‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 33 sur 62 · CHAPITRE ,VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE ,VII

ÏNTRODDCTION DE l’ÉCRITURE CHEZ LES PHÉNICIENS ET LES HÉBREUX.

XXXV. L’écriture passa d’Égipte chez les PhénicieDs, aipsi que nous l’apprend Tacite (i). Je rapporterai ici ce passage à cause de son importance pour l’objet qui nous occupe :

« Ce fut d’abord avec des figures d’animaux que a les Égiptiens exprimèrent leur pensée : tels sont «leurs plus anciens monumens historiques, et « ces mpnumens existent encore gravés sur des « pierres (a). Ils assurent aussi qu’ils ont inventé « les lettres (3). Ils disent que c’est de leur pays a qu’elles furent portées en Grèce par les Phéni- «ciens, qui, navigateurs habiles, obtinrent la « gloire d’avoir découvert ce qu’on leur avait en-

( 1 } Annales , XI , i4-

( 2 ) Un monument do ce genre existait encore du tems de Clément d’Alexandrie et de Plutarque qui en parlent tous deux et qui en donnent l’explication. Voyez Clément d’Alexandrie, Stromal, lib.y, p. 370 , et le Plutarque de Hutten, traité d’Isis et d’Osiris, chapitre 3a dans son édition , Xuhingœ , 1792 , p. i45. Ce monument est d’autant plus remarquable , qu’il paraît éthiopien et par conséquent antérieur à l’usage de l’écriture chez les Égiptiens. Voyez ci-après l’art. LI.

(3) TAUeraram semet invenlores perhibenl.

ART.XXXV.DEL’kCH. CHKLES PHIÎN. ETLES HÉB. 1^5

«seigné. En effet,' la tradition générale est que «Cadraos, arrivé sur une flotte de Phéniciens, a enseigna le premier cet art aux peuples de la « Grèce, encore barbares. Ce fut, selon quelques- « uns, l’Atbénien Cécrops, ou le Thébain Linus, «ou, au siège de Troie, l’Argien Palarnèdes, qui «inventèrent les formes des seize lettres; d’au- «tres, principalement Simonides, ne tardèrent « pas à créer le reste de l’alfabet. En Italie, les «Étrusques les reçurent du Corinthien Déma- « rate; les Aborigènes de l’Arcadien Évandre; et « l’on voit que la forme des lettre.s latines est la

« même que les Grecs avaient d’abord adoptée. «Au reste, nous n’eûmes d’abord que quelques « lettres ; les autres sont venues ensuite. » : ' jbj Tacite nous apprend donc qu’avant Cadmos , Cécrops avait porté l’écriture d’Égipte en Grèce, où même Cadmos n’était venu qu’après les Phéniciens dont l’origine est donnée par Hérodote. • Iæs Phéniciens, dit cet historien (i), d’après l’opinion des Perses, quil croit les plus savans dans l’hisloire de leur pays, vinrent parterre des bords delà mer Rouge sur les côtes de la mer Méditerranée (a). Strabou, qui avait d’abord rapporté ce sentiment sans y ajouter foi (3) , convient vers la fin de son ouvrage (4) que les Sidoniens de la

(i) Voyez 800 histoire, I,

(a) Voyez la note de .Mr Xarcber sur ce passage/ Livre I , p. 4 ^ de l'édition de Casaubon ( 4 ) Livre XVI, p. 78}.

l46 USAG£ VE li’^CRnrDRK EN GRÈCE.

mer Méditerranée août uue cckkùiie des babitans du golfe Persique.U est conforme aux anciennes tl'aditioDS et à la marche des peuples Asiatiques qui' SB sont |M>rtés. vers l’oecidciit, que , des habitans 1 de' ld"rmèr' Érithrée et dit gôlfe Persique soient . Venus d’établir sur le» > rivages de la Méditerranée. Il existait endcre^ du tems d’Alexandre, dans le. golfe Persiqvte, une ville nomïBéQ Sidàdoiia (i)ÿ:;qüi était située près du cap Gherd d!aujourd’bui. Il y. avait dans le même golfe File de >7Vr' et celte dont lés noms' ont

aiussi été transportés sur les cdtes de la' Phénicie (a)i D&ns la belle carte qui a été gravée pour la seconde édition dé rExamen critiqué des historiens d’Alexandre' par M. de Saiqte-Croix (â) , £wi> trouvera sur la five gaocbe du golfe Persiq'ue, etversson embouchure dans lë mér Érithrée, lütie ville Sidodofia plUs’bas. sur la rive droite leSiles dé 2^0* et

' [Quant; BU iiotnide Pbdriiciéns uo rouges, que portaient les babitans de Tir ét de'Sidon ,Ul leur Venait «te ki cèuletir ’ rouge des teives et- des rocfaeié '^ui bordent ibie pai^tié du golfé Arabique «tidcBjtôteb iitdridiétiiëles de rArabief couleur que ftiov Jnoivnoo ,(€) loi l'.JtJOi:. ' -ni.:-.

iiui. 'lniiiea, La position «le cette ville est

autrement indiqiiëe dans le vo^ajge de Néarque, traduit de William Vincent, par Rillecocq. Paris an vm, p. 377. • ' '

(3) Note de Mt Gosseltiu' .sur Strirbin dans la traduc.'frânçaise

' de Strabon. I, q4- >7 .'-“^ > ■• . .. . , . . i.ïi.i .

( 3 ) Paris 1804. ‘ M' i .

. vr

ABT. XXXV. DfiX’liCR.CHZK LES PHÉN. ELLES HÉB. \[^’J

l’on retrouve jusque sur les montagnes de l’ile d’Ormuz. Cette espèce de phénomène avait fait donnera toutes les mers comprises entre les côtes orientales de l’Afrique et de l’Inde, le nom de lUer Rouge, que les grecs exprimèrent par le mot Érithrée, et le nom de rouges ou Phéniciens devint commun à plusieurs des peuples qui en occupaient les bords (i). ' ■ ) • I .. .

Il parait que les habitans du goUe Persique «s’établirent d’abord dans la partie la plus méridionalé de l’Arabie Henreuse, où ils furent- appelés Homérites, nom qui , en arabe , signifie la même chose que Phénicien en grec. Ils fixèrent leur demeure sur les bords de la mer à laquelle ils communiquèrent leur nom. ■ i > . • u

Cette nation, s’étant accrue, peupla les côtesfie proche en proche, et l’on voit, près de Hippos, port du golfe d’Ailath ou Ælana , Ahalüès selon Pline (a) , Aralilès selon Étienne de Bizance (3) ^ une ville nommée Phenicum oppidum, ville des Phéniciens. Les Grecs l’avaient ainsi' appelée par ]a même raison qui les avait engagés à donner le noui dé Phéniciens aux Homérites trahspôrtês kur les bords de la mer Méditerranée. De cette ville aux côtes de Phénicie, il' y a deux 'ou trois cens

(i) Noie (le M. Goisellin surSirabon', ilâiis la Ira'dii'dl TrandatSl! de SÎrabon. I , 14. ’ ' „ 4.1 r i. , i

(1) Édition de Franzius VI , 39.

( 3 ) Ce Jernicr noin'est celui que préfdre M.'Brué d*ua laaeconde carte de son atlas, intitulé ; monde connu des Anciens. .

l48 USAGE DE l’écriture EN GRÈCE, lieues, distance qui ne choque en aucune manière la vraisemblance, surtout si, comme le dit Denis le Fériégète(i), les Phéniciens essayèrent les premiers de traverser la mer sur des vaisseaux. Les Espagnols, dansTAmérique septentrionale, ont eu bien plus de chemin à faire pour établir leurs colonies..

IjS Phénicie, que les auteurs profanes confondertt avec le pays des Philistins, en est distinguée par les écrivains sacrés, qui donnent pour limites à la première de ces deux contrées le mont Carmel au midi, qui la -sépare de la seconde; le mont Liban au nord; la Méditerranée au couchant, et une chaîne de montagnes au levant. Ce n’est pas ici le lieu d’en donner la contenance exacte. Ce sujet appartient à la géographie et à l’histoire : j’en parlerai dans un autre Mémoire.

Des Phéniciens et de leur alfabet.

XXXVI. L’origine des Philistins et des Pliénicieus est encore plus difiérente que leur position. La Genèse nous apprend (a) que les deux nations rapportaient leur origine à Cham, fils de Noé; mais Cham eut quatre fils : Chus, Mesraïm, Phuth et Canaan. Les Philistins descendaient de Mcsi aïm,

(i) Oi-bis descriptio , ver* go5.

(i) Chapitre X, verset i5 et siiivaos. .

A.RT. XXXVI. DES PHÉNIC. KT DE LEUR ALFAB. l49

frère de Canaan (i). Les Phéniciens étaient Cananéens, et conséquemment descendaient de Canaan. Sidon, fils de ce dernier, fonda sur la Métliterranée la ville de son nom, qui fut long-tems la capitale de la Phénicie (a). Quant à Tir, la GenèsQ ne parle pas de sa fondation bien plus ancienne que le teins dont elle nous donne l’hisloire, et antérieure au déluge d’Ogigès.* C’est ce que nous apprenons d’Hérodote qui dit (3) Je me transport <c tai à Tir^ en Phénicie; j’y vis. un temple superbe «de l’Hercules tirien; les prêtres me dirent que «ce temple était aussi ancien, que la ville, ^et « qu'il y avait a,3oo ans que ' cette yilfe ét^it « bâtie. M -

Les voyages d’Hérodote sont à peu près de l’an 460 avant notre ère : ;doiic la .fondation,, de [liir, selon l’opinion des Tiriéns eux-raémes^ attestée par rhistorieii grée',' rémôhtè à-l’an ^T^oi'avant notre ère ( 4 ), c’est-A-dire environ cinq^siècles avant lé déluge d’Ogigès, èt cette as^sertioii ,n’éton; liera' pas ceux qui , admettent que riiistoire.d’Égipte commence cinq mille ans ayant , notre ère (5), et qu’elle est précédée. par rhistpirç,,du

( 1 ) Dictionnaire de la Bible par Dom.' Calmet art.' PhiliütinVpA l'auteur 'prëtend qn’ils sont Crëtwis." . r.t •. ’ «v.

. ,( 9 ) L^art de ycrifierlesdates avant ücre chrdtiçpne, cbronoloeie

des rois de Tir. ‘ ‘

(3) Livre 1 1 , § 44- * ’ •'«:.*(*, u •

^4) Chronologie d’Hërodotc par M. Larcher, p. 129 dans Tëdi- (ion de i 8 oa.

(5). Voyez dans le Journal des savans pour le mois desépt. iSaJ*, . p. 558 , le discours prononce' par M . Saint- Martin. ••

i5o USAGE DK l’Écriture en gréce.

règne des dieirasous lesc^^uels a vécuTfaoth » inventeur de l’écriture (arA XXXI).

On convient assez généralement que nous devrons aux Phéniciens , plus commuiiicatifs que les É^iptiens!, l^écriture plfabétique qu’ils ont tirJipsmise aux Grecs ^ de qui nous la tenons, si toutefpis les-Romains et .nous ne l’avUns pas reçue ausei directeroenti des •' Phéniciens. Dans tous les cas i c’est toujours aux Phéniciens qu'il fauü i remonter et que doi« êtroiadressée notre juste r«Cônàa»s« sancé. LUcain! nous en a donné •l’exemple lorsqu’il s'exprime' ainsi dans un poème composé depuis plusieurs siècles (i)» vers l’an 64 de'nojre ère : ' ^

C’iîst de lui que nous vient cet art ingénieux • De pèindre la parole', et de parler aux îeux’; i

•Et , par les traits divers de figures tracée;» , . . h Donner de la coplpur et du cpfps apx pensées. •;

■Gn'a,vu plus haut {art. XXXIV.), que les Phéniciens n’eurent cependant, comme ledit Tacite', un peu postérieur ’d Lucaiu, qpe le mérite de nous enseigner oe qu’ils avaient appris des Egip,tiens, qui sont las véritables inventeurs, peut-être après les Éthiopiens.

Pline, contemporain de Tacite, a reconnu l’obli^ation que nous avions aux Phéniciens en s’exprimant ainsi (a) :

(i) Pbarsale livre IV, vers a3o et i3i , traduction de Brébeuf. Paris, i659,p. 85 .

(a) Livre VIll, chap. 56. R acheva l’histoire naturelle l’an 55

ABT. XXXTT.tD]^ PH^NIG.; ET DE LEDR ALFAQET. 1 5 I!

O Jîai jtof^our» cru que Jes ieittres' so Ut d’origiite'

« assirienne^; priais Içs uns prétendent îqu’eUes ont M été inventées en Égipte par Mercure^- las autres « qu’elles l’ont été chez les Siriens; que Cadmus « apporta dé Phénicie jCn Grèce seize lettres, àüx- <( quelles Paiamèdeslajouta, pendant la guerre de «•îlroiey les quatre süivàiités : E > <><Xi.Le puëte

a Sim'onideS ajdutai les, quatre.autres i Z;^ Ui,

« La valeur de tontes ces lettres se petréUive dans « notre alfabet, Aristote prétend, que dans le prinacipo il y 'avait dix-huit lettres llA, B j r,

M,'iN 4 iOy:II'y ï^' «b, auxquelles

« Épichariue, plutôt qiin {^laniêdesVujouta6,<iX;>

« Suivant i AnticHdès y içs lettresi.fui’Bntünventées <len.£gipte paiir.un certainuAféuoiSv'' quiuze ^anq avant iPhoronée, ieplusarieieh roÜdedalGrèce; «ettil tâche dq le «prouver 'par îles’ ihoniinieUsj aD^uu autre côtéy£pigèneS,'* apteur'dloD grand> w raérite, nous- apprenth-qu^h tarôuve'icheiyles V. Babiloniens des observations âstrnnorniques re^

U rabntant â sepp centi vingt rbillp ans, igrasf^es « sur des briques euites («). Ëéruse et’Cristodèaih,'

« qui .donnent «lé moins de durée àices obeeirgau,

-B'ibiuof'ti?. tr.(|

de notre ère, trad. par M. Ajasson de Grandsagne, I , xi J’ai examine' et discuté ce passage dans les mémoires; potn' serTin& l’bitt- ' toire ancienne du globe , VII, i 4 .Voyex l’ouvrage de M. Grotefeod , intitulé : Mines de l'orient.

(i) J’ai parlé fort au long de ces observations p. 88 — 107 dix tome VIII des mémoires potirservir à l'histoire ancienne du Glube.

' iSl' i:i USA.6E !DE l'McRITORKüEIÏ GRÈCE. / V.i *

« lions , les ftmt remonter à quatre>vingt>dix mille tf ans : d’où l’on voit que les lettres sont de tonte <1 anttiquité;' les Pélasges lesiajipurtèrent dans le

«Latium. »! tfTM ti ' I !■. ..r ' ^ . ,' •>

'/C’est d’après ice passage que. J^ùcelot,. daqs{la Méthode pour; apprendre lai langue grecque (t)/' connue tous le itiom de Port-Rc^al , spécifie lës seize lettres <]U6i Cadraos poi'ta :dei P^nkie lén Gorèbe; il dit jquecesonl : î; ! ir- n;/ :..I )

- A,,B j r. A, E»I, KyA, M,'», O, n, Pj 2, Tyl,n « qui pouvaient suffire pour exprimer tous les sons de la langue^' les huit aufiresiayanr.été inventées depuis a vc^. plus' d’tttilité <{«^ de nécessité..' .:<jM ■■ ctjDe ces I huit, suivant la |iremière tradition rap-* portée: fâi! ‘Plinev quatre :foneivt lajoutées d’abord paTiPàlamèdes .1 Aristote, !qui attribue! dixiliuib lettres àiTalfabeit de Cadmos:y,(bt que deux furent d>’abordiajouléesipar,£p«cbiarme:.ce sont en tdàt viilgt lettres dans des ideux: calculs;! elles, oompo-» saienti^is doute l’athcien alfabet^recr' <>

Ë'iQiiapt ,aux qliàtretlernières) qqirforment l’ai' fabeéùgfecliqtie ^nom: connaissons! pt que nous empl'oyhns encore. aujourd’hui^ elles furent. ajoptées par Simonides.

»r.'L IX , ^ »n-« btiuiO no j lîuj .f ti* . ji» nloa

-(if) Parii ; t 68»- îjK ttjojff ou i.» f» o-c'} 'f'iS i > ottîmi f .

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i«lt . I ?.nui\r,* i ■!’> x,n ^ ‘ u)

tluîTi ‘otîiprim; o iioji.irl i JJ / r-M).! m *.$» 1 U ' üi.i.J

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ART. XXXVIU.Al.FAMT HIÊBREU- f

jî. . ' r

^ " De V Alfabet hébreu. ‘ ‘ ' , . ■

XXXVII. 'Iæs lettres' des Hébreux 'paraissent devoir mieux représenter l’alfabét phénicien , que les lettres grecques, puisqu’elles sont plus an^i' çiiçnnes ■:>

I® jt, a. Ualeph n’a point de son particulier, ainsi que je Tai déjà observé ( ' XXXIII ); il

prend le nom de la voyelle désignée par les points qui l’accompagnent f et il n’est proprement qu’une aspiration presqu’insen^iblç.. wV.vr.. ;>.T ^ '

ii ^ IjSt^beth se .pronqpçe comme, notrq

B quand on y marque au dedans un petit point çt torsqo’il qommenpc'lé mot ^ mais quand ce point ne s’y trouve pas, ou quand ce bèth est à la èri du' mot, 6n le 'prononce' cortinie notre v consonne , ou comme le van hébreu. ' ‘

3® g. Le gimeloa ghimel a le son'de notre G devant lios a, o et aj' et se prononce devant e. et, ;f jdes Hébj^ouç c,op)me ‘la, .première s>Uabe dans ces mots français guéridon guide etc.

‘ '5'®*^'. d; Le’rfàferA'5't'dmme hofre t>.'

Jlllotj liitilj lil. lio/ !lO .V.'4)-il>. !m|I | |t (If-iVO'

(t) Leur origine est caldéenae, et le mot alfabet signiGc écriture assirienne , selon M. Fabre «l’Olivel. f La langue He’braïifne, Paris , 181.S , ai Qn trouyera dans cet oiiyija^e iljos details curieux sur les Icllrcs He'braïqiics.

t54 USA.GB DE L'écBItÜRE ÊH GHÈCR.

5® PI , h. Le ^ n’est qu’une douce aspiration , comme notre h dans honneur j humeur, etc., il n’a point du tout de son à la fin d’un mot ; c’est pourquoi, si l’on exprime les no^^s et les verbes hébreux en caractères français, on ne met point qpe h popr cette lettre, excepté au copoymencemept du mot,; foire voir le, ran^ qu’il tient dans l’alfabet. , , ,

Le vau ou vav est notre v consonne

dans lorsqu’il est Cj^nsQune ; car

au^i quflquefpis, vojeAl«,,pl^ alors U répqqd 4r

notre « voyelle. i;./ ii. i’l

Le zajin on zatn est notre z ou notre'

seiftlre deux voyelles', {5omme dansZacliarie,"misfire, etç.,(i). ,

' S" n 'Méfh‘ ou hheth vaut deux de'

•' ' !■ I kk’ . r,

nos h; il sq, prononce comme il est écrit, ^^eff et n’est qu’iinç aspiratiqn encorç plus, forte que ces haine f ha^arç/f etc,

, 9 ° ,t..Le,fo/Àse prpnonpe .çomrae nofo;^ t. ...

■ io“s, *!' Le iodest nôtre /éonsdnne, comme’

dans 7éjüj;.mais,il notre i

voyelle quand au-dessous on voit un petit point

• ; : ,..‘l ■ tlî >i » r ''î..-. : • J *. ••

(i) Nouvelle Méthode hébraïque. Paris, 1708, p. s.

ARR. XlXTll. ALFABET HÉBREtl. > l55

nommé lUrec, semblable à celui que nous marquons au-dessus de notre i voyelle.

.. ?» .] .L* notre c devant nos a, o,

K, et sé'figùre est la même : ou bien c’est notre ^ devant toiites nos voyêltfes, ■■ '’- i' • > ‘ ^ n ■ '> *<•

• iâ” 1^", 1. iiè lafffèïtVAÜl notre ■ j ■’

' iS^’q,’ m.’Le ibef/i est'notre /nfi '■* ’ ' i > \

’ • i4* j", nV Le m//? est notre 'n. " • > • ■; {•

V, ^5^0,., ®',^e^o/??fiç,3^^^on;de ûotr^e ^

èTîe së ‘trouvé’ iivxc'tïnë'cônîott|tei'*'oomme dans! esprit, enseigner, etc.; ou de notre c devant e , i, comme dans Cécile.

• ’ / ^ I, ! I l.l ’.VT.’ ' . I .m O ‘l, •l'i»... ^ » I. 'f,

*. • »i t / ■7t< . »J" t;. :ui » f »:t : , . â> . i ; .*i ». . j •

*' ** 2 * ’^'l 4 li >. ':i ' : .*

. ; 1 Ije atnrS^lon q^nolquesruosydoit

1 I, ' i ê " t . t, : I / 1 1 • t.» '1. '.(li . i] *1 r

I ngh. ' i; , , ,,

être prononcé commenotre n liquide ou mouillée,^ que nous exprimons , pRr, un et n dans agneaif ^magnifique; selon d’autres, avec une a&pication encore plus forte qué le khet : j^usiéurs lui don-^ nent le .son de,,çes trois lettres .ensemble ngh,; mais cela n’ëst' guère' én usage que chez les Allo-i înands'.' '' '■’?

' *• - • t« •• ÎM. ■ . • ’ 1 ; t ■ M Vf"

' Les Anciens, comme saint Jérôme et les Sep-, tante, ont exprimé cette lettre quelquefois par un g, comme Ôn lé "voit dans Go/wd/rAe'(i),

(i) Dnm Calmet ( traduction HHtfral« dea nom» Hi$br«ux. etc.),

' -I I ..fi" .*''1.^' ■..» '.r‘j liiv.. :

l56 USAGE DE l’écriture EU GRÈCE.

gor\i), etc.ÿ.oü le g représente un aïn, et quelquefois par une simple aspiration; mais, selon tous les juifs modernes d’orient, elle n’a pas plus d’aspiration " que Xàlef , ' Sinon quand ’ elle ‘ se trouve à la fin d’un mot , car alors on le prononce arec une assez forte aspiration/, ou comme une n obscure (i), suivantda pro/iQnçiatiob ancienne, ho-san-na. On parlera plus exactement en disant que le aïn équivaut au double u, comme dans Baal qui s’écrit (a). ,

"17" 2 J p. Lé pé' prononce comme < notre p.

taules îles (fois qu’il renfarmo /Un daghès, ou

• -b / !‘ri

d'apres aaîot Jérôme, a conserTe la traduction de ce nom telle <pie saint Jérôme l’a donnée ; mais lui-méme observe qtie le nom hélireu deeequ'il «ppclIeGomorrhe, i~nDV> estdérivéde bV «m , cemme il lé ‘reconnàtt,‘étdé^^^Û’”•'r^afc; rebéllë, ainsi on doitliré'/imaroA, Téritr.ble nom de la ville en question. Saint Jérôme dit avoir étudié soigneusement l’hébreu. Il a été à Jérusalem (lOur se perfectionner

etnoiisuller, quplquéfois les Rabbins ^(^),Ilaeopié oette faute dans la version des SepUnte où elle se trouve aussi. Elle n’est ni dans le teïté satiiaritain , Pidansla version chaldaïqüe, ni dati^ la versilm siciaiqne. 1 ; ; . .t’.'.l) it.ii"..' ; j .'.y'-.n , • .

^]^lLa méi^.qbservaUona lieu sur •$é^or,qii^ est épijit ainsi dans la yersion d<^ Septante.' Son nom s’écrit hÿlï, c’est-à-dire tscilr. Salùf'Jérôihé' copie encore* la versioh grecque , ée qui Confirme qsi’slinc lisqitqsMii toqjiynrsle te^te hébreutifl conséqqemment qn’U n’a peut-être pas bien su la langue. La prononciation de l’ain n’est donc jias douteuse, et peut être traduite par l’â avec l’o>ccent cir- CdfJfléae'^'tè’a^V-à^iréde ^giié'd'un dcUbld ai Ua 'prônonoiation du

■fplîB'‘^UÈllT|>il»fl<,) rr.i,-'.! -.jtt') ) îuu

(aj Nouvelle Méthode^liébraïque. Paris, 1708, p. 4*

-•.k; çyi wvuuw't-) lii;;: nu/ •) (fo 'n i7f!OD fu*

(a). Voyez la vie do saint Jérôme par Dom Cellier, tome Xde soa histoire de-5 auteurs. I sacrale 11 dit queaaidt JdrôfaeÆl sa traductiott du Pentaleuque sur riichrcu f en Saint Jcapmc avait élc en Palestine en 377 et en 385 .

ART. XXXVII. ALFABET HEBREU. <l 57

connue notre / quand le daghès ne s’y trouve pas, ou lorsqu’il est à la fin et la dernière lettre d’un mot.

I ts. ■

i8* I St. Le tsadé se prononce comme nos

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