LES DÈMES COMPARÉS AUX GARDES CIVIQUES
sœur do l'empereur Arcadius, qu'elle savait bien le latin, c'est que c'était une exception. Or, et c'est là une vérité banale, rien n'importe plus pour le maintien d'une langue que son emploi par les mères ; les femmes grecques, celles même des classes élevées, ne savaient que le grec et, de la sorte, la langue de la famille échappait à la trop forte influence de l'Occident.
L'impérialisme de Byzance parvint à son apogée au sixième siècle sous Justinien (527-565), qui, de tous les princes de l'empire romain d'Orient, a le plus occupé l'imagination des artistes. Son règne constitue une période où l'Etat et l'Église sont entièrement unis, et où disparaît jusqu'à la dernière lueur de liberté publique.
Cinq années après son avènement éclata la dangereuse révolte qui manqua de le renverser avec sa cour, mais qui, quand elle eut été réprimée après une lutte acharnée, lui assura un pouvoir absolu ; car l'opposition du clergé et du peuple semblait définitivement écrasée.
De nos jours seulement, on a reconnu généra- ^jf^^ju^fi lement que la foule révoltée, contre l'autorité impé- Q^^i riale de l'empire au cirque de Constantinople, était T^^ tout autre chose qu'une réunion populaire composée iUwA^ de spectateurs passionnés des courses, et se groupant ensuite en partis, d'après les couleurs qui les distinguaient: c'étaient les Verts ou les Bleus ou bien encore les Blancs ou les Rouges, qui avaient moins d'importance.
Rien que le nom de dèmes, par lequel les historiens désignent ces prétendus partis du cirque, nous permet de conjecturer que la part qu'ils prenaient aux concours n'était, pour ces organisations, qu'une affaire accessoire. Nous savons que la qualité de chef de deux de ces groupes, conférait d'importantes fonctions militaires dans l'état ; que, bien que composés de bourgeois, on les nommait à part à coté de la bourgeoisie ; ils étaient chargés de certains services publics : ils durent, par exemple, rebâtir une partie des murs de la ville sous Théodose II. Il est donc vraisemblable qu'on a affaire ici à des corporatioas qui présentent plus d'une ressemblance avec les compagnies communales hollandaises d'archers au commencement du dix-septième siècle. Ces compagnies ont aussi joué un rôle politique, de plus en plus insignifiant à mesure que le gouvernement prenait un caractère plus oligarchique ; bien qu'elles formassent une partie de la bourgeoisie et se composassent plus tard des ])ourgeois exercés au maniement des armes, les pamphlets les citaient à côté de la bourgeoisie.
On ne voit pas clairement quelle connexion il y avait entre le peuple ainsi organisé en dèmes et les jeux du cirque proprement dits. Jusqu'à quel point les différentes subdivisions, eu égard à leurs couleurs (nous serions enclins à dire drapeaux), étaient-elles obligées d'organiser une partie des inévitables fêtes populaires ? Ce qui est certain, c'^st que c'était l'unique vestige de représentation officielle