USAGE DE l’ÉCRITÜRE EN GRÈCE
distraire; et par là il arrive que sans réfléchir sur ce que nous fesons, nous agissons de la meme manière que si notre conduite était raisonnée. Il n’y a personne qui ne l’ait éprouvé. Un homme traverse Paris, et évite tous les embarras avec les mêmes précautions que s’il ne pensait qu’à ce qu’il fait. Cependant il est certain qu’il s’occupait de toute autre chose. Bien plus : il arrive meme souvent que, quoique notre esprit ne soit point à ce qu’on nous demande , nous y répondons exactement: c’est que les mots qui expriment la question st)nt liés a ceux qui forment la réponse, et que les derniers déterminent les mouvemens propres à articuler. La liaison des idées est le principe de tous ces phénomènes (i).
Nous connaissons donc par notre expérience , que l’imagination , lors même que nous ne sommes pas maîtres d’en régler l’exercice, suffit pour expliqtier des actions qui paraissent raison nées quoiqu’elles ne le soient pas. C’est pourquoi on a lieu de croire qu’il n’y a point d’autre opération dans les animaux.* Quels que soient les faits que l’on en rapporte, les ^hommes en fourniront d’aussi surprenans, et qui pourront s’expliquer par le principe de la liaison des idées.
En suivant les explicatiotis que l’on vient de lire, on se fait uné'idée nethe'de ce' qu’on appelle
(i) Essai sur l’origine tics connoissances humaines. Amsfenlam,
ART. XXII. CARACTÈRE SPÉCIAL DE LA MÉMUIRE. 83 Vinstinct. C’est une imagination qui, à l’occasion il’ un objet; réveille les perceptions qui y sont immédiatement liées, et, par ce moyen , dirige, sans le secours de la rétlexion , toutes sortes d’animaux (i).