AVERTISSEMENT. IX
Estienue, de Pasqiiier, du président Faiichet, de Ducan^e , etc. , dans les savantes recher-
«tlu tout ensevelie la langue Françoise), qui commence en- « core à jetter ses racines , sortira de terre , et s'eslevera en «telle hauteur et grosseur, qu'elle se pourra égaler aux « mesmes Grecs et Romains, etc.» (du Bellay, Deffense et Illustration de la Langue françoyse , liv. i, chap. 3. Voyez ci-après dans le texte.) Le même dit encore ailleurs : « Jus- « qu'ici on croit que les Grecs et les Romains seuls peuvent
n traiter les arts et les sciences le temps viendra par ad-
« venture (et je supplie au Dieu très -bon et très -grand « que ce soit de notre aage) , que quelque bonne personne «non moins hardie qu'ingénieuse et scavante, non anibi- « lieuse , non craignant l'envie ou haine d'aucun, nous « estera cette faulse persuasion, donnant à nostre langue la « fleur et le fruit des bonnes lettres, etc. » ( Ibid. chap. x. )
On Ut de même, dans Fauchet ( de l'Origine de la langue, etc., chap. 5. ) : « — Il y avoit donc plus de gens qui « faisoient compte de nostre langue qu'aujourd'huy. Toutes « fois, j'estime que si les hommes doctes continuent à escrire « leurs conceptions en nostre langue vulgaire , que cela
« pourra nous rendre l'honneur perdu H y a espérance
« que nostre langue sera recerchée par les autres nations , '< autant qu'elle fust jamais, etc. »
Pasquier, dans une de ses épîlres, après avoir affirmé qu'on doit coucher les arts et les sciences en francois , ajoute que cette langue est aujourd'hui en telle réputation et honneur, que dans presque toute l'Allemagne , l'Angleterre et l'Ecosse, il ne se trouve maison noble qui n'ait précepteur pour instruire ses enfants en nostre langue francoise. Il termine la même lettre par ces mots : « Quoy faisant , ne faictes « doute qu'au long aller , nostre langue ne passe les monts " Pyrénées, les Alpes et le Rhin, aussi bien qu'uns Pétrar-