‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 10 sur 62 · ART. XII. ORIGIWK DU MONDE · texte numérisé non relu

ART. XII. ORIGIWK DU MONDE

« et les périodes des teins : ce sont tous ces rap- « ports qui sont susceptibles de changement et de c( diminution dans les mutations de la nature en- « gendrée; car ce qui a une fois commencé à s’ac- « croître et à s’améliorer , se porte, par sa vigueur « meme, à sa perfection propre; et ce qui s’affai- « blit et décroît, se porte aussi , par sou affaiblis- « sement même , à sa propre destruction; (or, rien « de tel ne convient à l’univers.)

« J’appelle univers et tout , le monde pris dans cc sa totalité; car c’est pour cela qu’il a été nommé «ainsi, parce que c’est un composé régulier de « tout ce qui est ; un sislème ordonné , parfait et « complet de toutes les natures ; car rien n’est hors « de lui. Si quelque chos»î est , il est compris dans « lui ; tout est dans le tout, ou comme partie, ou « comme production. »

Ce coriimencement de l’ouvrage d’Ocellus Lucanus suffit pour faire voir qu’il a cru le monde éternel, et qu’il a fait de tous les êtres sensibles un seul corps qu’il a désigné par le nom to oXov xal TO 'Tuàv, l’univers et le tout, sans distinguer l’intellig,ence de la matière (a).

Timée de Locres, qui a vécu cent ans après lui, l’an 38o avant notre ère (i), s’est donc cru obligé de faire un traité de l’ame du monde ( 2 ), où ildistingue l’intelligence, cause de tout ce qui se fait

(0 Cours de littérature grecque, par IM. Schœll. 11 , 3i3.

(7) Voyez Timée de Locres, de Pâme du monde, avec la traduction de lahbé Ratteux. Paris, lofiS.

44 USAGE DE l’écriture EN GRÈCE.

avec dessein; de la nécessité, cause de ce qui est forcé par les qualités du corps. « De ces deux « causes, » ajoute-t-il , « l’une a la nature du bon, « et se nomme Dieu, 0eoç , principe de tout bien , « l’autre (ou plutôt les autres) qui marchent après « la première, et qui agissent avec elle, se rap- « portent à la nécessité. »

§ III

Opinion de ceux qui ont cru à un premier homme.

XIII. Après avoir indiqué l’opinion, que nous venons d’exposer, Diodore de Sicile ajoute (i): les autres donnent un commencement et une fia à toutes choses , soumettant les hommes à la même loi, et expliquent ainsi la formation' de leur espèce (a). Ce .sistème est celui d’Ânaxagoras que nous appelons Anaxagore, natif de Clazomène, l’une des six villes loniènes , situées sur le golfe de Smirne. Il naquit dans la soixante et onzième olimpiade, commencée l’an 492 avant notre ère, et vécut 72 ans. Diogènes Laërce a écrit ^a vie. Il fut disciple deThalès: c’était un philosophe il-

(i) Livre I , chap. 6.

(a) Voyez dans les OEuvres morales de Plutarque, traduites par Ricard, Paris, 1790, t. XII , le traite' intitulé : Opinion îles philosophes. Plutarque les appelle physiciens ou naturalistes. On a vu (^arl. zi) que Diodore de Sicile dit Physiologues , ce qui est à peu près la même chose.

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