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tion professionnelle aussi embryonnaire que celle réalisée à Laignelet où par la Fédération du Livre produit ainsi des Sociétés de secours mutuels, des économats, etc...-ne peut-on point légitimement attendre d'une organisation professionnelle légale, complète et générale la création de multiples institutions de prévoyance et d’assistance ?
À l'heure actuelle trop souvent « l'influence que le syndicat peut exercer sur l'organisation et le développement de l'épargne, de la mutualité, de l'assurance, de l'éducation professionnelle quand elle n'est pas mal vue ou honnie est du moins subordonnée, pour ne pas ire sacrifiée, à l'intérêt de la règlementation du travail et du salaire » ({).
. L'ouvrier n’a guère aujourd'hui à compüer sur le syndicat, comme autrefois sur la corporation, pour apprendre son métier, et le placement par les groupements professionnels, qui est une institution éminemment pacifique, est fréquemment détourné de son but pour servir à la tactique de la guerre sociale.
Les partisans de l’organisation professionnelle prétendent que les Conseils professionnels remédieraient facilement à cette décadence de l'apprentissage et contribueraient par l'institution de cours d'instruction technique au perfectionnement professionnel.
Quant au problème si délicat et si controversé du placement ii serait, semble-t-il résolu par l'avènement de notre réforme. « Ce serait », disait M. Challemel-lacour, « la solution complète et décisive de la question, si deux conditions étaient remplies : la première c’est que les syndicats de patrons et d'ouvriers puissent s'entendre pour former des bureaux de placement mixtes ; la seconde serait que ces bureaux mixtes prêtassent leur concours à tous les ouvriers sans exceplion moyennant une légère rétribution imposée à ceux qui ne feraient
(1) FaGniez. Corporations et syndicats. op. cit. p. 117.
pas partie des syndicats, ce. qui serait légitime » (1). Les Conseils professionnels composés d'employeurs et d’employés et élus par le corps d'état nous paraissent devoir réaliser tout naturellement et sans efforts ces deux conditions ! |
Enfin certains sociologues, non contents d'accomplir par la constitution de corps professionnels une œuvre de progrès, soutiennent que l’organisation professionnelle peut faire encore davantage pour la paix sociale en accordant une participation plus large de la maind'œuvre à la répartition des bénéfices. A leurs yeux, c'est le seul moyen d'améliorer la condition de l’ouvrier et tous les autres ne sont que secondaires. Ils ne poursuivent plus seulement le rétablissement de l'équilibre entre le capital et le travail, mais une union étroite des employeurs et employés destinée - remédier aux nombreux inconvénients du salariat.
Ils demandent en conséquence un accord entre un groupe patronal étendu et une union de syndicats ouvriers pour déterminer à chaque instant par une enquête permanente les conditions du marché industriel, mais ne veulent point du système de l'échelle mobile dont nous avons vu les inconvénients en Angleterre et en Amérique.
Leur conception est basée sur la distinction dans tout salaire de deux parties bien distinctes. Une première partie, correspondante au salaire minimum et suffi-
(4) Paroles prononcées au Conseil Supérieur du Travail (P. I. 1891, p. 22), et rapportées par M. RATHERY dans sa thèse : « Etude juridique sur les Bureaux de Placement », soutenue à Paris, en 1904 (Jouve, rue Racine). page 124. L'auteur fait en outre remarquer très justement que le monopole accordé aux “eules organisations ouvrières rétablirait en somme le système de l'ancien régime, tandis que les commissions mixtes rétablissent l'équilibre entre patrons et OUVrIErS MINI!
(2) C'est également l'avis de M. FAGNIEZ (op. cit., p. 230), de M. BEAUREGARD, « Bureaux de Placement », dans Monde Economique (mai 1893), ef PAyYEN « Bourses du Travail », Econ. Franç., (mars 1902).
sante au moins pour nourrir l'ouvrier et sa famille, lui serait due en tout état de cause comme équivalent de la force de travail qu'il fournit toute; il y aurait là toujours une créance privilégiée, exigible par l'employé, en toute hypothèse et avant tous autres frais de production Puis un autre élément variable s’ajouterait à l'élément fixe et correspondrait à la part de l'ouvrier dans la plusvalue procurée au produit par le travail.
Quant à nous, nous sommes évidemment loin d’être opposés à la réalisation de la participation aux bénéfices par l’organisation professionnelle, mais nous estimons que ses partisans feront mieux, pendant quelques années du moins, de consacrer tous leurs efforts à l’amélioration immédiate du sort de l’ouvrier par la création de caisses professionnelles, de retraites et de chômage, de Sociétés de secours mutuels, de coopérative... etc.
L'article 21 de la proposition du 6 juillet les y incite et l’article 20 donne dans ce but aux Conseils professionnels le droit de prélever des cotisations dont le montant constituera une caisse commune.
La paix étant alors rétablie et la condition sociale des travailleurs améliorée grâce aux Conseils professionnels, l’on pourrait peut-être songer à recueillir leur avis sur les modifications à apporter aux lois régissant le monde du travail devenues en bien des cas insuffisantes.
SECTION IV