SON LANGAGE
les pensées méritent autant d'admiration que la forme dont il les revêt.
Aucun écrivain de l'antiquité n'est plus éloigné de notre polygraphe byzantin au point de vue du style que Platon qu'il prétendait imiter. Il ne s'est jamais aperçu, en effet, quele charme du philosophe athénien provient de l'unité de la forme et du fond ; il n'a jamais vu que Platon écrivait comme il pensait et parlait, et qu'il savait faire toutes les concessions auxquelles les écrivains à tempérament dogmatique ne savent pas se résigner. C'est, d'ailleurs, ce que les contemporains de Psellus ne comprenaient pas ; aussi admiraient-ils son habileté technique comme un modèle de bon goût. 11 est devenu le précurseur de la renaissance sous les Comnènes, et a été l'un des personnages principaux de ce mouvement, qui s'est borné à remettre en honneur les ornements démodés des ancêtres. Moins les temps actuels étaient glorieux, plus on se sentait attiré par les formes du passé (le fond ne devait-il pas suivre ?) et plus les temps s'éloignaient plus on consacrait d'attention aux particularités extérieures des anciens. C'est ainsi que le purisme n'est jamais plus en honneur qu'aux temps de décadence nationale, jusqu'à ce que, par ses excès, il provoque une réaction remettant en honneur les formes plus générales, et plus ordinaires. Avant d'examiner en détail quelques représentants de ces deux tendances de la littérature des derniers siècles de l'empire, il sera bon de rechercher en quoi les Byzantins ont bien mérité de
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l'étude scientifique de la littérature, en quoi ont consisté exactement leurs études philologiques. Les Byzantins ont manifesté les mêmes tendances ^f',^ dans l'étude de toutes les sciences. On ne peut donc ft^^pas s'attendre à trouver, chez leurs philologues, une grande indépendance de recherches ou un désir sincère d'approfondir, plus que leurs prédécesseurs, la connaissance des rapports qui unissent les phénomènes linguistiques. Leur admiration malencontreuse pour les anciennes formes du langage imprima bientôt un caractère faux à leur enseignement. Les grammairiens n'admettaient pas qu'on étudiât les phénomènes linguistiques contemporains. Ils aimaient mieux copier leurs prédécesseurs et faisaient rentrer de force, dans le système grammatical créé de longs siècles auparavant par d'autres hommes avec d'autres vues, les faits nouveaux qui se produisaient sous leurs yeux. L'orthographe strictement historique du grec, qui avait subi de si fortes modifications précisément dans la composition des sons, forçait de sacrifier les meilleures années de l'école à une étude aride ; écrire sans faire de fautes d'orthographe, c'était là un art que la plupart ne possédaient pas et dont on croyait avoir le droit de s'enorgueillir démesurément. Pour acquérir cette science si enviée, la meilleure méthode, à coup sûr la seule pratique, était aussi celle qui devait être la plus mortelle pour l'esprit. On ajoutait aux textes un commentaire courant des mots difficiles, ou même une traduction interlinéaire complète et on