‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 41 sur 62 · Ü3AGÇ DE d’écriture EÏT ‘GRÈCE · texte numérisé non relu

Ü3AGÇ DE d’écriture EÏT ‘GRÈCE

on le perfectionnant , ce qtii fit donner aux diph* ibères amincis le nom de Pergamena ou parclieniins, Us y servirent à écrire les maqusCnts depuis le règne de Ptolémée Philométor jusque vers le troisième siècle de notre ère (i).

Fabrication de V ancien papier.

X 1 .VL Pline, qui est lui>mèrae un Ancien pour iiou^, quoiqu’il soit bien postérieur à Homère,

mérite d’étre consulté ici. Il a voulu transmettre à

la postérité tout ce qui concernait le papirus; et, après en avoir indiqué Tusage, comme nous l’avons vu {art, XD.), voici ce qu'il ajoute :

« ILe papirus croît dans les marais d’Égipte ou « dans les eaux du Nil , lorsque , débordées , elles « demeurent stagnantes dans des creux qui n’ont « pas plus de deux coudées (o mètre 92, c’esttà* « dire près d’un mètre) de profondeur. La racine « est grosse comme le bras, et forme. un «angle înç< cliné sur le nivioamdu soL Sa tige., qui; est triaii- « gulaire,: ne s’élève, pas à- plus de dix coudées a (4 mètres 617, environ quatre mètres et demi); «' elle va en diminuant jusqu’à l’extrémité, 6ù elle « se terminé en panicule semblable à un tbirse , « mais.qui ne contient jjoint de graine , et ne sert

(») Noie du traducteur français de P)in(;. Paris, i83i. 13^,

A»T. XLVI, ÏABRICATIOW DF. l’aNCIEK PAPIER. I99

« qu’à faire des guirlandes pour couronner les U dieujf. Lps indigènes emploient ses racines au (c lieu de lïois, non-seulement pour le feu ( i ) , mais « encore pour faire différens vases de ménage.

K Avec le papirus entrelacé, i|s forment même de petites barques. Le /t^er (c’est-à-dire l’épiderme)

« fournit des voiles, des nattes, des vêtemens,

« des couvertures, des pordes. On mâche la tige « Crue ou cuitç, mais seulenjent }K>ur en exprimer « le jus. Le papirus croît aussi dans la Sirie; on i’y « trouve le long du lac qui donne naissance au « roseau aromatique. Le roi Antigone n’employait « pour cordages, dans sa marine, que le papirus,

« car alors le .sparte n’était pas commun. On a dé- « couvert, il y a peu de tems, que le papirus « des environs de Babilone vaut celui d’Égipte « pour faire du papier ; cependant les Parthes a préférèrent encore de broder leurs lettres sur a des étoffes (a). » . ,

Tout ce que l’on vient de lire se rapporte à la - *

plante du papirus, comme ce qui précède; ce qui suit regarde la fabrication du papier, e|t jé crois en devoir donner le texte : prçeparantur ex eo chartœ, divisa acu in prœtenues sed quàm latissimas philuras ( 3 ), principatus media , calque indè

(i) On l’emjployait pour brûler Ie$ corps movU. Vn^ez Saiimaise Exevcitaliones Pliniame. p. 706.

(z) C. Pltnii /lût. nat, lib. XIII , cap. XXII, et dans d’autres éditions, cap. XI.

( 3 ) Ici ftnit le chap. XI et commence le chap. Xll. Dans les

200 USAGE DE l’ÉCHITORE EW GRÈCE. •

scissures ordine. a Pour former les feuilles de paie pier, ou prend la partie intérieure ou la subie stance du papirus, et, avec une aiguille, on la « partage en plusieurs bandes les plus minces et « les plus larges qu’il est possible. La bande la plus « proche du cœur de l’arbrisseau est la meilleure ; Il ensuite les autres diminuent de bonté à mesure « qu’elles se rapprochent davantage de l’écorc^; « extérieure. » jVIot à mot : a la bande ou lame du « milieu est préférée, et ensuiteselonl’ordredeladi- « vision.»Le motphilura est le nom grec de l’écorce du tilleul, préparée en bandes destinées à servir de papier, tandis qu’ici Pline l’emploie pour désigner une bande intérieure de la substance du papirus. Le mot scissura désigne la formation 'de cette bande par une fente qui la sépare des deux bandes voisines. Il ne s’agit nullement ici d’une écorce, et Pline «n’a mérité qu’en apparence le reproche que lui adresse M. Poiret , savant naturaliste, en ces termes (i) :

« Que la fabrication du papier ait été trouvée '< en ^^pte de tems immémorial , que les au- « teurs qui se sont livrés à cette recherche en K aient fourni des preuves incontestables, qu’ils « se soient attachés à la manière dont on le fabri- « quait, rien de mieux; mais appliquer au papirus « tout ce qu’ils rapportent au sujet de cette fabri-

autres éditions « Icchap.XXIlI commence plus haul i præparantur.

(i) Histoire philoso]>liiquc des plantes. II,

ART. XLVI. FABRICATION DE l’aNCIEH PAPIER. SOI

n cation e»t une erreur , car plusieurs de ces dé- « tails peuvent être contestés par ceux qui con- « naissent le caractère de la famille à laquelle ap- « partient le papirus ; il y a lieu du moins d’y « soupçonner quelque expression impropre : on « enlevait, dit-on, pour fabriquer du papier, les « feuilles minces du papirus ; mais cette composi- « tion de l’écorce par lames ou par feuillets, n’ih- « dique-t-elle pas une plante dicotilédone, coin- « posée défibrés serrées et' rapprochées, mais «point par couches? ce qui me porte à croire « que, dans la description de la fabrication du « papier avec le papirus, on aura fait entrer celle « que l’on employait pour le liber àe quelques-uns « des arbres dont parle Théophraste, au nombre «. de ceux qui habitent les lieus humides, tels que « le saule, le tilleul, le frêne, le' platane, le peu- « plier, etc., dont, en effet, les feuillets de l’én corce étafent admis pour le papier. Plusieurs des « autres usages auxquels on prétend qu’était em- « ployé le papirus, peuvent aussi avoir été con- « fondus avec ceux de la plupart des arbres cités « par Théophraste. »

Il suivrait de ces observations que le papier n’a pü être fabriqué suivant le' procédé indiqué par Pline, et le moderne traducteur de ce savant écrivain ne sait comment le défendre. Les Anciens , trop souvent abandonnés par ceux qui devraient le mieux les connaître, ne sont que trop souvent injustement condamnés. L’assertion générale des

140^ DS l’^CSITURS en G)lèçs.

auteurs ancien^ en faveur du papirus^ les détails très->circonstancié8 donnés par Bernard de Jussieu et le comte de Caylus, qui , sans avoir bien connu la fabrication de l’ancien papier, ont su distinguer celui qui avait été fabriqué en Égipte de celui que l'on fabriquait à Rome (i); auraient dû engager IV). Foiret à suspendre son jugement (a).

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