvre (nvie siècle] Barbier ;u. rfu BasPoilou 1888, pp". 15-19. — (0} Vttraov deSt-André Bull. Soc.St. D.-SènrrsiU, 477; la cathédrale de Poiiiers et . de l'Ali chrétien.'isiav. iSip (par B. de Montauli); B. Fillou, ntriiux de Sle-Radeironde, Mém. XI . 483. — (7) Ex. miisaïlire; Afém. Antiq. Viirst, XXIll. — (8) G. Bouchct XXIII*

peintres décorateurs qu'on emploie à dresser les arcs de triomphe pour les entrées de souverains ou de grands personnages (1), ou à orner les bannières des processions (2). Les artistes originaires de la province, et dont certains paraissent avoir été renommés, par exemple Mervasche, TApelle -'j poitevin (3), son gendre Jacques de Jax (4) au xvi* siècle, et I Louis Souhet, au xvu* (5), n'ont pas encore trouvé d'histo- *;] riens. On appelait volontiers du dehors les peintres en renom "■ li pour leur confier l'exécution des ouvrages soignés. C'est ,.] ainsi qu'un évêque artiste, celui de Luçon, fit venir quel- A que temps en Poitou le grand paysagiste Nicolas Poussin, et le portraitiste Claude Lefebvre, et que le peintre janséniste Mesnier résida quelque temps à Poitiers(6). Auxvni* siècle, la province reçoit la visite de peintres-marbristes-doreursartificiers qui sont employés à décorer ses églises (7), et d'artistes ambulants parisiens qui peignent indifféremment le portrait, le paysage, les tableaux de sainteté, les bannières de confréries, ou qui restaurent les vieux tableaux (8),

Serée (des peînlres). — P. Gourdon peintre de panonceaux d*armoiries iHy/f Comptes de St-Maîxent (Bull. D, -Sèvres III, Gi). — Acte relatif à JeanMéry peintre à Niort i565 (ibid., V, i66). \

(i) Délibér. du corps de ville de Poitiers (27 juillet 161/4) pour décorer les portes de la ville, Reg, 69. — (2] En i53G, paiement de 4^ s. à Mervas^ che peintre pour réfection des panneaux portés aux processions (comptes de N.-D.- la-Grande), Vienne G» 1286. — (3) Sur ce peintre, Dreux du Radier, SibL du Poitou, y, 210, 211, et Reg. des délib. munie, n* 10. — (4) Actes relatifs à Jax (i586), pp. M. de L'Estourbeiilon BuU.Com. Trav. Hist. A^rch. i8go, p. XLI; Reg, des délib. mun. n«» 47 et 4^. — (5) Notice sur Jouhet (1678), Aff' du Poitou 1782, pp. 37,41,82. — (G) Ocl. de Rochebruoe. Un évêque artiste en Poitou, Nivelle (1637-16G0), Rev. Bus'Poilou 1889, 135. — Sur Cl. Lefebvre, Rev. Poit. et Saint 1889, i5G. — Sur le séjour de Poussin en Poitou, Jouyneau Desloc^es, J. de Poitiers an VI n» 37, — Vallette et de la Bouralière, Rev. Poit. et Saintong. 1894, 23 ; 1898, 394,42a (ce séjour est douteux); 1889, i56. —Sur Mesnier (iG53). BuÛ.Antiq. Ouestj 2« s., V. 367. — (7) Comptes du chap. de St-Ililairc 17G2, Vienne G, 5G2. (8) Aff^ PoiloUy 17811PP. 192, 19G.— Berthelé, Rev Poit. et Saint. 1890, 78.

orenl et vernissent les équipages el les apparlemenls (i). le sont pourtant des nrtisles ou ouvriers spéciaux fixés dans î Poitou qui exéculenl en général, avec un mélange de lercure et d'or, ics dorures des appartements, des boiseries t des autels. Un document de 1265 mentionne à Poitiers i présence d'un dorider ou doridkr; et en 1522, il y a six uvricrs de ce genre dans cette ville (2). Leur métier était élicat; on le comparaît à celui des monnaycurs.

tiardez-vous bien, doridiers

El monnoieurs, gros ou subtils ouvriers, De faire en l'or, ne en l'argent misture,

lit le poète poitevin Jean Bouchet dans ses Epîtrcs Moales (3).

La céramique commune, bien plus répandue que le raéier délicat des doridiers, occupait un grand nombre d'arisans, qui fabriquaient dans les faubourgs des villes et lans les villages, les objets usuels de la cave, du cellier, de a cuisine, et de l'ameublement en général. Les droits sur a vente de la poterie sont inscrits dans la plupart des taifs de péage ou d'entrée depuis le Moyen-Age jusqu'à la dévolution (4). La céramique d'art n'est guère représentée [uepar quelques fabriques de carreaux vernissés dont l'exisence fut éphémère (5) el dont l'organisation est resiée in-

(i) Aff. Poilûu, 17R0, 3z. — (1] Laurencius le Dorider rocolioanc daaa ! r<-^l. des poliers d'élain de Poitiers laGri, elle ci-dessous, chapilrc X. - Lisic des métiers ttc Pnîliers :fi3ï, Rcg. n" i8. — (.1) J, llouhei, Epitrex Morales 11, X (ùilir. de iS.^S). — (j) Coutume de In Sévre sui» siècle), — Tiirif de la prcvùlè de Poitiers (xrï« siècle). — Tarif du iroil d'entrée de ifi4o- — Acte de rémission curieux relolifA 2 potiers lu marché de I'oumuçcs {i3»/(). Arch. /iht. PoUou, XXIV, 2r4, — fi) II. Kjllon, Céramigue poitevine pp. 10-17. — Espèrandieu, Carreaux .eruisscs de l'abbnyc des ChAlellJers (xiiie aiccle). Bull. des. Irai', hist. IrcA. n* I, i8ga ; lUv. Poil, et Saint, 1889-1890, oct. a-la. — U. de Monault, luv. arcli. de Talib. des Chaielliers, ibid. i8ni.

connue, et par les ateliers célèbres de Sf-Porchnire près Bressiiire auxquels Kd. BonnafFé a restitué la gloire d'av produit les faïences Henri II. Pendant un demi-siècle, céramistes obscurs de ce bourg longtemps ignoré, les T cher, les Marsault, produisirent ces objets d'art exquis, guières, chandeliers, veilleuses, salières, que se disput aujourd'hui les collectionneurs (I). Puis, cet éclat artisli< s'éteignit peu à peu. Les faïenceries du xviii" siècle, ce de Thouars, de Chef-Boutonne ou de Poitiers, se borner h produire des articles communs et à bas pris (2). Il en de même des verreries qui dès l'époque romaine fabriqua en Poitou le verre blanc ou le verre de fougère. Celles Moyen-Age h la Roche, aux Mouliers, à Mervent, à Vouvi h Mouchamps, h la Bouleur près de Couhé, à Mouton paro de Mérigny, à Bichat (3), n'ont donné que des objets s originalité, ustensiles divers, candélabres, bassins, pi écuelles, cuillers, pots, aiguières, gobelets ou verres à b' et verres de couleur (4). Le nombre des établissements d genre s'accrut au xv" et au xvi* siècle. Les verreries de chat,deCourlac, de la Rochc-sur-Yon, de la Perrière, la Puyc, du Rorteau, de la Motte, deTalmont et de Par nay (D),de rApostolleàChampdeniers(0),de Largentièi

(i) Oiron a eu aussi probablement siin nieller, moins imporlanl ijue de Sl-Pi.rrhaire, Voir h ce sujet, les an. de ». Gclin, BuH. D.-Sùure', 338-3^5; FA. Ronnalîi:, llev. du Bas-Poitou, tSH», i et sii. ; llev. Po Sainl. iHSqiPP 97-08; i8g[i,pp.i2-i/i; 1S91, 2i3,2Jti; i»g^, r>C-57 (l'a remoale avunl lOiS) — IJerlhelé, Ibld.iHSS, pp. ujo-i.^g; L. Dcsaivrc. D.'Sévrei', VIE. 212. — (2) B, Fillon. LArl iletcrrcp. igO. — (3) L. chcl. (.es anciens Tuursile la farèt de .McrveDI. Rcv. Bis-Poitou, [^Hn, 371. — Dug'asl-Maiifeux, LesgenlUsh. verriers de Mouchamps, [8(i3, — I(. Fillon, L'Art ds terre, pp. to'i, 287). — Verrerie de la Itoulei Gmhé citée (i^i-'i). Arch. hkt. Poitou K\V\, 387 n. — Titre d'èlab' verrerie Mouliin (i/|.'io). Arch Antiq. Ouest. — l^) D. Fillon, op. cil et sq. pp. — (5) Gnrnier, la Verrerie et CKmuîllerie. 10-4". i88i) pp, iï4- — Gerspach, la Verrerie, pp. igG-tfiS. — (Ci) Verrerie signale L, Desaîvre. DtiU. D.-Sêvres, IV', 3oi-.lo2.

endrennes, assurent alors au Poitou une des premières es pour la production des verres. Mais si l'on en pte quelques produits soignés, tels que le vase des Mortr au Musée de Cluni (1), œuvre desverriers de l'Argen- , les articles sortis de ces ateliers s'inspirent de la faition traditionnelle. Les verres émaillés et gravés, les îs colorés, marbrés de rouge ou de rose et d'autres iurs et présentant l'aspect des agates, sont des objets de d luxe que les verriers italiens du Poitou, à l'imitation 'enise, n'onlproduits qu'en petite quantité [2).Peuàpeu Lvn* et au xviii' siècle les fours à verrerie du Poitou ;nirent leurs feux- devant la concurrence des verreries IX outillées ou mieux placées, et devant les progrès de )ortalion anglaise ou allemande. Un petit nombre, se inant dans la production des verres communs, survént jusqu'à la Révolution.

;s documents ne permettent pas de connaître ta conn économique de ces établissements et de ceux qui xploitaient. Les règlements qui les concernaient ont aru ou n'ont pas été retrouvés. Ces verreries ont prosurtout des coupes, des aiguières, des bouteilles de verre c, des salières. Le verre à vitre était apporté du dehors i que les cristaux, et il était peu employé avant le siècle. Aussi n'y avait-il à Poitiers en 1522 que deux iers-vitriers (3). C'est seulement en 1652 que ces aris sont assez nombreux pour demander à être érigés corporation sous le nom de maîtres -peintres et vi-

Voir la gravure du livre de Gcrspach (p, 207) et celle de Gamier ■>]quL en sont la reproduclioD. — {zj Gerspach, op. cit., p. 108. — sux nrrcnlemeals de mai i38o ctd'aotti i38i mentionnent un vilrirr à ru, (iuiot Auilouin, i|ui demeure près de l'hOtel de laMonnaie. Vieneg. G.dx'i. — Lisie des métiers de Poiliers(t523) précitée.

triers (1). Ils n'ont pas le monopole de la vente du verre a vitre. Il est loisible aux marchands forains d'en amener à la ville, et à tous marchands urbains d'en tenir dans leurs boutiques (2). La liberté du commerce du verre est maintenue par les ordonnances municipales. Elles interdisent même tout marché entre marchands et verriers ayant pour objet l'achat en bloc de toute la production annuelle des verreries, et au besoin obligent le marchand à livrer le verre au prix coûtant sans bénéfice (3). Les maîtres vitriers et les officiers de police visitent en magasin et sur le marché les verres à vitre pour en reconnaître la qualité (4). La vente de ce produit n'est permise qu'à une mesure déterminée et uniforme, qui est le pied (5). Le plomb à « faire vitres » est avec le verre le principal article du commerce des vitriers. Eux seuls ont le droit d'en vendre, sous cette réserve qu'ils n'en « tireront et n'en vendront » que pour les habitants de la ville, à l'exclusion des étrangers et même des serruriers. Ceux-ci, en effet, sous prétexte qu'ils raccommodent les lire-plombs des vitriers, pourraient vendre abusivement le plomb aux particuliers (6). Divers marchés conclus avec des vitriers montrent qu'ils s'occupent à la fois de placer, de réparer, de laver, de « mettre en plomb », c'est-à-dire d'unir par des soudures de plomb ou d'étain, les vitraux ou les vitres peintes ou non peintes, et qu'ils se fournissent

(i) Statuts des nmiircs verriers vitriers de Poitiers (6 sept. i652) approuvés le i5 avril 1728 parle présidiah Arch, Antiq, Ouest, coll. Bonsergent A, 3, — (2) Statuts des maîtres vitriers, art. 2 et (). — (3) Ord. du corps de ville de Poitiers annulant le marché du vitrier Cardon avec le maître de la verrerie de la Montclle en Jardrc (i5 octobre i635}y Heg» 86. — (4) Ordon.du corps de ville de Poitiers 20 janv. lOocj, Heg, 109. — (5) Le pied de verre blanc vaut 4 s. en 1618, en i5(j7, 6^s. ; en 1O29, 3 s. G d- (Actes à cette date, Cartul. St-Maixent 11, 271 ; actes capilul. de St- Hilaîre, Vienne, G. 53G ; délib. munie, do Poitiers avril 1G29, liefj. 79. — Statuts des vitriers de Poitiers, art. 2, 9, 11.

siècle de'verre blanc d'Allemagne (1). Certains irfnil pour leur vie l'entrelien des vitraux des r ils Iravnillèrent longtemps h peu près exclur la clientèle ecclésiastique, aristocratique ou 'geoisie. Au xviii' siècle, les vitriers font aussi erresen tables et des cristaux d'Angleterre ou ïur les édifices, tes voitures, les estampes, les I77i, l'un d'eux installe un dépôt de la vere S. Louis (3). D'autres, qui s'intitulent marliers et vitriers, s'occupent du commerce des montent, polissent, sculptent et dorent, et y

des cheminées, consoles, trumeaux, miroirs, le temps les verres de qualité inférieure, cout les carreaux (4).

i' siècle, le Poitou semble avoir perdu ses atesseries. Les maîtres tapissiers miroitiers ven- Libles, qui forment à Poitiers une corporation

le xvii' siècle (5), sont simplement des marartagent avec les vitriers le commerce derai-

font le tniiîc des tentures, draperies, meuement, qu'ils se chargent aussi d'aménager, de i mode, de raccommoder et de rafraîchir (6). ■es d'églisesj d'abbayes ou de châteaux et les licipaux montrent qu'ils font venir des Flanut de la Marche, quelquefois de l'Italie^ les ta-

ci'deasus cl noliimmcal marché pour les vllraux de l'église il 8, Ciirt. St-Maixent, II, 271. — (2} M.-ircIié du cliajiilr* l'ciilrclicn des vilraun au prix de i6 I. par aa (xïii* iii. — (3) A/f. du Poitou |^^i, p. 56. — (4) Annooce 'im&ge Sl-Luc » prés le Pilori, A^. du PoUom, 1776, p. 4unie. dePoilicfs,25 sept.-; nov. iC34, fi^g. 83. — Aciede ;iccorpor.ilioii. Arch.Antiq. Owst (coll. Honscrgenl A. 5). de lapiasiers, Aff- du Poitou, 1774, p. 5(i; 1777, p. ûi.

pisseries d'appartement en velours ou en laine, brodées et armoriées (1), les tapisseries de lit et celles de siège, les tentures historiées (2) et les tapis veloutés d'autel (3), les tapis de Caen (4) ou de Rouen et les tapisseries communes dites de Bergame. Les statuts de cette communauté manquent; cette lacune ne permet pas de connaître en détail sa constitution. On a conservé au contraire quelques-unes des ordonnances qui réglaient le métier des cordiers (corderiï). Ils sont organisés à Poitiers dès le xiii* siècle en corps d'artisans et ils exercent leur profession en plein air hors de la ville et le long des chemins (5). Ils fabriquent des longes ou licous et des sangles pour les chevaux, des sangles pour bas (6), des cordes de toute espèce pour l'usage domestique, pour cloches, pour lanternes, pour lampes, pour horloges, pour orgues, pour rideaux d'autel et pour tapisseries (7).llsprétendent même avoir le monopole delà vente en gros et en détail de toute sorte de corderie, à l'exclusion des marchands. Ceux-ci du reste ne sont autorisés à acheter et revendre que les licous, sangles et cordes acquises des forainsou étrangers (8). Les cordiers exercent aussi,

(i) Barbier de Montaull, înv. arch, desChdtelliers^ Rev. Poil, et Saint,, pp.8i,i i3 vie— /nv. des meubles du château de Thouars (147 S) pp, Ledain, p. l'j.—Inv.du château fOiroriy pp, Villon, (L^irt de terre) p. 7O etc. — Les tapisseriers du château do Fief-Clairet près Poitiers viennent des premiers Gobclins, L, PalustrCj /lei\ Poit, et Saint, i^ifi, p. loG. — (2) De Longuemar, Tapisseries historiées en Poitou, Bull. Ant. Ouest VII, 8/|.— (3) Ex. tapis d'autel velouté a 3o l. l'aune, à Sl-Hilaire de Poitiers (i 779), Vienne, G. 50q. — Marché de tapisseries pour couvrir les hauts sièg-esdes échevins de Poitiers à 7 1. l'aune, 11 juillet i633, lleg. 83. — (4) Ex. Inv, du ch, de Thouars, p. 16, etc. — (5) Statut ou règlement relatif aux cordiers, 5 janv, 127C, Mss. St-lliUiire, îo 80; Coll. Fontcneau, XXIII, fo 285. — (6) Règl. de i3o7 ^^ ^^ i/\'i2 sur le prix des marchandises. (Les licous valent 10 d. en 1422; les sangles de cheval, 2 s. G d. ; les sangles de bas 2 s. 6 d.) — (7) Marché du chapitre St-Ililaire avec Hobin, cordier 1G93. Vienne, G. 554. — (8) Dflib. mun. de Poitiers, fin mai 157:4, Reg, l\i, i^lfii.

tiel en conflit avec les chandeliers (I), le comnèclies roulées pour cliandelles. Au xvii* siècle, préparation des cordes de raquettes, pour lesutilisent les « tripes de moulons et d'autres ani- ). Au xviii' siècle, une fabrique de cordes à jjieà laporte Sainl-Cyprien de Poitiers exporte la France des produits de ce genre utilisés par nts d'instruments de musique et de rouets (3). ition est astreinte à travailler en public et dans ù elle ne puisse gêner la circulation (i), ni inles habitants (5). Le travail de nuit lui est interine d'amende (6), et il lui est défendu de mettre ts des ferrures ou anneaux, sauf dans certaines mince valeur (7), sans doute pour empêcher tout nt sur le métier des ouvriers du fer. ière des communautés qui se rattache au coml'ameublement, celle des fripiers, fort ancienne ;t question d'industriels de ce genre au xiit* siècle (8), exerce une profession de caractère mixte. 'S poitevins qui revendiquent le nom de maîtres (/•ailiers « à l'instar de ceux de Paris », pratiquent a revente des vieilles bardes et vieux habits 1.9), i le trafic des chaussures (10), de la ferraille, des

. munie, de Poitiers i3 sept. iCGO, i^janv. 1675,6 marsieS), i, 128. — (a) Délib. munie, de Poiiiers, gjuin lOaG, Rtg.ii ''. du Poitou, 1775, p. 10. — (4) Kèglemcol de t^Tj, précité. — crs-raqtielliers par ex. qui Iriivaitlent les Irîpes, exercent leur idoranl au Pré l'Abbcsse. Délib. munie, du 9 juio 1625.— outre un liab. de la pftroiaae de la RésurrcctioD à Poitiers pour 7C) ilH. St-Uilaire f" 80. — (7) I\égl, de Janvier 1 277, précité. 'd le fripier, demeurant près du châleiiu de Poitiers (bail <lc Aiif. Poitou XI, 3u. — {(j) Dclib. munie, de Poitiers, 10 juil- . 78 ; et documenta ci-dcssoua. — ( 1 ol Ordon. du présidial d« lov, 1766 contre un fripier, Arch, Antiq. Ouest, '

vieux meubles, des outils, des vieilles armes, et même des chevaux (1). On. leur défend de faire le débit de tous objets neufs. Une ordonnance de 1766 condamne à 150 1. d'amende un fripier qui a vendu des souliers et escarpins à peine sortis de la boutique des cordonniers (2). Le commerce, même par commission, de la vaisselle et des bijoux ou autres objets d'or ou d'argent, est formellement interdit « aux fripiers porle-à-cou et autres gens sans qualité » par un arrêt du Parlement de 1786 relatif aux regratliers de Poitiers (3). Ils ne peuvent acheter que les produits offerts par des gens « connus et non suspects » , ou ceux que leur offrent des inconnus munis d'une caution des habitants de la ville (4). Les règlements prohibent tout achat fait à des enfants, domestiques, compagnons, apprentis, garçons de boutique, non munis du consentement écrit des parents ou des maîtres (5), et d'une manière absolue toute acquisition ou recel d'objets appartenant à des soldats (6). Ils astreignent lesfripiers-regrattiers-ferrailleurs à tenir registre coté et paraphé des officiers de police, pour y inscrire, tous les jours, sans aucun blanc, la quantité et la qualité des marchandises achetées, les noms et domiciles des vendeurs, accompagnés de la signature de ces derniers (7). Garanties utiles pour le bon ordre et que notre législation a soigneusement conservées.

(i) Ordon. du présidial de Poitiers, ignov. 1769, Arch, Antiq, Ouest. — (2) Ordon. du 26 nov. 1766, précilce, — (3) Arrêl du Pari, de Paris, 2 juin 1786 relatif aux fripiers de Poi tiers. i47'c/j. Antiq, Ouest. ^ (4) Ordon. du présidial de Poitiers, i5 déc, i7^3, Arch. Antiq, Ouest; arrêt du Parl^ 1786. — (5) Ordon. du présidial de Poitiers, 10 fèv. 17O2, ibid; arrêl du Pari. 1786. — (6) Ordon. munie, de Poitiers, 29 nov. 1728, Reg. i4G. — Ordon. du présidial de Poitiers, i5 déc. 1763, art. 4; 19 nov. 1769 et 4 nov. 1783, ibid, — (7) Ordon. du présidial du 4 nov, 1783 ; Arrêt du Pari. 1786. — L*ordon. de 1762 interdit aussi les ventes de nuit et FencDie entre fripiers et débiteurs pour frustrer les créanciers.

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