‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 55 sur 62 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

SUR r.A MULTIPLICITÉ DES LANGUES EN ASIE.

LXni. J’ai parlé des langues hébraïque, phénicienne et chinoise, qui, toutes trois, sont des langues asiatiques; mais ce ne sont pas les seules (a). I^a diversité des idiomes, dit M. Heeren (a), influa beaucoup plus sur les relations des peuples anciens que sur celles des modernes. Il n’y avait pas éneore de langues généralement répandues pour se faire entendre sur tous les points de la terre. Les peuples étaient beaucoup plus isolés, et l’étranger était souvent regardé comme ennemi. Aussi les documens conservés par les Grecs' sur ce sujet sont-ils plus superficiels qu’on ne le souhaiterait ; ce qui n’étonne pas quand (3) on se souvient de leur prévention hautaine contre les langues barbares.

(i) Ce chapitre a été lu à l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres le ai septembre i83a.

(a) De la politique et du commerce des peuples de l’antiquité ^ 'par A.-H.-L. Ueeren , traduit de l’allemand par Suckau. Parié ^ l83o. T. 1 , p. laS.

(3) Ici commence la page laC.

a68 USAGE DE l'écriture en GRÈCE.

IjSi nature phisique du sol a beau’coup influé sur le caractère et la diversité des langues asiati-* ques. Il y avait des pays où, dans une petite étendue, bn parlait une foule de langues diverses, et’ d autres ou/^ malgré' tine ^étendue immense , il n’y avait que peu de variété dans les dialectes. Presque tous les pays montagneux, habités ordinairement par quantité de petites peuplades, ainsi que les* côtes les plus exposées aux invasions, des ^ti’ibuSjétr^ingères, entraient dans la première catégqr^ie. fin trouvera ij, au* contraire , les langues^ , principales ét les ^ plus ; répandues de ce continent dans son intérieur, et/dans i ses vastes plaines., Les grands jfleqves et j les chaînes des montagnes, ces, liniiteSjnaturelles, des peuples, constituent le domaine plus pu moins étendu des langues. Depuis la Méditerranée .jusqu’à . l’jS^is , régnait une,méme^ l^^gue prindpale; une autre dp l’Halis au Tigre ; et troisième du Tigre jusqu’à

Les Phrigiens sont regardés comme l^,peuple le plus ancj^p de TAsie Mineure (ar/vVn),; aussi leur idiome;, parlé, jusqu’au fleuye Ifali^ passa^jt, même dans les tems les plu^:^ reculés, pouyiuDj^ des langues les plus anciennes. Les documens les plus authentiques, si l’on en croit M. Heeren,

(i) L’auteur allemand renvoie pour les preuves à son traite : De linguarum asiaticarum in Persarum imperio cognatione ei varietate, publie' dans le douzième volume des CommentatioMn'def gôtt. sociétal. . * ■ . ^

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