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Du papier d’ Égipte et des neuf emplois du, papirus.
„ XLVIl. On verra ci-après i^art. XLVIII) que M. Bruce, qui a bien connu le papirus, qui en a fabriqué du papier, a rendu plus de justice à Pline, et a reconnu que cet arbrisseau fournissait plusieurs bandes de papier. J’ai conjecturé (orf. XLIV) que la découverte du papier avait été faite dans la Nubie-Supérieure, en employant l’écorce de Ycpnjrris papyrifera , si commun dans cette contrée , selon M. Cailiaud , et servant encore à écrire des amulettes : mais piiiie pe dit ripn ici qui aU rapport à cet arbre.
Continupus d’étudier le texte de Pline, qui suit la phrase que npua avous rapportée dans l’article précédent, et que npu^ ayons expliquée.
()) Mémoires de Inscriptions, tome XXVl; Mémoire ^léjà cité. .. .. •
ART. XLVU. HEUF BMP1.0IS OU PAPIRUS. ao3 « Ou appelait anciennement A/erai/çMe le papier « consacré. exclusivement aux affaires religieuses. « Épuré par le lavage, il a reçu le nom de papier « Auguste; une seconde qualité prenait celui de M Livie, son épouse; et ce fut ainsi que l’hiéra- U tique descendit au troisième rang. Immédiate» «ment après, venait le papier amphithéiitrique , « ainsi nommé du lieu où on le confectionnait, a Fannius le fabriqua, ensuite avec une telle su- « périorité en l'amincissant , et ajusta si artiste- « ment les bandes entr’ellês , que d’un rang inn férieur, son papirus passa au premier sous le (( nom deFannien (i). L’amphithéâtrique non re- « travaillé garda son ancien nom. Après celui-ci , a vint le papier saïtique, ainsi appelé de la ville U de Sais, où le papirus croissait en plus grande « abondance : il est composé de bandes plus gros» O sières, c’est-à-dire plus rapprochées de l’écorce 4 extérieure. Le lénéotique, qui vient d’mi lieu a voisin , se compose de bandes encore plus pro» 4 cbes tle l'écprcc et^térieure. Ou le vend au poids, U sans avoir égard à la. qualité, L’emporétique ne <1 vaut rien pour écrire,. et ne sert qu’à envelop- « per les autres papiers et les marchandises ; de « là le nom A'einporélique , donné par les iiiar- 4 chauds. Arrive la dernière qualité de papirus ; « l’extrémité de la plante ressemble à celle du
(i) Excepilhanc Homæ Fannii sagax officinay ienuatamque cu^ rioid interpoiatione prinvipalem fecit è pUlf^idy et nomen dédit.
ao4 USAGE DE l’Écriture en grèce.
n jonc , et ne peut être employée qu’à des cordes « qui servent dans l’eau (i). »
On voit qu’il y avait neuf espèces d’emplois du papirus: i® le papier hiératique; a* Auguste; d" de Livie ; 4° amphithéâtrique ; 5” fannien ; 6 " saïtique; 7 * lénéotique; 8 * erïiporétique; 9 * le jonc.
L’hiératique, dont j’ai parlé au commencement de cet article, n’était fabriqué que par les Égiptiens, qui le vendaient difficilement aux étrangers, parce qu’ils craignaient de le voir employé à des écrits profanes ; ils n’avaient plus ce sujet d’inquiétude quand il était écrit , c’est-à-dire employé par les prêtres; c’est ce qui donna lieu aux Romains de l’acheter à titre de manuscrits', et de le débarrasser de l’écriture au moyen dû lavage. Ils se prociirèrent ainsi long-tems ce papier d’élite, qui prit alors le non! de papier consacré ou de papyrus Augustüs, traduction latine du mot hiératique. Il est assez probable que ce surnom A'Augnstus n’avait aucun rapport à Octave, qui ne fut nommé Auguste que plus tard. Cependant, on le prit insensiblement dans ce dernier sens , c’est-à-diré de papier d’Auguste. Ce fut alors qu’on donna à la seconde espèce le nom de papier de Livie. Telle est la conjecture imaginée pour expliquer le mot ablutione qu’on lit dans presque tous les manuscrits. Le père Montfaucon a lu
Digili.: ngic
( 1 ) Pline, livre Xlil , chap. 33.'
ART. SXVII. -NEUF EMPLOIS DU PAPIEÜS. ao5
adukUkme iin ancien- matinscrit, etiD^lechamp admet cette leçon. I^a bibliothèque du roi possède deux manuscrits du quinzième siècle qui la, donnent., M . , il-, i '■ib
) Si i l’on adopte la conjecture dérivée. du noot a^/ut/o/ie, le, papier d’Auguste, constituant lasCr conde espèce, était plus fin que l’hiératique, qu’il fallait laver pour le composer. Cette . finesse le rendit. txès*difficile à, employer , ainsii qu’on 1 1« verra ditus la suite de ce que va dire .Pline. . t.f) Lei jvapierside.-Jjivie, composé des - seconde^ baudes do la «rubstance; du papirus , comme Pline le dira .plus bas,, ne peut conséquemment étr^ confiindu avec, les deusjprè.cédens, qui ne fesaiçnt véritablement qu’une. seule espèce; mais-, yonloir que If s .trois espèces n’en . fissent qu’une, , iCopiipe l’a prétendu Guilartdin , c’est ) aller ‘ cpntre l ie téj moignage de Pline, ainsi, que jojviensde l,e pro.ipver. Aussi Dalecbatnp réfute msément Gujilandi*?» et.prouve: que îles trois i espèces;, étaientt-dUïét rentes,. «unime,jl’eY«itiidéjà, soutenu, Turnèl^e, blâme niai à ‘Propos, à oe;s»jct, par Gidlpndin(i)i On ne peut> sQuteuiir , l’identité du., papier., d’Aur guste etdu papier hiératique^ car on verra dan? l’article, suivant, que çq derqier n’avait .^^qpeonzç doigts, de Jbrgeur,.. tandis que ]es deux premiers avaient treize doigts. Il paraît, que des nqms égip;
I (i) Vojrez la note 4c Dalechatnp , dana le Pline dr Franzius. iipattr, 1781, IV, 7ZI. , i >,li, il , ... .■
io6 ' 'OSÀOk tJÈ L’ÉfcfettDllE ’BN
tiëtiis oht été d’abokd’ adoptés, puis déflàturés k Ronflé. • ' : ' , 1 !:: h
La quatrièroé éspèoé fut ainsi appelée à cause de l’amphithéâtre d’Alexandrie, près duquel oh le fabeiquait; c’est ce qu’a cm le'pèhé Hardouin avec une géande yeaiseMbiance. D’autres oriti* tiques veulent qu’il s’agisse de l’amphithéâtre de Rome où on le débitait.- J ‘ ’ > • -
■La cinquième espèce de papier prit s6ti''nom du célèbre grammairien Quintus Rhemoius Fati^oins Rllémon, qui l’inventa/ Suétone a donné sa vie ail nombre de celles dés grammairiens célèbres ( I ) . Les mots cüfiosâ interpolMiorte, emplOyé-S dans la description' de Pline j' sembleraient indiJqoer' tin nattage des bandes longitudinales et transversales , opération qui devait rendre le pa^pier plus solide, et eh former la prémiére -qualité. S’il tfavait’fait que polir les bandes, son travail n’aUrait eu rien qui lui eût été particulier, ét qui le distinguât de ses prédécesseurs. L’innovation corijectiiréeV’.èxigeant un ’soin 'partâcuber etîinii batttigé pins’ considérablé , par l^éaitrclacement qu*elle' suppose’ expliquerait mieux quje toute antre hipothèse les riibts tsnuàtamque cutiosd'in*^ terpolatione pHncipalemfecit. Mais je népuis dire-, pour le soutenir, que -je connaisse aucun papirns existant de cette forme. ” ■' ’ . ..i;
(ij Voyez l’orthographe d’Altlfe . p. >779; elles Jugemeds des sa- «ans, par Baille!. Paris , 1752. IV, îo 5 .
A.ET. XLVIJI< f AfiRiCAT. DB tAPfth ï/i^PTE.
■ ' La sixièltte eApèCP, d’apirès Phtlô lai-ffiêmcj prenait le noin de Sais, ville de la Ba«^-Égipte,><dont il ne reste plus aujoUrd’hnt que des ruines. Son véritable nofrt est Tstfhan. Elle était riche ; i c’est ce que l’ün comprendra facilement < puisqu’elle était le séjour des rois. On l’a confondue avec Tanis (t). ^ rwi^. noelq ir»
I.ie septième papier, nommé lénétHi^Ué*pa^V6\x% les manuscrits, est appelé ténédtiqüê par' Isi*^ dore (a), qui ajoute que ce nom venait d’Âlexab-^ drie, où ce papier était fabriqué. Il est plus croyable sUr cé point que d’autres qui supposeut que ce nom vient de la ville de Tanis, où ilS' véuleUt qüe sa fabrication ait eu lieu (3). ' '
’ Le huitième est VÿtnpôHtiqtte, ainsi nommé'ilil mot et^pûtitsth . , qui Signifie marché. C’eSt notre papier d’emballage. •! ; n i-- , — !.
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' ‘Détails ' sùi' ta fàhriéàtlBn' dê' /lÀdc/ért pàplèt' ’ ‘ ‘ d’Égiplé', êl^ là tkdnihfe de Tèpratu>èr'. ' ”
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XLVIII. Nous allons voir, toujours avec le secours de Pline, comment on fabriquait ces divers papiers (4).- ' ,r. .
Ik.I . i!,. . ; ) -.i- (■() ' ■ , '
(i) 'l'iMë g^gfNpitiqUé U’UUtOdAtej par M. lAirclier, drt. l’iMiti (*) Livre VI , ihàji. lo. ' ' • i ■’
fî) Note lie Piniianu» dans IVdifion de Ptifië parFraariolt (4) Winfc, livreXIll, «bhp.03. ' '' . < ■
ao8 ' USAGE DE I L’ÉCRiTURE ER GRÈCE. ' , . ,
«,'ï'ous oes papiers se fabriquent sur une table « mouillée de l’eau du Nil ; car, comme cette eau « est trouble, elle tient lieu de colle. D’abord , sur «la, table inclinée, on range. Ifune contre l’autre « des bandes de papirqs aussi Longues qu’on peut « les avoir; on les rogne de, chaque côté, et l’on «en place ensuite d’autres pareilles en travers? « puis .on soumet le^tout à la presse , on sèche ;les «feuilles au soleil, et;on en forme l’assembiag^* «.Les fetiilles voisines du centre sont, toujours les « meilleures, et la.qualité)diininue en s’éloignant «du centre (i).jamaU la main n’en contient plus « de vingt. , IT •
On observe qu’il doit être impossible de rem**, placer, la colle à l’aide de l’eau trouble du Nil ; car elle doit cette, apparence uniquement au limon qu’elle charrie, et nullement à un pHnoipe muci* lagineux. « On s’est imaginé , » dit M. Bruce (a) , « que l’eau du Nil avait \me qualité gommeuse né- «cessaire pour joindre ensemble les diverses «bandes de papirus; mais je puis assurer qu’il « n’y a rign de si faux ; au contraire, il m’a paru «que, de toutes les eaux, celle du Nil était la ■ d;, , ‘I ;•! ; ’i'-’ .lii, ,.m / .1117.1/
fi7 Uktel-'te jtuigiintMr f>roximaivm sen^er l>omU(fv
minutione ad deterrimas. Ce passage iloit éviileinment être e*pl|- «|u<! par le précèdent:, principatns medio, attfue indè scissurar or^ dine. M. Ajasson de Grandsagne fait un contresens évident en traduisant: «Les feuilles extérieures sont toiyours les meilleures , « et la qualité diminue vers le centre. » Il n’a nullroncut compris la fabrication du papier.
(2) Voyage en Nubie et en : Abyssinie , trad.;,par .Castera- Paris, 1391. V , 20.
art. XLVIII. FABRICAT. du PAPIÉR D’ÉbiPTE. 209 « moins propre à hüroecter le papirus, jusqu’à ce « qu’elle eût été purgée du limon qui la rend or- « dinairement fort trouble. J’ai souvent fait de « cette espèce de papier, tant en Âbissinie qu’en «Égipte; et il m’a paru que ce suc doux, contenu « dans la plante elle-même, était la vraie cause de « l’adhérence des bandes; sans doute l’eau que l’on « employait n’était que pour délayer ce suc et le « faire étendre également partout. »
Malgré cette légère inexactitude reprochée à Pline, dont le texte n’a peut-être pas été bien compris, il n’en est pas moins curieux de l’étudier dans son ouvrage , et d’examiner avec lui la largeur des feuilles et leurs différentes qualités. Voici ce qu’il dit à ce sujet : . '
« La largeur des feuilles diffère considérable- « ment : les meilleures ont treize doigts» (on observera que Xcdigitus ou doigt des Romains avait o mètre 01 85 (i); ainsi i 3 doigts étaient o mètre a 4 o 5 , environ deux décimètres et demi ). « L’hién ratique en a deux de moins, «c’est-à-dire o mètre 2o35 ou a décimètres; « le fannien a dix doigts, » c’est-à-dire o mètre t 85 ou 18 centimètres et demi; « l’am phi théâ trique a un doigt de moins ;<» il n’en a conséquemment que neuf ou o mètre i 665 , c’est-à-dire 17 centimètres; «le saïtique en a moins «encore, car il n’atteint pas la largeur du mail-
(1) L'Art lie vériGer les daie^ avaut J. C. Discours prélimi* naire. .. * ,
aïo OSA6B DE L’^CaiTimE EH GHtefi.
«let (i); quant à l’emporétique , il n’excède pas « six doigts, » ou O mètre 1 1 1 , c’est-à-dire qu’il est d’un peu plus d’un décimètre.
« On considère encore dans le papier sa finesse , «sa force, sa blancheur, son poli. Claude enleva «le premier rang au papier auguste, dont la « finesse ne pouvait supporter la pre.ssion du cote lamus,n qui fesait l’office de la plume. « D’ailleurs, « ce papier, étant d’une transparence désagréable « à l’œil , laissait voir les caractères du verso. On «fit donc un papier dont la chaîne était for^ «mée par les secondes bandes du papirus, «t ■'« la trame par les premières. On augmenta aussi '« la lai-geur do papier : elle était d’un pié » (o mètre ag55)fi pour les feuilles ordinaires, et «d’une coudée » (o mètre 4433) a pour les ma- «’crocal/es, » ou feiiiHes de la grande espèce; «mais bientôt 'l’expérience fit apercevoir un dé- « faut , c’est qu’en tirant ce ^and papier de la «presse, les feuilles y adhéraient et gâtaient plu- « sienrs pages. Aussi le papier Claudien fut-il pnv « féré à tous les autres, l’Auguste fut réservé pour « le commerce épistolaire, le Livie garda le se- « cond rang ; ce dernier n’avait aucune bande de
(i) JYec mal/eo suJficU . nam emporeticœ brtvUa* tex Jigitosnon exceifit. II faudrait une périphrase pour eipliqiier nec et nam que je ne traduis pointici. M Uureaude la Malle, mon savant collègue, a composé sur tout ce que Pline dit du papyrus, un Mémoire trèsdctaillé auquel je crois devoir^envoyer ici. Toutes les difficnllés grammaticales y sont résolues avec une grande sagacité.
ART. XLVIII. FABHICAT. DU PAPIER d’ÉGIPTE. 211
«la première ' tranche, toutes étaient de la sc- «conde(i). »
Ce passage de Pline prouve évidemment que le papirus, quoiqu’il /ût un monocolilédon , comme l’observe M. Poiret, avait plusieurs tranches ; c’est ce que conHi rae Bi uce (a), et cette double assertion ne nous permet aucun doute.
Le papier macrocollos ou macrocollis n’était pas fait d’une seule pièce comme le nôtre, mais composé de deux bandes longitudinales que terminaient en haut et en bas deux bandes transversales. Ce papier macrocollos est le major charta de Suétone dans la Vie d’Auguste, et du poète Martial; on lit dans ce dernier (3) : Major charta minorque. Le père Hardouin est le premier qui ait découvert l’analogie du passage de Pline avec ceux de ces deux auteurs (4). •
§IV
Défauts du papier dÉgipte et ancienneté des manuscrits.
XLIX. Je reprends encore le texte de Pline pour examiner les défauts du papier d’Égipte.
/ (i) C, Piinii hut. nat, lib. XiJI . G. d 12 tlanâ d’autres edi-
tioDS.
(a) Voyagoaux sourcesdii NU, II, 19.
( 3 ) Livre I , e’pig. 45 .
(4) MotedePoinsinet dcSivry daussa traüuctioo de Pline. Paris, 177a. V. 67.
âj2 USAGE DE l’ÉCRITÜRE EN GRÈCE.
« Les aspérités du papier disparaissent par l’em- « ploi de l’ivoire ou d’une coquille ; mais alors l’é- « criture ne se conserve pas si long-tems ; car ce « papier lissé ne prend pas si*bien l’encre , il est « seulement plus luisant. Il arrive souvent aussi a que le papier résiste quand on écrit, parce qu’on « lui a donné mal à propos, ou eu trop grande «quantité, l’eau qui lui sert de colle. On connaît « cette imperfection en le battant à coups de maib 0 let pour en exprimer l’humidité , ou même par « la mauvaise odeur qu’il fait sentir. Si la prépa- « ration est plus défectueuse encore , il en résulte . « des taches que l’œil découvre aisément ; mais les « défectuosités qui naissent de l’insertion des filets « étrangers placés dans le collage entre les bandes ,
« et qui font boire le papier, ne sont aperçues « que lorsque les lettres sont tracées et qu’on les « voit se dilater, tant il existe de fraude. On a « donc eu recours à un autre procédé de fabrica- « tion (i). . .
« Ce procédé consiste à employer de la colle « ordinaire, qui se prépare avec de la fleur de fa- « rine bouillie dans l’eau et un peu de vinaigre ;
« car la colle forte et celle qui se fait de gomme ne « sont pas de longue durée et rendent le papier « cassant. Un meilleur procédé, c’est d’employer « de la mie de pain levé, passée à la chausse avec
(i) C. Plinii hist. nat. lih. XIII , C. -35, et 12 dans d’autres L'dilioDs.
ART. XLIX. DÉFAUTS DU PAPIER d’ÉGIPTE^ 9. 1 3
« <)e l’eau bouillante: de là une colle moins épaisse «entre les couches (i), et qui donne un papier «plus lisse que la toile de lin Au reste, la «colle, quelle qu’elle soit, ne doit avoir ni plus « ni moins d’un jour: le papier étant collé, on l’a- « mincit avec le maillet, ensuite on le colle de «nouveau, et, pour faire. disparaître les plis qui « s’y forment, on l’étend une seconde fois sous le « maillet. C’est sur ce papier que 'depuis 'si long- V tems Tibérius et Caïus Gracchus,» morts ^’un l’an i33 avant notre ère, l’autre l’an iaa,« ont «écrit de leur propre' main leurs mémoires,
« dont j’ai vu, environ deux siècles après, l’atito- « graphe chez Pompon ius Secundus ,- citoyen et « poète illustre. Cicéron, Auguste et Virgile s’en « servaient aussi, et nous avons y u nontbre de fois « leurs manuscrits (3). » ,.-,i li
On voit que les défauts du papier d’Égipte ne l’empêchaient pas de se conserver long -tems.
M. Bruce, qui en a fabriqué, fait à ce sujet les observations suivantes: i ; t; ur ;
(l^ Minimum hoc moflo inters^erii'^ cc mot inter^trinm désigne l'espace, tel quel, qu'ucccpe neces.sairement J» colle entre deux *
bandes qu'elle unit e'troiteroent. Vossiua, àAWB son Eiymolo^icon , à l'article inter^erixfus ^ dérivé ce mot d’une inelaphorcpri.se ab intergeriuo parictc. Le pè^re Hardoutn adopte cette ctîmologic,
Vossius deÛDÎt encore Fi/zter^m'uni dans son excellent traite nfe
arle grammatied f lib. 1, cap.i^» •
(a) Aiquéetihm linilcnitas superaturf et non JVili/enitas^ comme ccrivaient les éditions antérieures au pere Hardouin.
(3) C, Plinit hiit, nat. Uh. XIII, C. àtî, et 1*2 dans d'autres éditions. '
Digiîi^r.:; by GoOglc
ai4 USAGE DE l’Écriture en grècb.
« Il y avait de l’avantage à poser les lames (i) «de papirus dans le même sens où elles étaient « avant de les détacher; c’ést-à-dire le dedans vis- « à-vis le dedans, et l’une en long, l’autte en tra- « vers, après quoi l’on posait paiMlessus, l’aisd’un «livre, et on le surchargeait de pierres. Je ne « crois pas que l’eau chaude eAt été bonne pour «humecter les feuilles; mais je sais bien que l’eau « du Nil les rendait toujours rudes et graveleuses: « j’ep ai fait plusieurs feuilles assez unies eh me « ervant d’eau filtrée, telle que je la fesais pré- « parer pour boire : malgré cela, elles étaient tou- « jours épaisses, pesantes, elles séchaient trop « tôt , devenaient raides, et n’étaient jamais blan- « ches. Je n’en ai jamais vu une seule feuille, lors « même qu’elle était nouvelle, qui pût supporter « uii coup de maillet, sans que toutes les (a) fibres « fussent divisées, et je ne ihe suis pas non plus « aperçu que le livre que j’ai et qUi à ihdübità- «’blemeht été fait dansleSaîd, porté l’erUprelutfe a d’un coup de maillet. Un pasààge de PHhle (qiii « vient d’être rapporté), me fait conjecturer qu’on « ne se servait de maillet que lorsqu’on avait be- «soin d’employer une préparation rigoureuse, a c’est-à-dire toutes les fois qu’on laissait sécher « les bandes de papirus avant de les arranger (3).
(i) Le !ra<1iicteiir français Castera dit pelliculea\ mais il traduit mal puisqu’il s’agit de lames de la substance inte'rieure du |>apiriis.
(a) Voyage en Nubie et en Abyssinie. Paris, l'gi. V, ao.
(.1) Id. p. ao.
art. XLIX. DÉFAUTS DU PAPIER d’ÉGIPTE. 'A |5 « Sir Joseph Banks m’a montré un morcesfc de «papier qu’il a eu d’un Italien (i), et qui a été « fait avec du papirus trouvé dans le lac de Tra- « simène. Je ne me souviens pas des. procédés « qu’on a employés pour le faire ; mais je sais « bien qu’il est d’une qualité supérieure à tout « celui que j’ai fait moi-‘méme; qu'’il A plus de «flexibilité que l’ancien pqpier égiptien, et que» «s’il était fiidÿ il répondrait mieux à tous^le^ « usages de notre papier ordinaire (a);
On voit que î Bruce parlouaveo impartialité 'de son travail > et i qu’il n’en 'est que plus croyable quand il dit qu’il a réussi. i.(i <îhoi -vw « • / >> En terminant la dernière citation de Pline clans cet article, nous avoni vu que; ce Savant parle de la conservation d’anciens m’annscri fs sur papier d’Égipte ; il en cite ensuite d’autres il aine antiquité plus reculée, et nommément (3) une lettre écrite par Sarpédon , en date de Tr<»e. JVIucien , trois fois consul, rapportait l’avoir lue étant préfet de Licie. Ce Mucien est Marcus Licinius Mucianus dont le troisième consulat eut lieu l’an yS de notre ère (4), dans le teins même où Pline écrivait son immortel ouvrage; son témoignage pourrait difficilement être récusé.
Les Savans français qui ont été en Égipte ont
'(■) Voyages en Nubie et en Abyssinie. Paris, 1791. V, 19.
(a) IJ. p. ao. ^
( 3 ) C. Plinii hist. nat. , chap. vj ou i 3 .
( 4 ) ThéoJ. Jans. ab. AlmeloT. Fast. eoiuul. Anutelœd. 17.
2|6 usage de l’écriture en GRÈCE.
VU 4es monumens bien plus anciens conservés après une multitude de siècles. « Comment pein- «dre la surprise des voyageurs, » s’écrie M. Jomard (i), «quand, après avoir développé ou « coupé vingt circonvolutions de bandelettes de « momies, ils viennent à rencontrer des rouleaux «intacts? Si l’on voulait décrire l’empressement, « la curiosité, l’enthousiasme, qui nous gagnaient O tous de proche en proche , on ferait une pein- « ture froide et sans couleur à côté de la réalité. « N’essayons pas môme d’esquisser ce tableau , et « narrons simplement les faits qui ont été obser- « vés. » N’oublions pas surtout que nous avons des monumens (^art. XXIV) qui remontent au dix-neuvième siècle avant notre ère , c’est-à-dire plus de neuf siècles' avant qu’Homère eût composé ses poèmes (a). .h r*.
' '(i) Description de l’Ègy'pte. Viris, i8ai. III, li J. a'‘ édition.' ' '
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