LA CARENCE EN CLINIQUE APPLICATIONS THERAPEUTIQUES
Au cours de certaines maladies, où le traitement est surtout diététique, l'homme revient à un régime alimentaire plus uniforme, ce qui l’expose davantage, par suite, à la carence alimentaire.
La mode a été longtemps de soumettre à des cures de régime certaines dyspepsies, d’origine surtout nerveuse, En Suisse notamment, il existe des établissements entiers consacrés à l'exploitation de cette diététique où les farineux jouent un rôle très prépondérant. Naturellement, et comme chez le nourrisson, on vise avant tout à la digestibilité facile, et une décortication soigneuse élimine, au préalable, les éléments cellulosiques, et aussi les substances-ferments qui les accompagnent.
Nous avons vu que le symptôme d'alarme de la carence est inévitablement l’anorexie. Celle-ci apparaît quand ce régime est continué trop longtemps et avec trop de sévérité; elle est alors inévitablement rapportée à la gastro-entérite et, dans ce cercle vicieux, il peut en
résulter des inconvénients graves pour le malheureux patient, surtout s'il suit son régime avec fidélité. Le macaroni, en particulier, d’un usage si répandu, donne facilement, nous l'avons vu, de la polynévrite (exp. XXXIV et XXXV).
En présence de la chlorose, de la grossesse, de la lactation, pendant la convalescence, l’anorexie, si fréquente, doit encore attirer l’attention du clinicien. Les purées ou potages classiques sont généralement trop dépourvus de ces substances; il ne faut pas s’y obstiner, et on aura souvent de bien meilleurs résultats avec un régime varié comprenant des fruits, du jus de viande, ete.
La sagacité de certains médecins avait déjà été mise en éveil par des faits de ce genre. Le professeur Renaut, à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon (séance du 30 juin 1914), a rapporté les fruits de sa grande expérience. Il a observé de profondes différences dans la digestion et l'assimilation des légumineuses azotées, suivant que le malade préparait luimême ses aliments, ou se servait de farines ou de graines décortiquées comme on en trouve dans le commerce. Dans ce dernier cas, outre l’anorexie et l’'amaigrissement, surviennent bientôt des troubles digestifs variés, qui, suivant le professeur Renaut, permettent de diagnostiquer aussitôt le mode d’alimentation employé.
C’est une preuve clinique de plus, ayant la valeur d’une expérience, apportée à l'existence d’une carence alimentaire. Cette notion n'a cependant pas encore pénétré beaucoup dans le domaine de la thérapeu-