‹ Essai sur l'universalité de la langue françaiseChapitre 13 sur 29 · AVERTISSEMENT. XVII · texte numérisé non relu

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élevés si haut. Il en est même plusieurs de ceux dont nous parlons, qui ne se sont pas crus autorisés à user de ce privilège , et nous pomons nous contenter de citer parmi eux l'illustre auteur d'Anacbarsis.

C'est surtout à l'égard des écrivains qui , avec tant d'autres avantages , ont encore sur nous celui d'avoir traité les premiers un si beau sujet , que nous avons du remplir ce devoir dans toute sa rioueur. Si la stricte probité littéraire oblige de rendre à chacun ce qui lui appartient, c'est surtout en pareille matière , oii la découverte d'un fait précieux, d'une autorité inconnue jusques-là, n'est souvent acquise qu'à l'aide de recherches bien fastidieuses et bien pénibles. « Je « désire surtout , écrivait le docte Pasquier « à la Croix-du-Maine, qui travaillait alors « à sa Bibliothèque françoise , que lorsqu'en a ferez estât , vous recognoissiez celuy qui <c vous aura soulagé de peine ; car , en ma- « tière de livret, je hay mortellement l'homme ce qui transforme son emprunt en larcin. »

Nous ne dirons qu'un mot sur le titre donné à cet Essai. Tout le monde sentira ([ue le nom à' universalité ne peut être pris

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à la lettre, surtout quand il s'agit des siècles qui ont précédé celui de Louis XIV . Ce n'est que faute d'un autre mot convenable , et pour éviter une périphrase , qu'il a été employé dans ce cas , et il ne peut signifier alors 1 que \ emploi de la langue française dans I un assez grand nond^re de contrées étran- I gères à la France. Au surplus , nous n'avons tait qu'imiter en ceci l'Académie même qui avait proposé le sujet du concours , et les deux écrivains couronnés.

Le plan et les divisions que nous avons cru devoir adopter, s'éloignent assez sensiblement du programme de l'académie de Berlin (exactement suivi par M. Schwab et par Rivarol ) , pour que nous sentions le besoin de les justifier. Il nous a ]3aru d'abord que la première et la seconde des questions posées dans ce programme (Qu'est-ce qui a rendu la langue française universelle ? Par où mérite-t-elle cette prérogative?) se réduisaient dans le fond à une seule ; car on ne peut supposer que ce soit luie suite de hasards heureux qui aient porté notre langue à y universalité , et sans doute, les mêmes causes qui la lui méritent, sont celles qui

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la lui ont fait obtenir. Aussi l'un des deux auteurs couronnés, M. Schwab, n'a -t- il trouvé presque rien à dire siu' cette secoude question, après avoir épuisé la première. Rivarol les a tout-à-fait confondues. En outre , d'après la divisiou du programme , les deux concurrents ont été forcés de réunir, sous un même point de vue, les causes générales qui tiennent aux événements politiques, aux ijivasions , à la marche progressive de la civilisation en Europe , etc. , avec celles qui se raj)portent uniquement au mécanisme , au génie propre de la langue, à ses qualités, et même à ses défauts. Enfin , ils n'ont pas dû examiner quels avaient été les résultats de cette universalité , qui sont pourtant si nombi'cux et si honorables pour la France. A peine ontils cité quelques exemples , soit de nos jours, soit dans les temps phis anciens , pour prouver que cet usage de notre langue au dehors a existé à toutes les époques , «t se rattache pour ainsi dire à son berceau.

Ces motifs nous ont engagé à établir nos divisions d'une manière un peu différente. Nous étudierons d'abord les causes de l'universalité, [)artagées eu causes historiques et

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causes philosophiques , d'après la distinction établie ci-dessus ; nous examinerons ensuite quels ont été les effets de V universalité ; enfin, nous chercherons quels motifs probables pourront en prolonger la durée. Ce plan , que des personnes d'un grand savoir ont bien voulu honorer de leurs suffrages , nous a semblé réunir dans sa simplicité , à tout ce que renfermait le programme de Berlin , ce qu'il pouvait laisser à désirer.

On trouvera , à la fin de cet ouvrage , des notes destinées à éclaircir ou à développer quelques passages du texte. Elles se rapportent à des matières généralement peu connues , quoique d'un grand intérêt pour les personnes qui aiment à s'instruire de ce qui touche notre belle langue. Nous serions heureux de leur avoir épargné, du moins en partie , les recherches auxquelles nous avons dû nous livrer nous - mêmes , pour prendre une connaissance plus intime de ces jnatières difficiles.

On se permettra de recommander surtout à la bienveillance des lecteurs, les notes E et H , relatives toutes deux à des sujets qui paraissent n'avoir pas encore été traites d'une

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manière spéciale. Nous recevrions, avec une vive reconnaissance, les nouvelles indications que des personnes éclairées voudraient bien nous fournir, dans la vue de rendre ce travail un peu moins imparfait.

Quel que puisse être l'accueil qu'on daignera faire à cet ouvrage , il est du moins certain que rien n'a été négligé pour qu'il ne fut pas tout-à-fait indigne d'un sujet si intéressant et si national. JNous avons même pris la liberté de le soumettre, encore bien incomplet, au jugement de l'illustre société qui, déjà, avait honoré d'une médaille notre Description des nioniunents de la Haute- Vienne. D'après les règlements de l'Académie , il ne nous a pas été possible d'obtenir d'elle un rapport sur cet Essai ; mais la bienveillance qu'elle a mise à le faire lire presque en entier dans plusieurs de ses séances particulières, est une distinction assez honorable pour qu'il nous soit permis de nous en prévaloir.

Nous croirions manquer à un devoir , en négligeant d'adresser de justes remercîments à MM. les conservateurs des bibliothèques du Mans et d'Angers. Nous avons

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