CHAPITRE X
il et le Commerce des Métaux commanu et des Métaux précieux en Pottou.
l et le commerce des métaux n'eut jamais en importance aussi grande que les industries de înl et du bàliraenl. Toutefois, la métallurgie il au Moyen-Age sa période de prospérité disles premiers temps de l'àge moderne (i). On irtoul, dans celle province, des industriels qui is variétés usuelles de la petite industrie : ferrchands de fer, forgerons, cloutiers el ferblanliaiix, taillandiers, serruriers, chaudronniers et iletiers, potiers etpinliers d'élain, éperonniers, l fourbisseurs, arquebusiers, facteurs d'orgues de cloches el d'artillerie, horlogers, orfèvres, , changeurs et banquiers.
y eut en Poitou des gisements de fer.ils ne paavoir été activement exploités. La seule mine talion semble avûirélélongtemps active est celle gcnlifèreetde zinc de Melle(2). C'est sans doute (S voisines que les ouvriers poitevins tiraient les fer, de zinc,decuivre,de plombet d'élain, men- 3 les tarifs de péages ou d'octrois.elqui se ven- Upcsanl(l)).Cesmalicresétaienl travaillées dans
! let chap. I cl siàv. — [2) A. UriqueUHlit. de Kïort, I, 43a.
[est. XI, 32 ; XIII, i/\. Voir ci'dcssous, mfme chapitre au lélaire de Mdic. — (3)Coulume du 1b Sevré [mu- s.) — 0 l'uilier» (xiv* 8.) — Taril'd'cnlrée de i(i4*>-
de nombreuses forges àTépoque médiévale (1). Le chiffre de ces établissements ne cessa de décroître depuis le xv' siècle. On y transformait les minerais de fer en billeltes, barres, mottes 6u ballons d'acier, en laiton, en pots de fer, marmites et quincaillerie (2). On sait combien fut grand au Moyen-Age le renom de Tacier poitevin (3). Il ne nous est rien reslé de précis sur l'organisation de ces forges, dont les rois et les grands seigneurs liraient avant le xvi*^ siècle une partie de leurs revenus (4), ni sur les règlements du personnel des maîtres et ouvriers qui y travaillaient. Le commerce des aciers et des fers resta cependant actif, malgré le déclin de la fabrication indigène. LWngoumois, le Périgord, le Limousin, la Bretagne, le Nivernais, la Bourgogne et l'Espagne (5) suffisaient à alimenter le trafic des marchands ou vendeurs « de billettes d'acier, batterie d'estain, poeslerie, cuivre, airain et de toute œuvre de poids » (6), qui formaient dans les villes, à Poitiers en particulier, une communauté considérable. Ces négociants portent généralement le nom de ferrons, et Ja capitale du Poitou en compte sept vers 1522 (7). Les Hstes de la juridiction consulaire où ils figurenl souvent prouvent qu'ils formaient en quelque sorte Taristocratie des communautés occupées au travail ou au commerce des métau.x communs (8).
(i) Voir ci-dessus livre I'*", cliap. 1er. — (2) Tarifs précités. — Ordoii. munie, du 18 iiov. ifiGO cnumêraut les commrrranls de Poitiers, Ardi, Munie, M. 43, lii'i/» no 18. — (3) Voir ci-dessus, livre I«% chap. I'^ — (4) l^x. domaine d'Alfousede Poitiers à C.hizc (xni»' s.) Arck, liist. Poitou VII, 80. — Druits de l'évcque de Poitiers sur la chàtellenie d'Arit»les. i/|2o, Arch. hisi, Poitou, X, n« i/|4. — Rrccitcs de la forge à fer de cette baronnie xv^ s. 'Vienne, G. Oy. — (5) Onlon. de 1807 et i/|22 sur le prix des marchandises. — Uèçl. gén. de 1078 pour la police du l^oitou. — (0) Termes de Tord on. mun. de Poitiers du 18 nov. 1555, précitée. — (7) Liste des mélicrs de Poitiers, i522, précitée. — (8) Listes des membres de la 'urid. consulaire de Poitiers, xvuc s, Arch. hist* Poitou W, 238.
nls délaillés font défaut au sujet ;ard des forgerons ou ferronniers.
àefaèer et de fetrarius, désignent larchands de fer et les artisans qui Le terme frani^ais d'arers (2), dVi- ', ferronniers, de fèvies (ijs'applicatégorie d'ouvriers. Us ont à Poiilier. la rue Favrouse et celle des res mentionnent un peu partout la s (6), dontcertains, ceux de Thouars lit façonner avec art les ferrures s, des châteaux et des églises, les s ornementscn fer de toute espèce, ient surtout des objets usuels, fers loirs, instruments anitoires, dont tituaienl pour les seigneurs et les tppréciiible de revenus (8). Il est
\s fabri {CMriul. Sl-Maixenl I, aia, 2Q1); J3cl uao Corl. Sl-Hilaire, 1, 106, 2Û5); Actes de 1187 et de 1243) (Ibid. pp. 20G, 9 de iioo) Cart. St-Cypnen, Arch. hnt.
c iiomme aussi faruritts {Boularic p. i36 SDint-Maixeul). — Don de Pierre le ferroo . Arch. hisl. Poitou 11, p. 171. — (a) Ai- Cari. St-Cyprifn, ioc. cit. —(3) Rue des tel,Rédel, Enseignes et tourt de Poitien au t XIX, 451. — (4) Te\les, ciiés ci-dessus; l d'Urbeitler, n»» (21,207, ^78 (ooras de 9 de la ville de Fonlenay i45o, B. FUIon, (5) fl'ifl Fabrilis, FabroruBi (rue Favrouse litaire, l, u°a 259, 265, 269 (iaCi>i265) — ,70). — (6) Voir notes ci-dessus, — (7^ Im- ). - (8) Domaine d'Alfonsc fi Chi2é(i347) iiux, seule lias cl talleorcs) Arch. hitt. Potlé Poitiers (xiv s.) prêches, — Coiii|)tes de BQUS de l'évéïjue de Poitiers à Aagle (ijao}
probable qu'ils se livraient aussi, de concert avec les lormiers, les serruriers et les taillandiers, à la fabricalion et au commerce des doux, avant qu'unecommunauté spéciale, celle des cloutiers, se fut organisée. Les ordonnances de 1307 et de 1422 énumèrent en effet, à côté des fers à chevaux, les variétés de doux alors en usage, doux à lattes, doux à garde, doux chaperés, doux à large tête pour madriers, doux à porte, doux palalerret ou à souliers, et doux à montures (1). Le terme de cloutiers ne paraît guère dans les documents avant le xvn* et le xvm» siècle (2). C'est seulement dans une liste de 1788 qu'ils figurent à Poitiers au nombre de neuf (3), ce qui semble indiquer une spécialité d'origine récente et de faible importance.
On en peut dire autant des ferblantiers, sur lesquels on possède tout aussi peu de renseignements. Longtemps inconnue en France, la fabrication du ferblanc ne s'est guère développée que depuis l'époque de Colbert. On faisait venir ce produit auparavant de l'Allemagne, et l'usage en était restreint. Les taillandiers en faisaient l'application aux plats, assiettes, lampes, lanternes. A Poitiers, une communauté particulière de ferblantiers ne paraît pas s'être formée avant le xviii' siècle. Elle comptait seulement six membres en 1788 ; ils exerçaient aussi sous le nom de ferrailleurs le commerce des vieux fers (4). Avec eux se confondaient alors les lantern^ers, mentionnés dans une liste de 1675 (5). Au contraire, les taillandiers ou fèvres gros-
(i)Ordon. de 1807 sur le prix des marchandises (fers de chevaux, mulets, âoes rarient de 8 d. à 3 d. ; miUier de doux de 7 s. à 4 s. 3 d; fourches de fer i5 à 18 d.) et de 1^22 (prix du millier de clous Go s. à 8 s. ijd.) — (2) Cités dans Tord, de police de Châlellerault, août 17/19. — (3) Tableaux des m^s maréchaux cloutiers, etc., 1788 et 178g. Arch, 4ntiq. Ottest. — (4) Même documents. — (5) Liste des métiers de Poitiers
ESSAI SUR r/ORGANISATION
lient à Poitiers jusqu'au milieu du Moyen-Age. ires citent les noms d'artisans de ce genre dans s régions du Poitou (1). Là où il existait des tés de serruriers, il était intordit nus taiilan- )riquer des serrures, des doux et des ferrures de 1). Les nnarccliaux prétendaient également les
à la production des œuvres blanches, c'est-àos outils tranchants et coupants qui se blanchisiguisent sur la meule, tels que cognées, ébau- ;aux, serpes, bêches, couperets et faux. Mais on lut le droit de travailler aussi k toutes œuvres les, limes, ustensiles de cuisine forgés, et spécelui de ferrer des charrettes, de forger des socs ;e qui sert au jardinage et au labourage ». Le ille de Poitiers leur défend seulement de ferrer s (I et autres animaux portant des fers » (3), Au taient à la fin de l'ancien régime fort peu nom- ; lacapitale du Poitou. Kn 1788, ils s'y trouvaient nombre de cinq (i).
aire, les mayéfbaii.r-ferrnns et grossiers, comme elait à Poitiers, atteignaient au cbilTre de 21 à la
(5), et en 1738, dans une ville moins importante,
•ri. — OrJon, pour IVlnh' de lanlprnes d'érinirage on Poilou, odard I, 287.
! lilatlanders [iziz) RMe 6cn*\cr de l'abti. Sle-Croit de Poî- >. la Hoc. Aniiq. Oiust, p. ui), — Itarbcrea 1. le aUlendier. » I iiiix Sables) et iiulres noms de taillandiers. Cari, d'ihrbes- ^i/(, 2z<j, 233, 236 — uom de taillandier à Olonne (charte de l'wc. d'Emut. Ven-iée 1878. p, 33. — Acte de rémission pour ■ de Vouillé, i38'|. Arch. hist. Poitou XXI, |>. i05. (2) Stoluls s, ci-dessous. — (3) Ordou. munie, de [*oi1iers,4 mars 1O7G, 4) Tableau des maréchaux, etc., 17^, précité. — bla 17:^1, nombre de sepl. {Tnbleau mss de juin 1738, Vienne E, 7, r>). tonl au nombre de 8. Uclib. nmn. Poilîers, janv. i:^-}S. Rcg.
Châlellerault,on n'en comptait pas moins de 15 (1). Le métier est représenté un peu partout dans la province, dès la période la plus reculée. Le souvenir de leur ancienne condition de serviteurs [minlsteriales) des seigneurs, s'est longtemps conservé pour certains de ces artisans. Delà viennent les redevances spéciales appelées coutumes ou servitudes de ferrerie et le nom de maréchaux-ferrants/îe;^é.v(2).Non seulement ils ont le droit de battre et forger le fer pour leur métier, mais encore de faire le trafic de « ferelrie et grosscrie » (3), c'est-îi-dire de vendre toutes sortes de fers de France, de Nivernais, d'Espagne ou d'autres lieux à la livre, et les diverses espèces de fers pour chevaux communs, chevaux de guerre, courteauds ou chevaux de charrette, et pour mulets ou ânes. Ils peuvent aussi tenir les fers de « grosse besogne »,tels que socs, contres, barres, et fabriquer, de même que les taillandiers, toutes « œuvres blanches et noires» (4). Mais leur principale spécialité consiste à « embatter », c'est-à-dire à encercler ou ferrer les roues de charrettes, qu'ils ne doivent pas laisser trop longtemps au-devant de leurs boutiques, au grand dommage de la circulation publique, comme aussi à ferrer les animaux, sans jeter dans les rues le mâchefer, les ordures et immondices
42 f* 94?. — (5) Tableau de 1788. — Ils étaîenl au nombre de 4' en 1788, tableau de juin 1738), et de 28 en 1583 (slatuls de i583 cites ci-dessous), (i) Mém. mss. sur Chàlellerault,parRofFay des Pallu. — En 1578, lors de la rédaction de leurs statuts, ils étaient 19. Parmi eux^ sont compris d'ailleurs les taillandiers. — (2) Droit de 4 fers à chevaux dus au roi par chaque maréchal àMelle. A ff, Poitou 1780, p. 199. Même droit à St-Maixent (comptes d'Alfonse de Poitiers, précités). — Doc. sur les maréchaux-ferransfiefFcs et la servitude de ferrerie, (i394) pp. Marcheçay, Ann. Soc. d'Em. Vendée, 18G4, p. 121. — (3) Statuts des maréchaux de Poitiers (i 583), Vienne, E. 7 5; statuts des maréchaux de Châtell. (i573), Vienne E. 7 1. — Ord. munie, de Poitiers, 4 mars 1C7G. — (l\) Régi. gén. de police de 1678, pour le Poitou (prix du fer 2 s. à 20 d. la livre; des fers à chevaux placés, 5 s. à 2 s.)
lanl de celle opération (1). Ils ne peuvent mettre en que du fer « bon et marchand », tel que celui d'Es- , « afin que les laboureurs et les commerçanla ne ', déçus». Ils doivent savoir bien ferrera la façon allej ou turque [turquoise). Ils sont tenus d'avoir une le pour l'imprimer sur leurs produits, et de visiter es ouvrages apportés par les forains (2). Accessoit, ils ont le monopole de la bouterie, c'est-à-dire de vétérinaire. Ils « médicamentent » les chevaux et le , et pratiquent la saignée (3), en ayant soin, pour rar les règlements municipaux, d'aller porter à la le sang des bêtes qu'ils ont soignées (i). métier des serruriers^ probablement aussi ancien que des maréchaux (5), est l'une des professions qui ré- ■nt le plus de membres. En 1455, ceux de Poitiers, iment de la rédaction de leurs statuts, sont au nombre ;enl578,ilssonH3(6 et en 1665, plus de 18(7). En ils arrivent au chiffre de 24 (8). Leur nom primitif lui de5arr«3ier,etrart qu'ils exercent s'appelle d'abord ruzerie (9). « C'est un métier subtil, disent les statuts 'siècle; «les mauvais et faulxouvraiges qui y peuvent faits notamment es serrures et clefs )i peuvent amelules sortes « de pertes, larrecins et dommaiges ». Les
>rd. de police de 17% pour Châlellerfiult, précitée. — (i) SlaluU de aux de ChAiel'. art. g el lo — des maréchaux de Poitiers, art. 6 (3) Mêmes staluU. Voir aussi le chapitre Xlll du livre 11 au parareialifà l'art vétérinaire.— (4) Ord.de police de Chàtcll. août 17^9. uUUlmus catkenanus (acie de 11Q3) dem. à Poitiers. Cart. St-ffi- . p. 3oï. — (6J Statuts des serruriers de Poitiers i455, Mss St- : r» 91 ; coll. Ponteneau, lome LXXIV, f° 523.— Ordoa. raunic. de 578, Reg. ^2, f* ((44- — (7) Acte d'ass. des serruriers de Poitiers, I 1665, cité dans le Reg. des délib. du corpt de ville, a" 116. — bleau des maréchaux, serruriers, etc. 1788, précité. — (9) Ex.. délib, lu 18 août i5i (, Reg. 1 1 ; et sututs de i/fià.
obligations des artisans qui l'exploitent sont donc nettement déterminées. Il leur est prescrit de ne fabriquer qu'en bon fer les diverses espèces de serrures, en particulier celles qui ferment à deux guichets, et les clefs pour dressoirs ou pour coffres. Ceux qui font des clefs ou contre-clefs en cuivre ou en laiton, ceux qui vendent des serrures incomplètes ou des serrures à demi-tour, dont la bouleroUe n'est pas rivée au milieu, sont également passibles d'amende. Il est interdit de vendre toute serrure neuve qui n'est pas munie des gardes nécessaires . Dans des temps où la police et la sécurité publique sont encore mal assurées, ne faut-il pas de fortes grilles, de forts verroux, de fortes serrures pour les maisons, et de fortes chaînes pour les rues? Une méfiance légitime a fait défendre aussi aux serruriers de fabriquer des clefs ou des serrures pour d'autres que les propriétaires [chiefs de foste/)^^ pour ce que, disent les statuts, « il y seroit grand péril ». De même, les garnitures munies de fer insuffisant sont saisies, « despecées », c'est-à-dire brisées sur le banc de l'ouvrier, et celui-ci est frappé d'une peine pécuniaire (1). Les maîtres jurés serruriers trouventils dans leurs visites des serrures vieilles ou neuves mal réparées, défectueuses, « non dheuement accommodées de « rasteaux, gardes et ressorts qui y doivent estre pour la tt seureté de ceux qui veulent s'en servir » , le délinquant est dénoncé et sujet à l'amende.
Un article spécial, qui se retrouve dans les statuts des serruriers de Poitiers, défend expressément à ces artisans, ainsi qu'aux chaudronniers, aux coffriers « et à tous autres » de fabriquer des clefs sur moules de cire ou de terre « parce
(i) Statuts des serruriers dePoiliers, i453.
'il y choit moull grand péril de corps, el d'avoir ce orrait une personne venir par devers ung orûeubvre autres ouvriers ou leurs apprenlifs, pour faire clefs ou quets et gecler ung moulle, pour quoy l'on pourroit l'dre corps el biens « {!). li n'y a dès lors rien d'étonà ce que la confection d'une bonne serrure pût deman- Line quinzaine de jours (2). Au reste, les serruriers ent fabriquer encore d'autres ouvrages de fer, tels que s, balcons, balustrades, ressorts de voilures, stores presses ou d'appartements, cadenas, qui sont parfois î fini et l'ingéniosité de l'exécution de véritables œuvres Au xvii* siècle,à Poitiers, pour mettre fin aux conleslaentrearmurierset serruriers, les premiers empiétant sur itier des seconds, il fut légalement décidé que les deux lunautés n'en formeraient qu'une, qui à la serrurerie :ait joindre la fabrication et la vente des armes (3). Tie la profession exige une longue expérience et des minutieux, les règlements obligent les serruriers foà soumettre leurs produits à la visite des artisans ur- ; ils prononcent une amende contre les acheteurs qui èrent ces articles avant cette formalité, surtout si les Sreursapparliennentàla communauté des revendeurs de is, écrins et malles (4). Les serruriers de la ville sont
Aimes sUluls. — Onloa. muoii:. de Poitiers, iSavril i633, Reg. 83. }rm. coQtre UDserrurier de Challaaa pour fabrtc. de fausses clefs, •7^9. Vendée It.349. — (') Assertion qui se trouve dans les slatuls rruricrs do Tours ([474). Ordon. da rois, XV/ll, 109. — Ccruinca :s ou cadenas son [d'ailleurs 1res soif^aés, de vrais chefs-d'œuvre spcex.: cadenas décrit par Uitton. Soc. SEmul. Vindée, 1886, p. iS ; 3uU. Anliq. Ouest, 2» série II, 17 et si. Voir aussi dans Fillon el l)TUDe(I'of{ou et Vendée,a'> 36) les usleostles du Moyen- Age fibres. Ordon. munie, de Poitiers iB' déc. iQii. Heg. Ba. — (4) Stalutsdes iers de Poiiicrs, i45!j.
tenus de visiter encore les serrures achetées ou vendues par les huchiers, coffriers, escriniers, malletiers ou autres marchands. Non seulement, les maréchaux et fèvres grossiers ne doivent pas s'immiscer de « besoigner du mestier de sarruserie » (1), mais encore tout serrurier, qui s'avise d'aller forger des serrures dans l'atelier d'un maréchal ou d'un taillandier,est passible d'une pénalité pécuniaire supérieure à celle qui atteint ce dernier (2). Cloutiers, « sarpiers et autres ouvriers qui travaillent en œuvres blanches », n'ont pas le droit de faire « besogne neuve et d'en passer de vieille par le feu, qui dépende » de l'art des serruriers, par exemple des bandes, grillons, gonds, courroies et verges de châlits et de vitres. Les serruriers sont autorisés à exercer leur contrôle à cet égard (3). Si ces artisans ne peuvent empêcher les menuisiers de préparer les fûts ou bois d'arquebuses, dont ils prétendaient se réserver le travail, du moins ils ont obtenu qu'il fût défendu à tous ouvriers du bois, y compris les charpentiers, d'attacher ou de mettre en œuvre, à peine de confiscation et d'amende, toutes pièces de fer nécessaires au bâtiment ou à l'ameublement (4). Enfin, ils ont fait défendre aux ferrons et revendeurs d'acheter de vieilles clefs ou loquets, si ce n'est pour les envoyer aussitôt à leurs forges, où on les fond et met en œuvre (5).
Les statuts des serruriers font mention de la communauté des chauderonniers ou chaudronniers qui dut être l'une des premières organisées en Poitou, puisque la chaudronnerie et la poëlerie figurent parmi les articles du commerce
(i) Ibid. Ordon. munie, de Poitiers iC août i5ii, Reg. ii. — (2) Statuts de i4i>5 (ramcnde est double pour le serrurier) — (3) Ordon. munie, de Poitiers, 11 et i8 avril i633, Reg. 83. — (4) Délib. munie. 16 oetobre i65i, Reg, io3; ordon. des 11 et 18 avril i633. — (5) Statuts des serruriers,
ESSAI SUR L'ORGANISATION époque assez reculée (1). En 1522, les chau- Poitiers sont au nombre de cinq (2). lis se ci avec les fondeurs et les poêliers, là avec les a (3). Dans une requête de 1603, ceux de la oitou prennent le nom de « marchands pois- !urs » (4). Ils travaillent le cuivre rouge ou 1 laiton, fabriquent et vendent tous ustensiles audrons, coquemars, casseroles, marmites el Qe des ouvrages plus délicats, tels que les timnpettes et les cors de chasse. Ils habitent cer- )in des églises et édifices publics. En 1628, lie de Poitiers interdit aux habitants de la rue 3 de loger des chaudronniers dont le travail le service divin (6). Ils ont aussi droit de )our les matières premières de leur métier, vre, métal ou mitraille, dont on interdit au sport hors de la province. C'est ce qui se proil du xvii* siècle, à Tenconlre de marchands i parcouraient le Poitou vendant des poêles et achetant le métal ou la mitraille, au préjuers poitevins. Ceux-ci exercent enûn, en prélire ou du procureur de la police, une sorte ur les marchandises de leur profession mises es forains (7).
iJe Châlelleraull (aualysé par A. Barbier). Jlf^. Anliq. îSg, 434. — Coutume de k Sèvre (xui* s.) — Tarif de la ■«(xiv* B.) — (a) Liste des métiers de Poitiers, i5ïi. — iralions de Poitiers, de St-Maixent, de Chàlellerauil 178g, Keqtiête des marchacds poisliers et Foodeurs de Poitiers, Itre iCo3, lleg. 61. — mf poêliers mcolioanés daus une T i6ib,Reg. ëli. — (5) La me du ChaudroD-d'Or à Poitiers n A une enseiç;nc de chaudronnier. — (6) Délib. munie. Lobre i0ï8, heg. 73. — (7) Ordoo. munie, de PoilicrK^ bre i0o3, Reg. Gi.
Une autre spécialité, la fabrication de la coutellerie, est Tapanage d'un métier dont on trouve des traces dans la plupart des bourgs et villes du Poitou, et qui est exercé, dès la fin du xi« siècle par des femmes aussi bien que par des hommes (1). On sait que Châtellerault a été une des métropoles de cette industrie. Les couteliers de cette ville et du bourg voisin d'Ozon, qui en est une dépendance, sont au nombre de 50 maîtres en 1570, c'est-à-dire à l'époque où ils reçurent leurs statuts (2). En 1738, le chifTre s'en élevait à 120 (3), en 1772 à 236 (4), un peu avant 1777 h 300 (5). Ailleurs, les couteliers sont surtout des marchands qui débitent les ouvrages de leur profession, bien plus qu'ils ne les fabriquent. On voit, par les règlements donnés aux couteliers de Châtellerault et par d'autres documents, que le travail de ces industriels s'appliquait à trois grandes variétés de produits. En premier lieu, ils fabriquaient et vendaient des articles usuels, couteaux communs, grands et petits, ciseaux, rasoirs, qu'ils expédiaient en paquets (6), et que les ouvrières châlelleraudaises allaient ofTrir aux voyageurs avec une insistance qu'Arthur Young qualifie de a sollicitude polie » (7). Certains de ces ouvrages, ciselés avec art, avec des manches d'ivoire rehaussés d'or
(i) Ex. Maria culte Ueri a {cens de iioo). Cart.S^-Cyprien, {Arch.kist. Poi touy m, 38. — Voir aussi /e Livre Noir de Châtell^, op. cit. — Les tarifs de la Sèvre et de la prévoie de Poitiers — les comptes de la ville de Footenay, (i45o), documents précités. — (2) Statuts des couteliers de Châtellerault, 20 mai 1570 {\rch. Mun, de ChâtelL Reg. n^4^i f® 22 ; publiés in extenso par L. Payéi La CouteUeriel\ 102-10/1. — (3) Mém. sur Châtel'. (1788), par Roffay des Fallu. — (4) Ktat du 3 août 1672 cité par Page, p. 128. — (.5) Cahier du tiers-état de Chàtell^ (1789), cité par Page, p. i5i. — (6)StaluUs des couteliers de ChâtelL art. 16-20. — (7) A. Young. Voyage en France , trad. Lesage 1. 86. — Journal deM"^* Gauthier analysé par A. Babeau, Les Voyageurs, p. 325.
îrres précieuses, étaient réservés aux personnarque eL aux souverains ou princes de passage (1). lands couteliers débitaient aussi, avec les ra- ;uir, la poudre et autres accessoires (2). Ils se liplus à In fabrication et au commerce des armes. . vendent au xvi' siècle des épées droites de trois ! quatre doigts de long, des coutelas de deux pieds je grands couteaux pour écuyers, soit forts et à tattue, soit en biseau et coupant des deux côtés, 3 lances de cavalerie appelées azayants armées aux s d'une pointe de fer, des javelines au fer large et xlrémité en forme de crochet qu'on nommait cores dagues, des poignards, des voulges, des haches, lardes et bâtons ferrés (3). Ils produisent enfin les its de chirurgie, tels que les trépans et les lancettes, les bandages pour les hernies et des pessaires pour es des femmes (4). Le monopole de la production vers articles appartient aux couteliers. Il n'est I permis à d'autres qu'à eux de préparer les allutiges et les manches des couteaux (5). La vente lée avec soin. Nuls forains merciers, couteliers ou sont admis à étaler des articles de coutellerie, à déplier leurs paquets, sans avoir subi la visite couteliers, chargés de savoir si les objets exposés is et de bonne estoffe», et « d'éviter les fraudes
'S ainb. veniC, 11, i3i. — Journal d'Héroard, lome 11, — autres ïs par Payé, pp. :22-i33. — (a) AnaoDC« de marrhaDd coûte- ■9, rue N.-D. la Pelile. Af. du Poitou, 1776, p. 52. — (3) oulelier» de ChAtell'. ari. iG.2o, 0 el 7. —(4) Anoonce de cou- -Ëtieune el enseJKDe, pp. GiaM, Bull. Antiq. Ouesl, 20 série 9 — autres aii'ionces, Aflif-hes du Poitou, 177O, p. Sa ; 1774, ) Statuts des couteliers de Cbilel'. art. 17. — Sentence contre rchand à Ghâicll'. 27 fév. 172J, citée par C. Payi, p. laS.
et abus». Exception n'est faite qu'en faveur des petits couteaux de table qui se débitent empaquetés et engatnés comme les produits de la mercerie (i). Le souci d'une bonne fabrication inspire les auteurs des statuts quand ils prescrivent l'inspection des ateliers de coutellerie, la confiscation et la mise en pièces des mauvais ouvrages. Il en est de même de l'obligation imposée aux couteliers de tout fabriquer, jusqu'aux couteaux communs, en bon acier et non en acier cru (2). Il importe aussi d'assurer une production régulière, en permettant à ces industriels de s'approvisionner avec facilité de combustible et de matières premières. Comme tous « les gens de forge », les couteliers ont donc, à Châtellerault du moins, un droit de préférence pour acheter le charbon et le bois, en obligeant les marchands à se contenter d'un bénéfice honnête sur la vente (3). Les négociants qui pratiquent le commerce de l'ivoire, de Tébène, de l'émeri en grains (semillon)^ des barbes de baleine « et « autres marchandises appartenant au métier de coutelier » , sont tenus de prévenir les artisans qui exercent cet art, pour qu'ils puissent se pourvoir les premiers (4). Ceux-ci sont responsables de leurs ouvrages, et, pour ce motif, astreints à les marquer d'une marque spéciale à chacun d'eux, sans qu'ils puissent en avoir plusieurs, sous peine de confiscation et de grosses amendes. Ces marques représentent des croix, des ciseaux, des écus, des fers à cheval, des tiges, des mortiers, des croissants, des pieds de biche, des éperons, des tire-bouchons, des haches d'armes, des canifs ou des
' *Vi
(i) Statuts des couteliers de Châtcll^ art. G et 7, — (2) Statuts des couteliers de ChâtelU, art. 17 et 20. — (3) Statuts des couteliers de Châlell^ art. 18 et 19. — Clauses analogues dans les statuts des maréchaux de Châtell*. et de Poitiers. — (4) Statuts des couteliers de CbàteP. art. 17 et 20.
batloirs, des museUes ou des violons, parfois lires d'hommes ou d'animaux, le sauvage, le mite, le perroquet, la licorne, la tète de bouc, t des initiales, le tout surmonté souvent d'une Le coulelier n'a pas le droit d'en changer et tenu d'avertir le juge de police tontes les fois i commande d'un nouveau poinçon (2). Chajst déposée au greffe sous forme d'une emire, et au siège de la juridiction des métiers. le reproduction exacte gravée ou insculpée sur e cuivre de la communauté des couteliers, iche est pleine, on la renouvelle aux frais de ;s intéressés sont obligés dans un court délai ulper leurs marques (3).
ents du même genre, aussi précis, s'applitiers et potiers d'étain, dont le métier est l'un iens qui se soient formés en Poitou. Une or- 1333 mentionne en effet à Poitiers la présence > de cette spécialité assistés de deux valets (4). trois en 1443 (5) et 10 en 1522 (ti), et parfois rrive aux honneurs de la juridiction consur communauté se maintint jusqu'à l'époque de
s marques des couteliers do ChAtell'. dans Pagi, pful9 des couteliers de Chitlell. arU 8. — OrdoD. du lieu! . !l(e ville, :o mars 17^1. {Page, p. f 19). — Tableau da liers de CbAlell. Bull. Antii/. Oueul, 2* s. lome Ul. — (i) ïùt 176O contre Fleury, graveur, {Page, p. 119.) —{}) g. de police de CMtetl. 4 mars 176g. {Pogi, p. 4iO). — 98 par ex. conteuait Vig marques. — (4) Hégl. coucerl'étaÏQ de l'oiiiers, 19 nvri! i333 Mss SC-ffilaire {• io; XXItl, /* 307. — (5) G. Bapal. Etudei sur t'étain dans '/en-Age, in-S-, 4884, p. 253, — (6j Listes des méliers de - (7) Ex. Ph. Eslrelin, pialicr, juge-coDSulen i654, Arch. loi, — Baumicr, polier d'ëtaîn, ibxd. XV, aoC.
la Révolution (1). Elle vivait du travail de Télain, que Ton employait à la fabrication de la vaisselle et des objets d'ameublement, avant la vulgarisation de la faïence. Il est question, dans les inventairesotaulresdocuments,d'écuelles, de cuillers, de plats d'étain, de disques ou couvercles, de terciers ou mesures, de coupes, de pintes, de chopines, de pots ronds ou carrés, de buyes faites de même matière (2). Sur les dressoirs des bourgeois ou des clercs de fortune moyenne, la vaisselle d'étain remplace les ustensiles de terre des classes pauvres, l'argenterie des classes riches. Les églises utilisent même l'étain pour le mobilier sacre usuel, tels que chandeliers, calices, tuyaux ou pièces d'orgues (3). Les potiers ou pintiers appelés aussi en Poitou picherers [picherenï) (4) ne sont pas libres de fabriquer à leur guise ces produits si répandus. En particulier, la loi n'autorisait, pour les pots ronds, qu'un alliage de 10 0/0 de plomb, et pour les autres ouvrages, elle prohibait même le plomb, n'admettant avec l'étain que l'emploi de la mitraille, c'està-dire de la ferraille fondue (5). Celte prescription était inspirée sans doute par le souci de la solidité des produits, mais aussi probablement par une préoccupation d'ordre hygiénique. L'emploi du plomb en excès dans des ustensiles surtout destinés à la cuisine pouvait être dangereux. Il
( I ) Requête des m*", potiers d'élaîn de Poitiers au Bureau du commerce, î -jlx i msi\,Arch. iVa^F.12,88. — Liste des commun»', de Poitiers en 1788 et 1789 précitées. — (2) Règl. de i333; inv. du chanoine P.Negraud(xvRs.) Cari, St'HUaire I. 355 — vaisselle d'étain volée par des soldats, délib. mun. de Poitiers 9 mai 1622 Reg. 7O — buyes d'étain (xviie s.) Vienne G, 1082 — vaisselle d'élain à l'hôtel du Dauphin i643, Reg. des dél, mun. de Poitiers^ no 9^. — (3) Chandeliers d'étain (1622) dans une és^lise ^coûtent i^ 1/2 chacun), Vienne G, ; i3o4 calice d*étain dérobé ( 1 6o5) j\ Pohiers, Arch, Mun. Poitiers N. 45. — Marché de 1608 p<»ur les orgues de St-Hilaire, Cartul. 11,283-284. — (4) Termes du régi, de i333. — (5) Régi, du 19 avril i333.
Tétait si bien qu'en dépit des précautions Tintoxation saturnine paraît avoir été l'origine de cette fameuse colique du Poitou (1), que les médecins ne purent enrayer avant la substitution de la faïence à la vaisselle d'étain. Les ouvrages qui étaient fabriqués en contravention aux ordonnances étaient saisis et fondus (2). Chaque pintier ou potier est responsable de son œuvre, et pour qu'il puisse être au besoin poursuivi, on l'astreint à apposer une marque, dont une empreinte gravée sur un lingot d'étain est déposée à l'hôtel de ville ou à la police, et l'autre aux mains des jurés du métier (3). La vaisselle d'étain est une des richesses que les voleurs cherchent volontiers à s'approprier. « Pour obvier « à leurs larcins, recélements et ventes clandestines » , il est interdit aux potiers ou pintiers et à tous marchands en gros et revendeurs, et même aux particuliers, d'acheter aucune vaisselle vieille ou neuve fondue non marquée, ou dont les marques et armoiries sont effacées ou déguisées. 11 n'est pas permis de la mettre en vente à moins que ce ne soit par autorité de justice (4), Pour l'achat de la vaisselle d'occasion, il faut demander aux vendeurs suspects leurs noms et pays d'origine, et exiger des garanties (5).
Les ouvriers qui s'occupent de l'armement et de l'équipement militaire forment un groupe qui fut en Poitou bien plus considérable et plus connu que celui des pintiers et potiers d'étain. Ce sont les espéeurs \spatharïi)o\x fabricants
(i) Cochon, StaL delà Viennej p. 44- — (2) Ibid, — (3) Ordon. munie, de Poitiers, 8 juin 16O0, Reg, 1 10. — « Enjoint aux pintiers, dit le règl. gén. de police du Poitou (1678), faire vaisseaux à vin de mesure et les marquer d'une fleur de lys en bosse en lieu apparent, ». — Les potiers d'étain sont aussi tenus de raccommoder la vaisselle, ordon. des 22 et 29 mars lôSs, Reg, n*> 82. — (4) Ordon. munie, de Poitiers, 4 sept. 1637, et 28 juin 1660, Beg, 88 et 1 10. — (5) Ordon. munie. 4 sept. 1687, 21 et29mai i656, Reg. 106.
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d'épées (1), les heaumiers ou fabricants de heaumes, de hauberts, d'écus, de broignes (2), les éperonniers et lormiersou fabricants d'éperons, de brides, de freins (//'^nmi) ou de mors (3), et les fourbisseurs (4). Après avoir joui au Moyen Age d'une réputation très grande^ ces artisans ne paraissent avoir conservé qu'une importance toute locale. Les espéeurs et heaumiers disparurent ou se transformèrent en armuriers^ vendeurs de arnois et dehacquebutes^ comme on les appelle dans un document de 1522 (5). Les fourbis* seurs d'épée et les éperonniers se maintinrent à côté de ceux-ci jusqu'à la Révolution (6), et formèrent avec eux un même corps. Une nouvelle variété surgissait aussi vers le XVI* siècle, celle des arquebusiers (7), et les trois métiers des fourbisseurs, armuriers et arquebusiers finirent par s'unir. Us se confondirent avec les serruriers à Poitiers (8), avec les couteliers à Châtellerault (9), tandis que les éperonniers se rattachaient aux maréchaux (10). Outre les armures pesantes en acier ou en fer nommées arnois^ ces ouvriers, dont plusieurs venaient du dehors, par exemple de Lorraine (li)
(i) Voir ci-dessuK livre !«■* et études de Kèàei,Bull,Antiq,Oue&l i^e série,
XIV, 293 ; Mém, XlXy 454 (rue de la Vieille Espëerie à Poitiers). —(2) Voir
ci-dessus livre I*',chap. 1er — (3) Voir mémechap. — Règlement des éperonniers
de Poitiers (qui sont alors 4)icn i2(}^,MssSt'Nilaire,î^ù5, coll. Fonteneau
XXIII, f» 267. — Hunebertus frenerius (acte de 1 1 00) C art, S t-Ci/prienPoù
tierSt p. 116. — Droits du comte Alfonse à St-Maixent (il y a un lormicr,
lorfnerium),Bouiaric,p.23(}. — (4) Droits du comte Alfonse (unum forbisor
qui forbit enses), ibid, — (5) Liste des métiers de Poitiers (i522) ; ils sont
au nombre de 9 ; ils sont 6 en i r)49,Dclib. mun. de Poitiers 2 1 janv. i549* Reg.
3o. — (6) Audemard, m. fourbisseur d*cpées à Poitiers (acte de 16G9) Vienne
G. 1285. — Requête des 4 fourbisseurs de Poitiers 1706. Arcli, NaL P. 12.
reg". 10, n® 1721. — Mention des fourbisseurs-épcronniers dans les listes des
corps de métiers 1788 et 1789. — (7) Mention dans la liste de i522, dans la
délîb. du 24 juin i64i ; dans celle du 16 oct. 1628, Reg. 79. — (8) Ordon.
munie, de Poitiers, i»r dcc. i63i et 24 juin i64i, Reg, 91. — (9) Page,
p. 145. — (10) Tableau des maréchaux, etc. à Poitiers, 1788, précité. —
(i i) Armurier arquebusier de Stenay établi. Déliù, mun. de Poitiers 24 sept.
19, Reg, 80.
380 KSSAI SUR L'ORGANrSATION
et d'Anglelene (1), fabriquaient et vendaieol aussi des hacquebutes nu .irqtiebuses et couleuvrines à main, des bâtons à feu et des fusils, des épées, des couteaux et des dagues, des piques, javelines et hallebardes, des épieux, pertuisanes , voulges, bracquemars , masses d'armes, haches et poignards, lis pouvaient les dorer, les argenter, les damasquiner, en ciseler les montures, en préparer les fourreaux, enfin les fourbir et remettre en état (2). La communauté des éperonniers-lormiers se consacre à la fabrication des éperons et mors de tout genre, des filets^ bridons, étriers, étrilles, boucles de harnais, qu'elle dore, brunit, élnme. Un règlement de 1265 relatif aux lormiers de Poitiers leur reconnaît aussi le droit de réparer ces produits {ganre opéra fada), et les astreint à répartir entre eux au juste prix ceux qu'ils auront achetés (3). Florissante au Moyen-Age et tant que les mœurs guerrières se maintinrent, la corporation déclina au point qu'en 1788 elle ne comptait plus dans la capitale du Poitou que deux membres (4). Les ordonnances qui concernent ces professions
(i) Dclib. raun. de Poitiers nulor'. un m*, armurier anglais A s'établir prràdc la boucherie eli\ bâtir harnois et cuirasses, 32 mars i^ia.Heg. 65.
— (3) Enumér. du règ^l. de policcde Poitiers de iri4i. — MoDlre ou rr^vue d'Aprcmont (i5a8) ytnn. Soc. d'Emul. Ve«dte, 1878p. i-]l\\ Auber, Un <poii)nard dHXVl' s., Xém. Antiq. Outst,V\\\, i53. — Lettres de g râ cri pour un archer poil ei-in i4fli. {Ann. Soe. (TEmul. Vendi'e 187."), p. 35). — LiiTt décomptes dut. df la PdtisfOnniire (Rd xvi's.}; achat d'un poigD.ird damasquioc chez Picard, fourbisscur dovact la porte du Petit More à Poitiers] (p. 19, pp. L. AmU).— Vente d'armures et d'armes par Th. A. d'Aobiçné (1619) Arch. hisl. Pnitou I, 3a3. — Fusil A double canon inventé par un armurier des Sables el estimé iioo 1. Aff. du Poitou, 1778, p. 4?.
— (3) Règ-Icment de 126"!, précité. — Un bon frein vaut en i3d7, 4a- cl un éperon 4 d. {Ûrdon. dusên. de Poitou, précihk.) — Voir ati point de vue archéologique, tiaudry. Eperons 'tu X au XIU' s. BtiU. Antiq. Ouenti" s. XII, C5-70. — Uécouverles du gué de la Sèvre. Bvlt. Soc, Stat. D.-Sèr:res, 111, 375-277. — (4) Tableau des ouvriers en fer de Poitiers, 1788, précîle (tous deux demeuraient rue Cloche- Perse j,
dans la province paraissent aujourd'hui perdues. Certaines prescriptions qu'on a conservées semblent montrer que la fabrication ou la préparation de leurs produits était astreinte à certaines règles techniques. Ainsi la place, la longueur, le poids du canon, du guidon, de la mire, des tenons de l'arquebuse se trouvaient fixés. Le polissage intérieur et extérieur de l'arme, la nature de la monture en bois de cormier sec sans nœud ni fistule, l'obligation de l'épreuve du canon et de la culasse, se trouvaient indiquées dans les statuts des arquebusiers. Toutes « besognes données àrac- « commoder pour y mettre pièces neuves » ne devaient être réparées qu'avec soin, sans « pièces brazées ne cor- « rompues ». Les armes ne pouvaient être mises en vente sans porter la marque du fabricant (1). D'autres mesures, prises dans l'intérêt de la sûreté publique, interdisaient tous essais d'armes à feu dans l'enceinte des villes, à peine d'amende ou de prison, et prohibaient la vente, le prêt ou la location des harnois, piques, javelines, hallebardes et autres engins dangereux, aux étudiants, gens de métier, clercs, laquais et étrangers, sans autorisation de la police (2).
La clientèle des fondeurs de cloches et des facteurs d'orgues, beaucoup plus restreinte que celle des ouvriers de
(i) Ordon. munie, de Poitiers, 24 juin i64i, Reg, 91. — (2) Régi, de i54i, 1567, 1578, 1682, 1634, 1700, 1733, pour la police de Poitiers et du Poitou, précités. — Régi de police de Chàlel* 1749» an. 26 et 28. — Ord. du présidialde Poitiers, 27 juin 1 7G7 {interdisant de faire épreuves desarmes dans l'enceinte de la ville, de tirer dans les rues, places et remparts aucuns coups de fusil et pistolet). Arch, Antiq. Ouest. — Ord. duprésidial (12 juin 1742), défendant à tous m<**. quincailliers, armuriers, fourbisseurs d'épée, arquebusiers et regrattiers de vendre à des enfants au-dessous de i5 ans, aucunes armes de poche, pistolets, poignards, bâtons invasifs, dans lesquels il y a lames d*épée, ou autres non usités et toujours suspects. Vendée B.777(enreg. de cette ord. au siège des Sables/.
382 ESSAI SUR L'URGANISATION
l'armement, ne se composait guère que des communautés religieuses et du clergé. L'art campanaire a été en Poitou l'objet d'une étude approfondie. Il en résulte que les plus anciennes cloches de la province auraient été placées au IX* siècle à Ligugé, au xiv° siècle, en 1369, à l'église Saint- Léger de Poitiers (1). Le nombre s'en multiplia rapidement, soit dans les édifices civils, tels que le palais de Poitiers, soit dans les édifices religieux (2). Ce furent généralement des artistes étrangers au pays, des Parisiens, comme Jean Osmont, l'auteur de la cloche du gros horloge établi par le duc de Berry, et surtout des Lorrains, qui vinrent installer en Poitou leurs ateliers provisoires ou définitifs. On a relevé les noms de dix fondeurs de Lorraine établis dans la province du xvi* au xviu' siècle (3). A leur école se formèrent les fondeurs poitevins (4). Ces industriels, nommés encore saincliers (du lutin signum), (5) étaient du reste aussi fondeurs d'artillerie et fabriquaient au xv* et au xvi' siècle des grenades, des boulets, de la mitraille, des coulevrines et des canons {6). A Poitiers en particulier, le corps de ville
(i) J. Bertbelé. Reeh. pour nervir à Chittoire dt» arts en Poitou în-S",' iSàç, pp. 200-4^. — Du mdrae, éludes sur diverses duchés , Rev. Poit. et saint, iSgo-tSgJ. — R. Drouauli. Les vieilles cloches , ibid, 1891. — H, Gélio. Les cloches proteslanlcs du Poitou. Bull. hist. protest, franc. iSgt, pp. 585, 653. — (2)Surles fondeurs OsmoDl elllaiiry aux ga^es duducde Berry.Rédel, complet mut. de Pùittcr-,. Méin. Anliq.'Oaesl, VU, ^o^\l, — deChatnpemix, Gaz. Arch. 1887. — Berihclé cite en i45i la cloche de St- Porchaire, ea i^!\h celle de la cathédrale de Poitiers, Rech. pp. 240-24^.— (3) Berlhelé. Reck. pp. 210-220. — Exemple de marché avec aa foudeur lorraJD au xvi« s. (Compies de la fabrique de N.-D. la Grande à Poitiers, Vienne, G. 1286). — (k) V.x. Novioo de Niort en i539, BtrtheU, op. cH. p- 363. —{5) Marais el Ernaull, Elude étymol. sur le mol saiatiers. Bail. Anliq. Ouest, 1897. — (fi) Par et. Et. Bouchard (i4i3-i4ôi) {HrlKeU ,pp. 327, 25o) ; Pierre Bidault, fondeur à Poitiers, qui fabrique des grenades pour le siè^ de Lusigaan (xvi* s.), A. de Champeaux, Dic(. det Fondturs, ciseleurs, doreurs in-16 (1888), tome l", p. 124.
Ai
entretient aux moments critiques à l'arsenal une fonderie et .^
un ou plusieurs fondeurs, qui, avec la poêlerie, le cuivre, la mitraille, livrée parles habitants ou achetée au dehors, sont chargés de fabriquer des boulets de tout calibre, des pièces d'artillerie de tout genre, des arquebuses et des mous- '^
quets (1). Plus tard, la fonte des objets de guerre se con- .^
centra dans les grandes forges de TAngoumois, du Limousin et du Périgord pour la région de l'Ouest. En général, le fondeur est un ouvrier nomade à la recherche decom- i
mandes et qui établit son atelier, soit dans Tarsenal municipal, soit dans le voisinage dequelque forge, ou bien quiconstruit un fourneau temporaire pour ses opérations, souvent ^
à proximité d'une église (2). Les marchés conclus avec les ^^
fondeurs de cloches ou d'artillerie stipulaient un prix variable,suivant que les ouvriers fournissaient le métal ou que le métal leur était fourni. C'est tantôt un prix global, tantôt une ^
rétribution fixée à raison de 100 1. de métal (3). En plus, le fondeur de cloches reçoit souvent une indemnité pour mettre la cloche en place, et une gratification sous le nom de vin du marché (4), Il recueillait de toutes parts le cuivre et
(i) Délib . munie . de Poitiers rel.aux fondeurs et à la fonderie de TArsenal, juin 1674» mai iSyS, 20 mai i58i, avril et 4 juillet i583, 18 mars et j>
i5 sept. i586 (relatives à 2 fondeurs venus de Saumur), 19 janvier, octobre et nov. 1587, 19 juin 1589, 3 s^pt. 1590, a4 aûùt 1098, Reg, 43» 43, 44> 45, 46, 47» 48, 5o, 57. — (2) Berihelé, Rech. p. 255. — Id, Une fonte de cloches au temps jadis, Bull. Antiq. Ouest^ 20 s. V, 159-169. — (3) Marché de juin 1574 avec V^idaud, fondeur d'artillerie (on lui donne d'abord 2s. 6 d. par 6 livre de métal fondu, puis 10 1. par 2000 1. de métal). Reg. des déL mun. de Potiers, n© 42. — (4) Ex, de marchés: Osraont en 1887 reçoit 3oo 1. et le métal, Rédet,Mém. Ant, Ouest Vil, 409. — Marché de i5i5 pour une cloche de i5oo 1. à St-Maixent (20 écus d'or au fondeur s'il fournit le métal, 35 l>dans le cas contraire : le métal est estimé 3 s. la livre) Cart, St'Maixent IL 268-269. — Marché de i539 à Niort (17 1. 10 s. au fondeur par 100 l. de métal fondu ; 70 1. pour la mise en place, 10 s. 6 d. pour le vin du marché). Berihelé^ p. 263. — Marché de 1620 à Vançais (36 1. au fondeur qui reçoit la matière) ibid, p. 3o8, — Procédure de
l'étain vendus ou fournis gratuitement par les habitants de
' 'ince, établissait ses moules à la cire, et avec l'aide
bule de soufflets, procédait à la fonte, opération péniidant laquelle le fondeur et ses auxiliaires ne ménat pas les rafraîchissements (1). Le nombre de ces 3 était si restreint que leurcommunduté parait n'avoir jie que par des coutumes et qu'on n'a encore reaucun règlement qui la concerne.
e des faiseurs d'instruments à vent, luthiers, facj'orgues et de clavecins ne semble pas avoir eu )up de représentants en Poitou. L'Allemagne et les ■es à l'étranger, Paris et Rouen dans le royaume, posnt les meilleurs fabricants. C'est à un facteur norque le chapitre Saint-Hilaire s'adresse en 1608 pour ction de ses orgues (2). Néanmoins, on connaît quelrtistes poitevins qui se consacrèrent à cette industrie le. En 1467,c'esl un facteur d'origine poitevine, Pierre jotfort, prieur de Siiint-Porchaire de Poitiers, qui les orgues de ta chapelle de Ch&teaudun (3). Au ècle, un habile artiste local, Favre, construit les belles I de la cathédrale Saint-Pierre (4). En 1745, dans la se Saint-Paul, l'une des circonscriptions religieuses iiapitale du Poitou, réside Antoine Glockner, facteur les, à qui l'on confie le soin de fabriquer celles de Nome de Niort (5). Ces industriels se chargent générale-
iberg, Fondeur de cloches, coaire le curé de Sl-Jeaa de Bouroeaiu z 1 de Tourniturea (1771). Vendée C. 56. erlhelé. Vite fonte de cloches, elc, pp, 1C0-1O4. — (a) Marché de ur les orgues de Sl-Hilaire. Cart. de St-HilaîreU. — (3) Mention Rev. huit, et Saint, i8i|3, p. 94, — Au xnies. Crespin Carrelier, d'orgues. Arch, hist. Poitou XV. — (4) La Liborlière, Soitv. du 'oitiert, pp. 34, Sa, 38, 63, C6, ',9. — (5) Marché de 1745 «*«: r, pp. Bcrthelé, Uev. Poil, et Saint., iHgo p. 184.
ment à prix fait de construire les tuyaux, soufflets, claviers, et de les placer ; le buffet et la tribune sont montés à part par les menuisiers (1). Jusqu'ici, on a rencontré dans les archives d'assez nombreux marchés de ce genre, mais les détails sur l'organisation elle-même de cette profession font défaut, aussi bien que sur celle des facteurs de clavecins, métier dont on a retrouvé des traces à Poitiers pour le xvif siècle (2).
On ne sait aussi presque rien sur les professions de fontainiérs et d'horlogeurs. Les premiers formaient un corps peu nombreux, puisque les documents les mentionnent très rarement. A Poitiers, il n'en est question pendant près de cent ans qu'une seule fois lors du projet d'adduction des eaux de Tizon sur les places Notre-Dame et du Marché Vieux, où l'on eut un moment l'idée d'établir des fontaines publiques (3). Les seconds n'apparaissent en Poitou qu'au XIV* siècle. On sait que la première horloge étabhe à Poitiers en 1386-1387 sur l'ordre du duc de Berry (4) passa longtemps pour une des curiosités de la ville (5). C'est à celte occasion qu'est cité le premier horloger qui ait probablement exercé son art dans la province. C'était Pierre Meslin, qui fut chargé de construire le mouvement intérieur de l'horloge et les personnages mobiles dont la
(i) Ex. marché pour 3ooo 1. avec Carrelier (xvii® a.) Vienne, G. i34. — Marché de 1602 avec Ourry, Vienne G. i3o4. — Marché de 1745 avec Glockner, ci-dessus cité (il reçoit 2000 1.) , etc. — (2) Un facteur de clavecins, Montuzeaud, vivaîtà Poiliersen 1620. Note sur une épinette poitevine, par A. Tolbecque. BuU. Antiq, Ouest, 2e s. V, 4 16. — (3) Délib. munie, de Poitiers, 19 sept. 161 1, Reg. 08. — Mention d*un^outainier à Fontcnay 171 1. (Comptes d'octroi de Fonlenay, 171 1) Vienne^ G. 58i. — (4) Au sujet des impositions pour leg'ros horloge » 1386-87. Arch, mwi. Poitiers J, 4> 190, 191, 192, 242. — Pilolelle, Le gros horloge {iiulLAntiq. Ouest l'e s. IV, i844), p. 221). — (5) (( Plût au ciel, dit Pantagruel, que je eusse au col les srrosses horloges de Rennes, Poitiers, Tours et Cambrai. » Œuvres //, i3G.
ESSAI Sl'R L'ORGANISATION
m consistait à sonner les heures. Il reçut une pension 3 1. pour veiller à la régularité du fonctionnement de ivel ouvrage {!). Depuis, la capitale du Poitou elles importantes du pays, telles que Saint-Maixent, Fon- Niort, Châtellerault, Argenton, eurent leur horlogeur ipal pour donner des soins au mécanisme des horloiont chacune d'elles tint à honneur de posséder un len (2). Cet industriel était aussi investi des fonctions •de des poids et mesures de la commune, et astreint à ;ter et étalonner(3). Au reste, la fabrication deshorloges irtement et des montres ne tarda pas à se développer. i08, on trouve à Parthenay un « allogeur el faiseur ;es » (4). La nouvelle industrie se répand jusque dans jrgs tels que Yivonne qui ont leurs « orelogeurs » (5). Je Châtellerault sont au xvii' siècle les plus renom- )). Au xviii*, il en est de même des horlogers d'Airel de Saint-Loup (7). Ils font des montres de tout même & répétition, des pendules compliquées à équalonnant les heures et les quarts (8), et ils ont fini par
;det, comptes mua. de Poiiiera, Mém. Anlig. Ouest, Vil, flo<|. — «un, J, i()3, liasse 27. — (2J Comptes desoclrois d« Niort, FooleDav, m (kviii's.) Vienne, C. 578, 582, ^L'horloge de Niort qu'on projeta ■ en 1570 aurait réassemblé à celle de Strasbourg. Dacriplian publiée
Rei>. Poil. elSainl, 1889, 43'4-436. — Arnault, BuU.D.-Sèorei, V , Niort avait uoe liorlogc depuis l'époque du duc deBerry. — Comptes de St-Maixeni 1574. Bull. D.-Sêvres, IIl, 61 (le ^uverneur de l'hor- ;oît i5 1.). — Sur l'horloger de la ville à Chïlellerault (1774), Go- , ao4. — (3) Au mois des offices tenu en juillet chaque année, on
le liluiaire. Reg. dei délib. jnun. Poilien, patsim. — (4) Acte de JD de i4o8. Arck. kist. Poitou. XXVI, 143. — (5) Mention d'un r de Vivonne dans un acte de i6o3, pp. P. de Fleurjr. Nolt tiir ■loge à pendule à Angouléme i8(}i, p. 11. — Clerleau, horIo|^r de mr-Mareuii établit pour 5oo 1. l'horloge de N. -D.de Fantena7(i75i). Ht. el Saint, 1890, p. 74. — ;6)Voir livre I"'' chap. Ut. — ChàtelleailOhorlogera en 1O73, el g en 1738, Vienne E, 71 ; mém. de Rof- 8.— (7) Voir livre 1", chap. IV. — (8) Notice sur Admiraiilt, hor- Thouars. Aff. du Poitou l^^>}, p. 2o4'
joindre à leur commerce celui de la bijouterie (1). La profession est d'ailleurs mal connue. La plupart des documents relatifs à ce métier ont disparu.
On a plus de renseignements sur l'importante corporation des orfèvres. Ils travaillèrent de bonne heure, surtout pour les églises et les abbayes, dans les principales villes du Poitou, telles que Poitiers, Saint-Maixent et Thouars (2). En 1467, les maîtres orfèvres de la capitale du Poitou étaient au nombre de huit (3). Leur chiffre est limité à 15 depuis 1571 (4).I1 y en avait 8 à Châtellerault en 1738 (5). Leur art très apprécié faisait d'eux l'un des corps de métier les plus estimés, et les classait dans la grosse bourgeoisie urbaine (6). Les recueils de chartes, les inventaires des églises ou des couvents et ceux des maisons seigneuriales prouvent la faveur que rencontraient les œuvres d'orfèvrerie, et montrent la souplesse du talent des orfèvres poitevins. On voit figurer dans les trésors ouchapelles des monastères, des chapitres et des cathédrales, une foule d'ornements, chapes de drap d'or pers et rouge, couvertes de pierres précieuses, encensoirs, calices, coupes en argent, soleils, lampes, chandeliers, candélabres, croix de vermeil ou d'argent, calices en or, argent ou ivoire, ciboires et colombes eucharistiques en argent, étain ou vermeil, ostensoirs d'argent doré et émaillé, chapelets de cristal, paix d'argent, d'émail, de nacre et de perles, reliquaires de formes va-
(i) Aanonce (l'uo horlofl^er de Poitiers, ibid.^ 1781, p. 24. — (2) Asco^ aurifex burgenais (xiie s. Cari, ShMaixent l, 288, 3/19). — Boudeaux orfèvre à Thouars [Cart. St-Laon de Thouirs^ p. 278). — Anl. de Buxcron orfèvre à Poitiersxvies. Arch.hist. Poitou, XX.I, /408. — (3) Statuts des orfèvres de Poitiers, 4 janv. 1466-67, Mss Sl-lIUaire f* c^\, — (4) Règl. du 3o août 1571, cité dans un arrêt du Conseil de juin i03oy Reg. desdélib, ntun. de Poitiers, no 81. — (5) Mém. sur Cliàtel. 1738, précité. — (6) *i? des ju<;es consulaires de Poitiers, Arch. hist, Poilou XV, 211 et sq.
recouverts de feuilles d'argent, argentés ou dorés (1).
les églises peu fortunées, l'orfèvrerie moins riche se lose d'objets de cuivre doré ou argenté. Pour les parers, on fabrique ou on décore des gobelets d'or garnis erres précieuses, des plats, écuelles, tasses, pots, baak laver, coupes à boire, salières et flacons, pintes et res, drageoirs, écuelles à vin, chandeliers d'argent ; ijoux de toute nature, chaînes, bracelets, cordelières, >ns, fermails d'or rehaussés de rubis et de perles, cof. l'ivoire ferrés d'argent doré, heures enluminées d'or et r, petits paniers d'or avec fond de diamant, anneaux I de saphirs et d'éoieraudes, fers émaillés, tourets et jrins dorés, agnus, petites croix, patrenôtres d'or, de s, d'ivoire, d'ambre, d'agathe, cages d'argent à mettre ïts, petites cuillères en porcelaine, en écaille de perle, islal, escriploires d'ivoire, coffres, cadrans, pommes ire. croix de jais, bourses de toile d'or, plaques, poii d'épées, garnitures, cuirasses décorées d'or, d'ar-
de pierres fines et d'émaux (2). Les orfèvres savent
icte d'engeg. d'uoe partie du trésor de Si-Hilaire de Poitiera, ia66 St-Hilaire I n" 274.) — De Longuemar. L'église Sl-Hilaire, JfA». Ouest. XXIII. — lavent, du trésor de Sl-Hilaire (1269), Cartul. Il, . — lav. du trésor de la cathédrale de Poitiers (:4o6], pp. Auber. Méir. . . Ouest XVII i4o. — Ipv, du trésor de Noire-Dame la Grande 1667, Vienne G. log^-iogj, — lov. du trésor de N.-D. de 'Foatenay t>^'7) liist. Poifou I. 128. — lav. du trésor de la Maisoa-Dieu de ModIiho- Arch. hiit, Poitou 11. 3i3. — IkrtKelé, Reeh. sur tes arts en Poitou, g (élude sur les reliquaires). — Uarbier de Mootault, Les afcnus Dei inliq. Ouest 2» s. III, 179. — Id. sur divers calices et croix, Uèm. . OuestX.i^g; BuU.D.-Sèortt VlI.aiO; et autres nombreux travaux. Testameot du chanoine Simon de Curzay ia83, Cart. St-Htlaire, 1. . — Inv. des meubles du chflicau de Thouars (1473J, pp. Ledain, pp. .q. — Inv. de' meuble: de François de la Trémoille et cimptes (TÀtine al (i54ï). Nantes iu^ri". 1888— Mém.deLucazeau, orrèvrc à Thouara |io«Bdela Trémoille et de Boisy, pp. Imberl, Butl. D.Sevres.ll, 180. . de M^tde Goélivy à Niort (1537) Mém. Soc. Stat. D.-SivTes 1875 1-307. — Inv.dcs meubles de M. de Stc-Hermbe (i4So), Soc. iTBmvl.
encore monter de grandes pièces décoratives, éperviers, lévriers d'or, statues de saints, et même groupes compliqués, tels que ce parc d'argent doré parsemé de fleurs et de rochers et dominé par un aigle, que la ville de Poitiers ofi'rit en 1540 à Charles-Quint (i). Ces traditions allèrent s'atténuant, quand le goût de Targenterie diminua par suite de la difi'usion de la faïence et de la porcelaine. Les orfèvres « grossiers et metteurs en œuvres », c'est-à-dire fabricants (2), joignirent à leur industrie qui se restreignait de plus en plus à la bijouterie et à la joaillerie courantes, la composition et la gravure des armoiries, le débit de la verrerie et de la bimbeloterie de luxe, et même la vente de la parfumerie et de la ganterie. Ils portent alors le nom de marchands orfèvres-lapidaires-joailleurs et fourbisseurs, car ils s'occupent aussi de la taille et du nettoyage des pierres précieuses (3). Les statuts qui régissent les orfèvres poitevins, datés du 4 janvier i466-67, n'admettent pas que ceux-ci puissent travailler « en forge secrète ». Leur art doit s'exercer publiquement.Des règles techniques leursontimposées. L'orfèvre poitevin est tenu « de n'ouvrer ou faire ouvrer » d'autre métal que de bon or ou de bon argent. Il n'y a d'exception que pour les joyaux d'église^ tels que tombes, châsses, croix, encensoirs. L'or mis en œuvre sera « à la touche de Paris
Vendée 1878, 161. — Reçu de la dame de la Chèse- Vicomte i284i Cart. (fOrbestier no 182. — Reçu d*un anneau d'or orné d'émeraudcs par Hug. de Thouaps (1220), Arck. htst. Poitou, II, 202.
(i) Présents oft'erts à la duchesse de Berry (iSSq), à Jehan Bureau (i446)f à Charles VIII (1487), à François 1er (1620), à Charles-Quinl (i54o) etc. Arch, mun. Poitiers, K. i, 3, 1. 35; Heg, des délib. no 3; série M, rey. 11, 1. 42; Rf^g- de$ déUb, n* 17; BibL Munie. Mss 242, f«>s 77-82. — (2) Nom qui leur est donne à Châtellerault. Mém, de 1738, précité. — Zinzerling sigoale les petites pierres ou diamants faux qu*on savait travailler à Châlcllerault Mém. Antiq. Ouest, 11, i44» — (3) Annonces d'orfèvres. Affiches du Poitou 1773, p. 08; 1775, p. 5; 1780, p. 92; 1781, p. 100.
lelle louche passe tous les ors dont l'on lys, et est chacun marc d'or à 19 carats it employé dans la vaisselle devra être à rains avec 4 grains de remède ou d'al- : les orfèvres parisiens, ceux de Poitiers, 'améthyste son aspect naturel de cristal ! peuvent mettre sous cette pierre prée d'argent ou qu'une feuille de verre ou le pour le grenat, llestdéfendu démettre rubis balai, car autrement on ne pourrait !ur de l'améthyste. Il est interdit de sertir convient de mettre en évidence la cou- "ubis d'Orient ou d'Alexandrie. On n'adteur puisse être trompé sur la valeur des st-il également illicite de teindre l'améres fausses, de mêler au grenat et aux lirrines ou morceaux de verre colorés qui ir et l'éclat des pierres fines auxquelles 'enchâsser tous les ouvrages d'orfèvrerie rec ces verroteries, de décorer avec les îs ouvrages d'or et d'argent. Il n'y a 3ur les grands joyaux d'église où on lents. L'usage des émaux dorés et argent- ;s des croix et pierres fines n'est pas non aille des diamants de verre ou faux diamant prohibée (1). Les ouvrages sortis fèvre doivent offrir toute garantie. Aussi s marquer de trois poinçons, celui du a ville, et celui du seigneur suzerain,
13 de Poitiers, jaDvier 146G-1467. — Cf. sUiluts des Wi, pp. 354 -3&7.
comte ou roi. Les produits de peu d'importance peuvent seuls n'être marqués que du premier poinçon (1). Chacun des orfèvres dépose une empreinte de sa marque à l'hôtel de ville, et depuis le xvii* siècle, il insculpe en outre son poinçon sur la table de cuivre du greffe de la monnaie, en déposant en même temps une caution de 10 marcs d'argent ^2). Les gardes-jurés du métier et ceux de la monnaie visitent les boutiques, vérifient le titre et l'alliage des objets, inspectent les marchands forains, et, assistés d'un officier de police, procèdent aux saisies (3).
Les monnayeurs, dont la profession se rapprochait beaucoup de celle des orfèvres, formèrent longtemps en Poitou un corps de métier puissant. Les travaux remarquables de Lecointre-Dupont, de Poey d'Avant et de Fillon ont éclairé l'histoire de la numismatique poitevine jusque dans les détails. Ces savants ont démontré l'importance de Tatelier monétaire de Melleà l'époque mérovingienne et carolingienne, et étudié les phases du monnayage féodal et royal (4). Ils ont prouvé que la province a eu un nombre assez considérable d'établissements pour la frappe de la monnaie, en particulier à Poitiers, à Niort, à Fontenay, à Parthenay, à
(i) Mêmes statuts. — (a) Rès;\, munie, de Poitiers, i3 juin 1689, 29 nov. 1660. — Arrêts du Conseil prive du Roi conci les orfèvres de Poitiers, i5 juin i63o, 28 avril 1637, Reg- 89 et m. — Rec. Poit. îq-4o, XXI n» 78. — Procès-verbal du dépôt du poinçon de marque des orfèvres de Poitiers sur la plaque de la Monnaie 1752, Vienne, G. 678. — Il est défendu aux orfèvres d'acheter de l'orfèvrerie à des personnes inconnues ou étrangères, Délih. munic.de PoUiers, i4 juillet 1698, Reg. 56. — (3) Ordon. munie, et délib. du 28 juillet 1626 à Poitiers, Reg. 87. — Arrêt du Conseil privé du a8 avril 1637. — (4) Lecointre-Dupont. Essai sur les Monnaies du Poitou, Mém. Anliq. Ouest, HT, 192; VI 2O3-37G; VII 2o3. — B. FïWod, Etudes Numismatiques, Paris i85G, Poey d'Avant, Jlfo/inaies féodales de laFrance, ] 858-02. Voir outre les travaux ci-dessus, Hondier, Lè« If inef de Melle, 1870. — Richard (A). Observ. sur les mines d'argent et Tatelier monétaire
ESSAI SUR fOROANiSATION s {!). Avec le progrès de l'autorilé royale, tendit à r Tunité du monnayage, et c'est ainsi que fut con- , d'abord à Montreuil-Bonnin, puisa Poitiers jusqu'à ie 1757, la fabrication des espèces monnayées {2}. : de l'organisation du métier des monnayeursestloin lussi connue que l'histoire des monnaies poitevines, ipendant retrouvé à Melle, à Niort, à Montreuil, des nlations de l'attirail des fondeurs : creusets en terre fondait le métal, pinces avec lesquelles onle retirait, t marteaux au moyen desquels on te transformait, ers qui servaient à le frapper {3). On fabriquait dans iers des monnaies d'or et d'argent, et des monnaies vre, telles que les deniers, mailles et pites (4). A uil-Bonnin au xiv' siècle, 260 fournaises ou fours cupés à ce travail, et au moment de l'attaque des An- 11346, deux cents ouvriers monnayeurs sont passés memi au fil de répée(5). Ces chiffres peuvent donner e de l'importance des ateliers monétaires poitevins, innayeurs sont groupés sous la direction d'un maître nn aies, assisté de deux ou plusieurs prévôts et de deux îieurs gardes, d'un receveur, d'un tailleur, et d'un
(Revue Numitm. iSgS). — Cet atelier disparut vers la 2« moitié ècle. Bull. Antiq. Ouesl. 2- a. III, 913. D'après Lee. Dupont, Is appelée maille vient du nom de Melle, la pite {quart de denier) da la ou Pictavina. — Il croit (Essai sur let monnaies, p. 333) que de Mellc fonctionna jusqu'à la Bd du xii^ s.
;. Dupont, op. cil, pp. 390, Si^, 33o, 338. — Id. Notice sur l'aieflaire de Niort, aux xii» et xme s. Mim. Anliq. Ouest, XII, 40. ^9. c. DupoDt, Estai sur les monnaies, pp. 236, xSS. — Id. L'ancien 1 monnaies de Poitiers, Bull. Aniiq. Ouest, XI, >Gi. — (3j Notes
sur lea touilles de l'aocien cimelière de N.-D. de Niort, par A. t, Bull. Soc. Stal. beia-Sèvres, V, pp. 457, 701 et sq. — (li) Lee, assainir let monnaies, pp. 338, 343, 352, etc. — (5) Lee. Dupont, " , ilém. Antiq. Ouest, VII, 2il>.2i7,
essayeur (l).Ce sont des fonctionnaires chargés de la police de l'atelier monétaire et de la surveillance de la fabrication. Au xviii* siècle, le personnel supérieur de la Monnaie de Poitiers comprend seulement un directeur, un essayeur, un prévôt, des ajusteursetun lieutenant (2). Ces officierssont désignés par le roi. L'essayeur et le contre-garde auxxvi* et XYU* siècles sont cependant à Poitiers nommés par le maire et le corps de ville parmi les orfèvres professant la religion catholique et de bonnes vie et mœurs; les autres officiers sont présentés au choix royal (3). Un usage ancien, dont rÉtat tire quelques ressources, autorise la mise en ferme de la frappe de la monnaie debillon.On a plusieurs conventions conclues entre Alfonse de Poitiers et un bourgeois de la Rochelle, en vertu desquelles le comte permet moyennant un droit de 3.000 1. par an, la fabrication, à la monnaie de Monlreuil, de 22 à 23 millions de deniers et de mailles (4). Au XVI® siècle, après l'introduction par Guillaume de Marillac de la frappe des monnaies au moulin au lieu du marteau, la fabrication de la menue monnaie, doubles et deniers, est tantôt réservée au maître de l'hôtel monétaire, tantôt affermée à des particuliers. C'est ce dernier cas qui se produit en 1608 et en 1613. Ainsi, un gentilhomme, le sieur de la Grange St- Vivien associé avec un commis du nom de Poizat installe, avec la permission du roi et du garde de la mon-
(i) Mention de maîtres et gardes de la monnaie, Arch. hist. Poitou XI à XXVI {Doc, pp, P. Guérin), — Déiib. du corps de ville de Poitiers au sujet des officiers de la Monnaie, 25 nov. i55o, Reg, 3i. — (2) Lee. Dupont, op. eit, pp. 235, 288. — (3) Au sujet de l'essayeur, contre-garde et autres officiers, délib. munie, de Poitiers, i4 mars i58o, i4 août i586, i4 nov. et 19 déc. i588, ilé'g'.42,46» 48, 23-2O août 1627. Rpg. 78. — (4)Convenlions entre Alfonse de Poitiers et Bernard de Guibergues, bourgeois, i2C5 et 1269-70, pp. B. Ledain, Alf. de Poitiers, pp. 36o, 360. — Autre convention entre le dauphin Charles et Marot de Bétons, échev. de Poiliers(i2 oct. 1419) pour la fabric. du billon moy^ 180.000' par an de ferme. Ordon, des rois^ XI, 23.
naie, des moulins à Pont-Achard et à la porte de Paris (1), oùii frappe quantité de doubles tournois et de deniers pour le Poitou, t'Aunis et la Saintonge. En J656, des ateliers semblables fonclionnent à Lusignan (2)elen 1657 à Châtellerault (3). Ces fabricants particuliers sont d'ailleurs soumis à l'inspection des officiers de la monnaie, et toute fabrication non autorisée est passible des peines lercibles qui frappent les faux-monnayeurs, telles que le supplice de l'eau bouillante, et l'amputation de la main droite (4). La mise en circulation elle-mêmede faux liards ou de faux sols peut entraîner le bannissement perpétuel (o).
Le commerce de l'argent n'est pas, comme l'industrie des monnayeurs, monopolisée entre les mains des agents ou des fermiers du souverain local ou de l'État. C'est un négoce qui jouit d'une liberté, restreinte par l'ingérence habituelle de l'aulorité. Il est question en Poitou, dès le xiii* siècle, de la profession des changeurs [campsofes). On en trouve à Châtellerault. à Poitiers, à Mirebeau (6). Entre 1308 et 1 356, il n'y en a pas moins de cinq dans la capitale de la province,
(i) Déliber, munie, de Poitiers, 7 jaoner 1608; arrêts <Ju cooseil clu roi, mai i6i3, 2S nov. itiiO, 27 février 1G20 et délib. munie, des u janvier 161G, i3 mars 1617, 10 Bobt 1618, 3o août ili;io, 30 août tfiai, i4 mars 1O21, flcff.C3,7o, 71,73, 75, 76.— .4cres capit.de St-Hilnire 1618, Vienne, G. lîiia. — (2) Délib. niUDic. de Poitiers, 20 février i656, Keg. 107, — J. A. Blanchct. L'atelier monétaire de Lusig^nao, flec. Nutnism. 18^, pp. t3i-i33. — (3) P. Bordeaux, Lïards de France frappés par un fermier f^énéral(i055-.18). RetJ. A'umism, i8g8. Il pp. 688 eisq. — (4) Lettres de grAce pour un faux-monnayeur de PartheDay, 1^08, Arch. hist. Poitou, XXVI, 143. — (5) Lettre de l'intendanl Roujaull sur la condamo . du sieur Barbot, 28 juillet 1709, Corre^p. lies contr. gén. Ill, n" 623, — Voir sur la fabrication de la fausse monnaie en Poitou te Mémoire de Colbert lie Croifsy (iCG^) PP- Dugasi Malifeux [Etal du Poitou sous Louis XIV, p. 199). — (0) ,\ndré le cUangeor à Châlelleraull (enquête de ii47, Arcli. kist. Poitou, XXV, 234). — Germain et Larcher, changeurs à Mirebeau. jxive s.) Arch. hist. Poitou XVII, 127; XX, 127, i3i, 160, i6ï;pour ceux de Poitiers, noie suivante.
en relations avec les changeurs des régions voisines et parfois associés (1). Ils exercent, en vertu d'une commission des généraux des monnaies et moyennant une caution de 500 1. (2), non seulement le change des espèces, mais encore la revente du billon, d'où leur nom de billonneurs ^ négoce que leur disputent les orfèvres (3). Comme la monnaie de billon se trouve parfois saucée, c'est-à-dire additionnée de parcelles d'or ou d'argent par son passage dans les creusets, les changeurs établissent même des forges clandestines pour la refonte et Taffînage des deniers et des mailles (4). Au Moyen-Age, le change et la banque sont exercés en Poitou par les Templiers, banquiers au xii* et au xm* siècle des Plantagenets et des Capétiens (5), et par les Juifs^protégés des barons et des rois, dont ils sont la propriété. (6) Ceux de Poitiers et de Niort résident dans une rue spéciale, la rue de la Juiverie (7), obligés de porter sur leurs vêtements, au dos et à la poitrine, une croix de drap rouge de quatre doigts de diamètre, marque dont le comte de Poi-
(i) Actes de i3o8 à i3i8, Arch, hist, Poitou, n» 83,XX, 281,232. — Bouleng-er changeurde Poitiers est l'associé d*un changeur de Bourges, t6tc2 XX 281 (acte de mai i3j6). — (2) Fagniez, p. 253. — <3) Mandement du roi relatif aux changeurs et bi Honneurs de Poitou. (i3o8) Areh. hisl, FoUou, XI, no 18. — Règl. munie. Poitiers, 26 nov. 1665, Reg. 11 5. — (/|) Mandement précité de i3o8. — (5) L. Dclisle. Mém. sur les opérations financières des Templiers. Mém. Acad, des Inscr. 1884. — Ex. Lettres du roi Jean (1214 et 421 5) aux Templiers, Rot litt, pal, pp. i53 et sq.^et autres lettres rel. aux rap^* financiersdes Templiers avec les rois dans les recueils des Rotul. charlaruniy des Roluli littipatentium et des lit terarum clausarum, ainsi que dans le recueil de Skirley , etc. — (0> Léon le juif à Niort protégé du roi Jean Rot, pitt. lai, p. 62 (an 1199). — Lettre de Henri III à la commune de Niort (ia2i) Rot, lut, claus. p. 4^0 (pour la protection des juifs). — ASt-Maixent le comte dePoitouaseul le droit d'avoir des juifs. Bouline, Alf.de Poitiers, p. i36. — De même, le comte de la Marche dans ses domaines, Lilterae comitis Marchiae super Jadaeis (de Lusignan) 1 244-1248, pp. Ledain, Alf, de Poitiers, p. io5. — (7) Rue de la Juiverie à Poitiers (paroisse St-Paul) Ledain, Hi^l.jom. de Pot^i'.rs, p. 86 — existe encore au xviiie s. (acte de 1784, Vienne, C 874). — Une rue de Niort porte encore le nom de rue des Juifs.
tou a seul le droit de les dispenser (1). Tantôt expulsés et spoliés, tantôt traités avec ménagements, ils se maintinrent dans la province, pratiquant le prêt sur gages avec intérêts usuraires, en butte à l'hostilité des chrétiens et cependant considérés comme un élément indispensable de la vie commerciale (2). Au besoin, on les autorise même à exercer librement leur métier et on les aide dans le recouvrement de leurs créances (3).
Au xiv* siècle, la banque de dépôts, spécialité des Templiers, le négoce du papier de commerce et le prêt à intérêt, spécialité des Juifs, enfin le change et le billonnage, deviennent l'apanage des banquiers Lombards. On les trouve établis dans la plupart des villes de la province à Poitiers, Fontenay, Châtellerault par exemple (4), pratiquant l'usure avec autant de supériorité que les Juifs (5), et leur disputant la ferme des taxes royales (6), au reste exploités par les souverains, comme leurs rivaux, toutes les fois que le pouvoir besoigneux est à la recherche de l'argent ,(7). Lorsque plus tard labanque se naturalise en Poitou et esl pratiquée par les Poitevins eux-mêmes, il n'en subsiste pas moins un préjugé contre les banquiers. Ainsi en 1658 divers commerçants ayant demandé la permission « d'ouvrir et tenir
(i) Mandcmenls d'Alfonse au séoéchal de Poitou super facto Judaeorum (i 268-1 269), pp. Ledain, Alf, de Poitiers, pp. 170, 184. — (2) Sur les méoagf. d'Alfonse à leur c$rard, ibid, p. 28). — (3) Lettres du c^o.de la Mar^ che précitées. — Le roi lui-même les emploie : eo 1247 on trouve un Moïse le Juif prévôt royal à Châtellerault (Enquêtes de 1247^ Arch, hist. Poitou^ XXV 234), — (4) Sur la présence de Lombards dans ces villes au xiv« s. (actes dans Arch.hist. Poitou XVII, pp. 11, i4;XX i5, 53, 63, 162). — (5) Voir par ex. une opération de Philippe Lombard de Châtellerault, analysée (acte de i35o Arck. hist, Poitou XX, i3, 63-64. — (6) Ex. Guil. Lombard, garde du sceau royal à Fontenay et fermier de Fi mpôt du sol pour li\Te (i35o) Arch, hist. Po'toUf XX^ 170, i83, i84, 190. — (7) Ex, commission de i35o créée sur le fait des Lombards et qui annule partie de leurs opérations. Arch. hist. Poitou, XX, 63.
banque » à Poitiers, le corps de ville rejette la requête veu la misère des temps » (1). A la même époque, une ordonnance municipale interdisait « de faire amas de monnaie » debillon, prescrivait des visites domiciliaires chez les banquiers, enjoignait à ces commerçants de « bailler deniers à tous ceux qui en voudraient en échange de monnaie blanche » , interdisait enfin le transport des espèces (2). Ces obstacles apportés au commerce des banquiers en gênèrent l'essor si bien qu'en 1789 Poitiers n'avait encore que deux maisons de banque proprement dites (3), avec une maison de commission, qui se chargeait des ventes et achats de marchandises et du recouvrement des effets, moyennant remise de 2 à 1 0/0 (4). Mais il est probable que ces entraves enrayèrent alors fort peu la marche progressive du crédit public. Les officiers de finance, les corps ecclésiastiques, les bourgeois riches suppléaient, sans avoir besoin d'un titre officiel, à la pénurie des manieurs d'argent, en pratiquant sur une large échelle le système du prêt à intérêt.