XII AVERTISSEMENT
le chef, et qui, malgré beaucoup d'essais malheureux , donna enfin à la langue nationale, la force et l'originalité qui lui avaient manqué jusque là.
Un autre ouvrage du même temps , assez curieux , mais rare dans les bibliothèques , porte ce titre singulier : Le Ouiiitil-Horatian , sur la Défense et Illustration de la Langue française y par Charles Fontaine , Lyon, i55i, in-8^. C'est, comme on peut d'ailleurs le présumer d'après la seconde partie du titre , une critique , quelquefois ingénieuse et plus souvent futile, de l'ouvrage de du Bellay , publié seulement deux ans avant celui-ci. Nous connaissons encore un Devis de la Langue française fort exquis et singulier, par le sieur des Moystardières, Paris, 1672. On y trouve de grands éloges de notre langue, que l'auteur met au-dessus de toutes les autres (sauf l'italien) , et quelques indications de mots et de tournures, déjà vieillis ou nouvellement employés , qui ne sont pas sans intérêt. Quant au style , le passage suivant pourra en donner une idée : « Il y a « des mots moisis ou jaunes comme lard « vieil , lesquels Jiéanmoins ne desgouteroient
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ce pas les escoutans, s'ils estoient nettoyés, (c et s'ils avoyent passé par l'escoulure de « l'usap^e '. »
Enfin , vers le milieu du règne de Louis XIV (167G) , Charpentier, l'un des membres de l'Académie française à son berceau, publia un petit volume intitulé : Défense de la Langue françoise , pour V inscription de l'arc detiiomphe dédié au Roi (la porte St.-Denis). C'est une dissertation pleine de science, de raison, et d'une critique remarquable pour le temps, où l'auteur se propose de prouver que les inscriptions des monuments élevés chez un peuple, doivent être écrites indispensablement dans la langue nationale. On y trouve quelques faits curieux relatifs à notre sujet, et dont nous avons profité. Le même publia , peu d'années après , im traité de Y Excellence de la Langue françoise. (Paris, i683, 2 vol. in- 12.) Ce livre offre le même genre de mérite que le précédent , dont il n'est en quelque sorte qu'une longue para-
' Jacques Tahurcaii, du Mans, mort très-jeune en i555, A laissé, avec quelques poésies et des dialogues moraux également médiocres, un traité de V Excellence de la langue françoise, que nous regrettons de n'avoir pu consulter.