PREFACE
tï'ois époques sa littérature et son histoire. Pour écrire ces pages d'un si grand mérite, si remplies de faits présentés d'une manière très nouvelle^ de jugements délicats aussi, il fallait une connaissance approfondie des souîxes byzantines de toute origine.
Gustave SGHLUMBERGER.
Paris, Mars 1907.
AVANT-PROPOS
ï Le livre dont nous présentons ici une ^ traduction adaptée au goût du public français «fait partie d'une collection qui porte le titre ; , général de « Ancêtres intellectuels. Etudes sur fVhistoi/re de notre civilisation. »
? ; C'est donc à l'examen de la civilisation fi)yzantine que ce livre est consacré. Son but, ^€omme le veut le plan de la collection, est de présenter un récit suivi, sans notes ni indications bibliographiques. On n'y traite les événements politiques que si la connaissance en est nécessaire pour qu'on puisse se faire une idée exacte de la civilisation byzantine et les seuls noms, les seuls faits qu'on y mentionne sont ceux auxquels peuvent se rattacher des idées générales.
Ce n'est pas en France qu'il peut être nécessaire de vanter l'intérêt de notre sujet ; car ce pays a toujours compté des byzantinistes
AVANT-PROPOS
célèbres au nombre de ses savants, même aux époques où ces études étaient négligées partout ailleurs . Qu'on nous permette cependant de faire remarquer ici que si l'on ne prend pas seulement en considération la civilisation de l'Europe occidentale mais aussi celle de l'Europe de l'Est, le titre à^ Ancêtres intellectuels prend une tout autre portée encore quand on l'applique aux Byzantins. Car ce ne sont pas seulement les Grecs actuels mais aussi les peuples slaves qui doivent autant à Byzance que les peuples romains à Rome. Leur religion et leurs arts plastiques ne sont, dans leur développement national, que la continuation immédiate de ce qui est né dans la Rome orientale. Leur langue, il est vi'ai, n'a pas été profondément influencée par le grec et, dans leur littérature, les Slaves ont certainement dépassé de beaucoup leurs prédécesseurs. Mais l'organisation de leurs plus puissants royaumes et la façon dont leurs hommes d'État poursuivent leur politique intérieure ou étrangère rappellent exactement les buts que Byzance a poursuivis et d'ordinaire atteints.
AVANT-PROPOS
Les Russes, avec leur finesse et leur aptitude à s'assimiler les peuples étrangers, parviennent à triompher de la diplomatie, toutaussi peu scrupuleuse d'ailleurs, du reste de l'Europe ; en cela, donc, ils sont les élèves des Byzantins, dont l'habileté se jouait de l'avidité plus grossière des chefs de mainte croisade. Mais si nous condamnons la politique des gouvernements, nous n'avons pas le droit de rendre les peuples responsables et nous jugerions bien plus favorablement les moujiks de la Grèce et de l'Asie mineure du moyen-âge si, comme d'autres, ils avaient eu un Tolstoï pour exalter leurs vertus !
L'auteur espère que son livre, en paraissant dans une langue internationale, contribuera à éveiller l'intérêt pour les études byzantines, même en dehors du cercle des spécialistes.