X AVERTISSEMENT
elles des Bénédictins de St.-Maur, dans les Mémoires de l'académie des Inscriptions et autres collections de ce genre, on connaît un ouvrage spécial de Joachim du Bellay, intitulé : Deffense et Illustration de la Langue françoyse, publié à Paris en i549 ■> ^ ^- in-8° • un autre, de Henri Estienne, ayant pour sujet la Précellence du Langage françois , paraît n'avoir pas été achevé, et l'on rapporte que Henri HI donna à l'auteur une somme de
« que, Bocace, Arioste, Baltazard de Chastillon, lesquels, « au commencement, cogneus seulement par les leurs, se « sont ouvert , avec le tcms, voye en une infinité de nations. » (Épitres d'Estienne Pasquier, liv. i^"", lettre 2, à M. de Tornebus. )
]\icolas Pasquier, fils du précédent, est du même avis; il pense que « notre langue est assez riche de son fonds pour « ne rien mendier des autres ; et tant plus nous la labourerons » avec soin , et tant plutost égalera , ou peut-estre surpassera- '< t'elle toutes les antres en heureuse abondance de mots et con- « ceptions; si, qu'elle se trouvera arrivée, sinon au sommet de '< la perfection, à tout le moins au degré de pouvoir estre «honorée des estrangers, comme propre à recevoir toutes « sciences, etc. » ( Liv. iv, lettre xiv, à M. de Tornebus. )
Ces passages, auxquels il nous serait facile d'en ajouter beaucoup d'autres, font voir que, dès lors, on comprenait à quelles destinées pouvait uu jour arriver la langue française, et que les écrivains de ce temps avaient, en quelque sorte, le pressentiment confus de son universalité à venir.