AUX. II. ORIGINE DBS LANGUES. J
versisvolatilibuscœU^adduxitea adAdam,utvideret quid vocarelea; omneenim quod vocavit Adam animæ viv'entis , ipsum est nomen ejusi appellavitque Adam nominibus suis cuncta animantia , etuniversa volatilia cœli, et omnès bestias terra.
« Lé Seigneur Dieii, après avoir fornaé de limon « tous les animaux de la terre et tous les oiseaux «rdu ciel, les fit venir devant, Adam, afin qu’il vît « comment il les nommerait, *et que chacun d’eux a portât le nom qu’Adam lui aurait donné, et a Adam donnaleur nom auxanimauxdomestiques,
« aux oiseaux du ciel, et aux bétes sauvages. »
Avec un témoignage si respectable et si bien . établi de la véritable origine de la société et du langage, comment se trouve-t-il encore parmi nous, disent toujours les théologiens, des hommes qui osent interpréter l’œuvre de Dieu par les délires de leur imagination, et substituer leurs pensées aux documens que l’esprit saint lui-méme , nous a fait passer? A moins d’introduire le pirrhonisme historique le plus ridicule et le plus scandaleux tout à la fois, le récit de Moïse a droit de subjuguer la icroyance de tout horàipe raisonnable, plus que tout autre historien (i).
(i) Encyclopédie, art. Langues (origine des'.
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L'SAGB S£ L’iCRiTUaJC liff GRàCB.
Nécessité des études profanes.
, III. Dans la religion chrétienne , la foi, dit trèsbien Vauvenargues(i), est la consolation des misérables et la terreur des heureux. L’arracher aux uns et aux autres, c’^st leur rendre un bien mauvais service, et ce n’est nullement mon intention ; mais la raison a aussi ses droits (a).
Sans doute si la Genèse était une enciclopédie , si Dieu se fût proposé de nous enseigner l’histoire et la description du monde entier dans cet ouvrage, il n’y aurait rien à répliquer aux assertions formelles des théologiens faites au nom d’une religion sainte que tout nous engage à respecter; mais c’est ce qui n’est nullement vraisemblable. L’étude des sciences ’est nécessaire même pour ’ celle de l’Ecriture sainte, dont elle doit donner l’intelligence(a). «Tous les bons esprits «, dit saint Grégoire de Nazianze (.2) « s’accordent à dire (jue «la science tient le premier rang p^rmi les biens «accordés à la condition humaine. Je ne parle pas « seulement, «ajoute-t-il, « de la science propre à
(i) OEuvres complètes de Vaurenargues. Edition de M. Suard. Paris 1806. II , 7a.
(a) Bibliothèque choisie des pères de l’èglise grecque et latine par Maric-^licolas-Silvestre GuUlon. Paris i 8 a 5 , VI, 4^7. Éloge fnnèbre de saint Basile, par saint Grégoire de Maxianze.
ART. III. wiCESSlTi DES ÉTUDES PROFAKES. 9
c notre ministère, sublime comme lui, laquelle, «dédaignant les vains orncmens du langage, n’a « pour but que le salut des âmes, pour objet' que « ces nobles études qui éclairent la raison et l’in- « telligence; je parle même de cette science étran- « gérer qu’une prévention trop commune parmi « nous, rejette comme dangereuse, n’y voyant « que*les écueils dont elle est semée , et la regar-. « dant comme propre à détournen de la religion. « C’est l’usage que l’on fait des choses qui en dé- « termine l’utilité ou le danger. Bien loin d’être «nuisibles en elles -mêmes, les études, profanes « nous aident à pénétrer plus avant dans la con-; « naissance du divin auteur de la nature; elles « àbaissent, selon l’expression de Kapôtre(i), notre « entendement sous le joug de Jésus-Christ, nous « apprennent à démasquer l’erreur. Gardons-nous « donc de déprimer la science, parce qu’il y a des « hommes qui la négligent; esprits faux et témé- « raires, qui voudraient que tout le monde leur « ressemblât^y^nr se faire de l'ignorance générale « une excu^'dtÉieur ignorance propre,r'et une « sorte de rem part- contre les reproches qu’ils mé- <i ritent. m ■ *■ ^ i.i
< C’est ainsi que parle l’ami et le panégiriste de saint Basile. Pour bien juger l’Écriture sainte, il ne faut donc pas négliger les règles de la critique,
- (i) II* ^pitre de gaint Paul aux Corinthieo*. X , S.
— É]Mtre du même aux Cologgiani. III, 34-
lo USAGE DK l’McRITURF. EN GRÈCE. ,
et il faut étudier la Genèse comme un livre hieto* rique très-respectable sans doute, à tous égards, mais soumis à l’examen de notre raison qui nous a été donnée par Dieu même pour nous diriger en toute occasion. Moïse raconte dans ce livre des événemens arrivés a433 ans avant qu’il naquit. Tel est en effet, selon chronologie d’Ussérius, prisesurle texte hébreu, l’intervalle entre la création du monde, par le récit de laquelle commence la Genèse, et la naissance de Moïse. Le calcul des septante éloignerait encore cette époque, en portant l’intervalle à 4ooo ans. Tel que le donne Ussérius, il est encore presqu’aussi grand que celui de la fondation de Rome jusqu’à nous (i). Il faut lire la Genève dans l’esprit du temsauquel elle a'été composée. Dieu, par l’organe de Moïse, parlait aux juifs leur langage ; il n’avait pas l’intention de leur donner une géographie complète, ni de leur expliquer comment il y avait deS; Antipodes, ni de leur apprendre ce qui s’était passé en Égipte et à la Chine. Les Égiptiens ont tracé leur histoire sur des monumens presqu’impérissables. Les Chinois ont aussi leurs annales, qu’ils étudient avec d’autant plus de soin et de facilité, qu’ils ne sont pas obligés de recourir, comme nous à des peuples étrangers et à plusietirs tangues diffé-
(i) Conjectures sur les mémoires originaux dont il parait que Moïse s’est serei. Bruxelles, i^SS, p. 5. Voyex la suite de ce passage dans l’ouvrage cité.
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rentes. C’est dans leurs propres écrits qu’ils s’instruisent, et ils seraient bien surpris s’ils croyaient que nous voulons leur enseigner leur propre histoire. On peut donc soutenir que Moïse, au commencement de la Genèse, n’a parlé que d’un déluge partiel après lequel s’est conservée la nation dont il donne l’histoire ou plutôt la 'famille dont U rapporte la généalogie. Mais prenant les formes poétiques des premiers historiens* il a transformé oette régénération d’une société particulière en création du genre humain, ces souvenirs de l’homme qui a le courage d’entreprendre le rétablissement d’andennes institutions, en conversations de la Divinité à laquelle le régénérateiir s’associe p>ar ses bienfaits*.
Cette conjecture, pour être énoncée dans le sein d’une Académie aussi respectable que la nôtre, doit être appuyée sur l’autoritéd’un de nos prédécesseurs dont la mémoire nous est encore présente et chère; son nom suffit pour appeler notre attention et même notre assentiment. M. Larcher, qui s’est montré partisan zélé de la religion pendant le cours entier d’une longue vie, s’est cru avec raison suffisam men t autorisé, par diversexemples puisés dans l’Ancien et le Nouveau Testament, à donner les conclusions suivantes. Je rapporterai les propres expressions de cet habile critique.
USAGE DE l’écriture EN GRÈCE.