LAURE
tique. Seuls, le scorbut et le béri-béri ont bénéficié de l’alimentalion variée et fraîche, qui leur avait été imposée par l’empirisme. Les résultats en sont éclatants, surtout si les lésions ne sont pas encore parvenues à la chronicité. Les mêmes constatations s'appliquent encore à la maladie de Barlow, où 1l suffit d’un peu de jus d'orange pour provoquer de véritables résurrections.
Il est très probable que la levure de bière et la cure de raisin soient redevables d'une grande partie de leur efficacité à des phénomènes du même genre. L'action indéniable de la première sur certaines formes de diabète s'explique bien, par les recherches de Funk et de Schônborn sur le métabolisme des hydrates de carbone, au cours de la polynévrite expérimentale.
On sait la rapidité avec laquelle cette dernière est influencée par l'administration d’une dose infinitésimale des vitamines de Funk. Celles-c1 n’ont jamais, à notre connaissance, été expérimentées chez l’homme. La complexité chimique et les difficultés matérielles considérables que nécessite leur séparation, se sont opposées jusqu'à maintenant à leur entrée dans la thérapeutique.
Hussy a employé un produit mal défini, tiré du son de riz, et appelé l’orypan. Les effets en ont été assez favorables dans certains cas de dénutrition, de faiblesse générale et d'hyposthénie nerveuse.
Nous avons expérimenté l’action du son de blé après extraction prolongée par l’eau chaude aiguisée d'acide chlorhydrique, chez certains tuberculeux au début à nutrition ralentie et à tendance neurasthénique. Nous
avons eu soin de qualifier le liquide ainsi obtenu du nom de tisane diurélique, pour éviter toute suggestion, comme toute répulsion. Nous avons constaté une augmentation de poids très nette par rapport aux autres malades, mais les-symptômes nerveux n’ont pas été sensiblement modifiés. Peut-être les résultats seraient encore meilleurs avec le son de riz, bien plus riche, semble-t-il, en substances-ferments; nous n'avons malheureusement pas pu nous en procurer en quantité suffisante pour pousser l'expérience assez loin.
Enfin, chez un enfant athrepsique au dernier point et pesant à quatre ans 7 kg. 500, un régime, où entraient du jus de viande crue, des oranges, du lait cru, a provoqué une amélioration considérable. Les troubles digestifs, en particulier, ont cédé très vite, ainsi que de nombreux abcès cutanés.
Il semble bien, par suite, que dans beaucoup de gastro-entérites chroniques, surtout avec phénomènes de dépression nerveuse surajoutés, il faille ne pas prohiber systématiquement l'usage des fruits et des crudités. Donnés avec prudence, ces derniers peuvent avoir une action favorable très nette, en particulier sur l’anorexie.
N'oublions pas que celle-ci constitue la première réaction d’un organisme en état de carence; aussi, son apparition, sans cause connue, doit-elle désormais attirer aussitôt l’attention du clinicien.
Beaucoup de polynévrites, d’origine souvent mal connue, sont encore susceptibles d’être influencées par l'alimentation fraiche et variée. Nous avons vu combien
le métabolisme du système nerveux est puissamment amélioré par elle. Même dans les cas de cause toxique, il doit en résulter une stimulation salutaire des éléments demeurés sains.
Des recherches entreprises dans cette direction seraient d'autant plus intéressantes que nos moyens d'action sur les lésions trophiques du système nerveux sont bien réduits. Enfin, la toxicité de ces substances étant nulle, on posséderait en elles une nouvelle variété d'éléments thérapeutiques de la plus haute utilité.
En dehors des avitaminoses, on a déjà essayé de faire jouer un rôle aux substances-ferments dans certaines affections. Nous avons vu l'hypothèse de Funk au sujet de leurs rapports avec le cancer. Renon a tenté de les rattacher à l’étiologie de la tuberculose. Ces considérations sont peut-être exactes; mais rien n’est venu encore n1 les confirmer, n1 même les rendre plausibles. Dans ces conditions, il est sage, croyonsnous, de ne pas en faire état à l'heure actuelle; et cela d'autant mieux que l'importance physiologique de ces substances et leur rôle dans la nutrition apparaissent déjà comme essentiels.