‹ Essai sur l'universalité de la langue françaiseChapitre 19 sur 29 · I08 ESSAI SUR L UNIVERSALITÉ · texte numérisé non relu

I08 ESSAI SUR L UNIVERSALITÉ

a^ aujourd'hui par toute V Europe, etc. » (Épitres, liv. VII, lettre i"^)

De nouvelles divisions, et par conséquent de nouveaux malheurs, causés surtout par cet esprit d'indépendance qui semblait caractériser la réforme , vinrent agiter le règne suivant. Mais alors se manifestait cette fermentation morale, ce besoin inquiet d'inventer et de produire, que nous avons déjà signalés à la suite de toutes les grandes secousses politiques. La civilisation allait obtenir de nouveaux triomphes; le goût de l'étude, des jouissances de la paix et des arts du luxe, se répandait peu à peu dans les diverses classes de la société : il y remplaçait heureusement cette frénésie guerrière ou religieuse qui avait causé tant de maux, et qui parut désormais anéantie. Le ministre inflexible qui saisit d'une main si ferme les rênes flottantes de l'état, ce ministre , redouté surtout de son maître , et qui le conduisait violemment à la souveraine puissance, comme Sylla conduisait les Romains à la liberté, Richelieu, encourageait avec zèle les lettres, qu'il essayait de cultiver lui-même; et cette main , qui avait humilié l'orgueil britannique au pied de la digue de la Rochelle, venait de signer la fondation de l'Académie française. Un nouveau règne allait éclore, qui portait dans

son sein les plus brillantes destinées de notre littérature; Malherbe, Racan , Régnier, Rotrou, avaient déjà paru, et le grand Corneille était né.

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