‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 39 sur 62 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DES DIVEBSES dfATURES DU PAPIER.

XLV. Lè nombre des végétaux qui ont été employés plus ou moins avantageusement pour tra*ter récriture est fort grand. 'M. Guettard à composé un Mémoire sur les dift'érentes manière^ de fabriquer le papier : On en trouterà l’extrait dans l’histoire de l’Académie des Sciences (i). Je mécontenterai d’observer qu’il y prend le papirus des Égiptiens pour une espèce de chiendent.

Aussi n’a-t-il pas imprimé son Mémoire dans sa collection, quoique composée dfc Cinq assez gros volumes in-quarto , dont le dernier a paru en 1783 (a). Dans aucun de ces cinq volumes, il ne fait même mention de son Mémoire sur le papier. Nous allons passer rapidement en revue les différens végétaux employés pour cet objet.

feuille des divers palmiers a été mise en

(i) Aon^ 174» , p. ng. Il est’toul entier dans le journal economique , aux mois de juillet et d'août igSt.

(i) Miimoires sur diflerentes parties des sciences et des arts. Par M. Guettard , de l’Académie royale des Sciences. Tome cinnuiéme. Paris , 1783.

ART. XtV. DIVERSES NATURES DÛ RaEIER. igS

usage de tems immémoiial. Suidas a éci'it que les Crétois se vantaient; de s’en être .seYvis les premiers , et comme un palmier se dit phénix (çdîviÇ), dé là, selon eni, cette tradition faiisse de Phénix, inventeur des lettres chéz les Ioniens, lès Lidiens, etc. Mais celte découverte, des lettres n’a jamais été attribuée à Phénix, ni aux Crétôis; les ^ Phéniciens en ont seulement transmis l’usage dans la Béotie/d’où il a passé en Ionie, 'cdmme nous l’avons' expliqué (arf. XXXIX).

On se sert encore dans l’Indé dés fSeuilles de diverses espèces de monocotilédones, peu connues.

I>es manuscrits sanscrits et tamoul sont écrits sur de pareil. papier. ■ ' Mt 'fiij i- i...

Les écorces dê frêne , de tilleul , de hêtre , oht autrefois servi à retracer l’écriture. Vénantius Fortunatiis en donne la preuve dans ces vers à Flavus; ^ ! =-Mi’ - i < > <

Scribure quQ patris , discingat fasciafagum -,

Cçrtice dicta legi fit mihi dulce tui.

Barbara Jraxineù pingalur runa tabelUs ,

‘ 'Quodqite papjrrus agit , virgula plana valet.

Paginavel redeat prescripta dolatile charta, etc.

• ■ Isidore de Séville parle en général de ces diverses écorces , et s’exprime ain.si (i): Lider interior tunica corticis, quce ligno cohœret, in 'quo

(i) Origin. VI, i3.

1 9 ^ ; ; ,U$AiCE DE , l’^CIUTDBE EN i GBiCE . . i .. .

antiqui scribebant..... Jntè usum charité^ de Ubri$ arbqrum .voliimina fiebant, « Le Liber est cette « pellicule, cette sor^e de tunique intérieure de «, l’écorce, qui est adhérente au bois, ét sur la-

«i quelle écrivai^tlçs Anciens Avant l’uMgedu

a papier, ces pellicules des arbres composaient J « des volumes , après qu’elles avaient été prépa> U rées, en se roulant les unes autour des autres. « Telle est ,1’étiniologie des . mots livre et voalume.D .{'/ÀLij j .. . ■■■

. ..L’écprce du bouleau a un épiderme qui s’enlève par plaques, et sur lequel on. peut écrire avec facilité; il en est de même' de celui d’un amjrris qualifié par M. Delille papjrrifera>\{i), porte-papier., Si l’existence de cet'arbre inconnu aux naturalistes avant le vo^'age de M. Caillaud, peut être constatée, elle expliquera facilement comment les Égiptiens ont écrit avant qu’ils connussent le papirus, dont la préparation est bien plus difficile. En effet, dans son voyage à Méroé (a), M. Caillaiid paéle d’un grand arbre très- . commun au pays de Bertâl, province de Sennâr, dans la Nubie-Supérieure , fort au -dessins de la Haute-Égipte. Cet arbre, splou M. Caillaud , forme quelquefois des bois entiers ; il ne devient pas aussi l'emarquable par su grosseur c^ue. j^ar t sa hauteur. Le savant naturaliste Delille, dit que cet

' (t) (Centurie des plantes africainet , p.

(i) Paris, 1817, IV, p. 389. ’ '

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