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la séance publique du 3 juin 1784 '• Cet ouvrage jouit parmi nous d'une assez grande célébrité; il la mérite surtout par la rare élégance du style, la simplicité et la sage ordonnance du plan , la finesse des aperçus , et une foule de traits brillants, de rapprochements heureux et inattendus, souvent plus ingénieux encore que fondés.
On croit généralement en France, et même ailleurs, que Rivarol fut seul couronné par l'académie de Berlin '. Cette opinion se trouve consignée dans un grand nombre d'ouvrages,
' De l'Universalité de la langue française, avec cette épigraphe : Tu regere eloquio populos, ô Galle , mémento! Broch. in- 12, Paris et Berlin, 1784,
' On trouve dans l'ouvrage de M. Thiébault {^Mes Soiwenirx de vingt ans de séjour à Berlin, etc., par Dieudonné Thiébault, 3® édition, 181 3, tom. IV, pag. 93-95), des détails très-curieux sur ce concours. L'auteur raconte qu'il s'était opposé à ce qu'un pareil sujet fût choisi , parce qu'il craignait que ce ne fût le prétexte de quelques déclamations, également désagréables pour la littérature française et pour la nation elle-même. Toutefois, Mérian, qui avait indiqué ce sujet , l'emporta. Il y eut vingt et une pièces envoyées, parmi lesquellesdeux furentbientôt remarquées; l'une française, de vingtpages in-Zi**, l'autre allemande,de cent et une pages in-f°. Les auteurs étaient Rivarol, alors à peu près inconnu, et M. Schwab. Les membres allemandsde l'académie, qui formaient le plus grand nombre, donnaient la préférence à ce dernier; mais le prince Henri, ayant désiré lire les deux pièces, dit
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et dans presque tous les mémoires du temps. (V. la Correspondance de Grinim, l'article Langue de l'Encyclopédie méthodique, etc. ). Ce qu'il y a pourtant de certain , c'est qu'il ne fit que partager le prix avec un érudit allemand très-distingué , M. J. Cli. Schwab , alors professeur de philosophie à l'académie Caroline de Stuttgard , depuis conseiller de cour et secrétaire intime de S. A. S. le duc de Wurtemberg \ Le livre de ce dernier concurrent \ plein de recherches profondes
hautement que l'académie se déshonorerait si elle ne couronnait pasl'ouvrage fiançais. Onse décida alors à partager le prix.
Il ne faut pas oublier que Mérian, qui avait fait choisir le sujet dont il s'agit, n'était pas français : il était né à Leichstall, canton de Bàle, et avait appris notre langue pendant un assez long séjour à Lausanne. Il a laissé quelques ouvrages de métaphysique, recherchés par les personnes qui s'occupent de ce genre d'études.
' Il est mort en 1821, après avoir été pendant quelque temps conseiller- d'état, chargé de l'instruction publique dans le Wurtemberg. Ce fut à Genève, où il séjourna pendant onze ans, qu'il étudia la langue française, qu'il possédait à un degré si remarquable. On lui doit encore, outre le mémoire dont il s'agit ici, plusieurs ouvrages d'érudition et de métaphysique fort estimés des savants. Il comptait au nombre de ses amis et de ses anciens disciples , notre célèbre Cuvier.
^ L'auteur avait choisi cette épigraj)he ingénieuse et d'une application si honorable pour la France :
Galiis ingeuiiim, GalUs dédit ore rotuiido Musa luqoi.
VI AVIiRTlSSEMENT.
et de l'érudition la plus vaste et la mieux éclairée , l'emporte autant sur celui de Rivaroi par ces diverses qualités , que ce dernier lui semble supérieur par la grâce et le brillant de son style. Nous n'en pouvons toutefois juger c[u'imparfaitement sous ce dernier rapport; car la dissertation de M. Schwab a été écrite en allemand, quoique, d'après la connaissance intime et véritablement étonnante que cet étranger avait de la langue française, et l'aisance avec laquelle il l'employait , il lui eût été très-facile de s'en servir dans son ouvrage '.
Ce travail , digne d'intérêt par tant de motifs , est néamoins à peu près ignoré en Allemagne même , dans la patrie de l'auteur ' , et connu seulement, en France , du petit nombre de personnes qui s'occupent de recherches
' Voyez sa piéface et sa lettre à M. Robclot, en tète de la traduction française de ee dernier, indiquée ci-après. > Je ne crois pas, dit M. Thiébanlt, qu'il y ait un étranger • qui connaisse mieux notre littérature que M. Schwab, et '<■ qui la juge avec plus d'impartialité. Il étonne également «ses lecteurs sous ces deux rapports.» (Voyez l'ouvrage déjà cité , pag. g5. )
' On a imprimé, dans la Gazette unu'cr.selle d'Jcnn (du 3i décembre 1796), c|ue M. Schwab n'avait obtenu que l'accessit au concours de lîrrlin.