APERÇU HISTORIQUE ET POLITIQUE
Fondation de la ville de Constantin. — Son caractère chrétien et romain. — La conversion de Constantin. — Son Césarisme. — Diffusion du Latin. — Réaction sous Julien. — I^ théologie de Julien. — Les Pères de l'église et les classiques. — Le mot « Hellène » change de signification. — Triomphe de l'Église sous Théodose le Grand. — Conflit entre l'Église et l'État. — Saint Jean Chrysostôme. — Triomphe de l'État. Résultats de cette victoire. — Byzance et les peuples étrangers. — Les murs et les réservoirs d'eau de la ville. — La langue latine perd du terrain. — Le Grec moderne prouve la diffusion du Latin ; causes de sa disparition. — L'Impérialisme de Justinien. — Les dèmes comparés aux gardes civiques des Pays-Bas du XVIP siècle. — La révolte du peuple. — La politique de Justinien. — Soins apportés à la jurisprudence. — Ses convictions religi'^uses. — Théodora. — Les finances de l'Empire. — Le commerce et l'industrie. —
L'administration. — Réaction contre le Césaropapisme après la mort de Justinien. — Incursions de peuples barbares sur le territoire de l'Empire. — L'Empiré sauvé par Héraclius.
Plus lo territoire romain tendait à devenir un empire embrassant le monde entier, plus ses maîtres s'habituaient à tourner leurs regards vers les frontières orientales, où vivaient les plus menaçants de leurs ennemis, où s'étendaient les contrées les plus riches en séductions. Déjà César, disait-on, avait caressé le projet de transférer sa résidence soit à Alexandrie, soit à l'endroit où, jadis, s'était élevée Troie : il voulait trouver une capitale digne d'un grand empire, qui ne serait plus une ville de conquérants entourée de pays conquis, mais qui, réunissant l'Hellade et Rome, en formerait une unité nouvelle, une combinaison originale. Celui des empereurs qui réalisa le plus rigoureusement le principe monarchique dans l'organisation de l'empire, Dioctétien (284-305), aimait à séjourner à Nicomédie sur l'Hellespont ; ainsi, en effet, il était plus près des puissances toujours menaçantes de l'Orient et n'avait pas, comme à Rome, à redouter, pour la consolidation de son autorité absolue, le souvenir des libertés que le peuple avait perdues.
Sans aucun doute, ce sont des motifs de ce genre qui déterminèrent le choix de Constantin lorsqu'il élut une résidence fixe après avoir, pendant des années, parcouru son vaste domaine, et s'être rendu maître de son dernier compétiteur dans l'empire. Il