‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 20 sur 122 · LA POLITIQUE DE JUSTINIEN · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE DE JUSTINIEN

jadis : quand l'empereur, en procession solennelle, rendait aux églises les visites prescrites par le cérémonial, quand il partait pour la guerre ou qu'il rentrait dans sa résidence, des députations des dèmes l'accueillaient en certains points déterminés de la ville par des acclamations en latin, réglées également par le protocole. """^ *

Justinien se considérait sous tous les rapports Q comme empereur r^i^aln, comme le successeur et le/^^ conservateur des traditions d'Auguste, de Trajan et '^H de Constantin le Grand, nj^ulait reconquérir ce qui ^d/Ui ayai^échappé à l'empire ou ce q^ui lui était devenu ^ étranger. Ses premiers efforts se tournèrent vers l'Afrique, où son général Bélisaire réussit, après une courte lutte, à anéantir la domination des Vandales, /y/ Un cordon de places fortes, dont il subsiste de nos [/ jours encore des ruines intéressantes, suffit pour conserver ces régions à l'empire pendant un siècle et demi.

Une tâche plus importante mais plus difficile /r' attendait ses soldats en Italie. Ici l'élément romain ^ avait succombé sans gloire dans sa lutte contre les Germains. L'an 476 après Jésus-Christ, qu'on nous donnait dans notre jeunesse comme une date marquante, comme le moment précis où sombra l'empire B^ romain d'Occident, n'eut en réalité aucun intérêt P pour l'histoire du monde. Le flambeau presque éteint déjà, passa dans d'autres mains, mais sans

t donner plus de lumière. Les nouveaux maîtres de l'Italie reconnurent la suzeraineté de la Rome orien-

taie, tout en réclamant une grande indépendance.

Mais c'est ce q^ue l'orgueilleuse cité ne pouvait

admettre. Une longue lutte (535-553), soutenue avec

de nombreuses alternatives de succès et de revers,

t| ^ .^ eut pour conséquence de réduire toute l'Italie en

k*^^ province de l'empire romain d'Orient, en exarchat,

.^0''^ pour employer le nouveau nom, qui montrait

^pj^^^^ l'étonnante interversion des. rôles de l'Orient et de

l'Occident.

Mais cet état de choses ne dura pas longtemps. Quinze ans plus tard, une grande partie du Nord tomba déjà aux mains des Lombards et, dans la période qui suivit, on vit se morceler sans cesse le domaine que Justinien avait eu tant de peine à conquérir, au prix même de la prospérité de ses sujets. I Si bien qu'après deux siècles, tout fut perdu pour I Byzance, sauf quelques parcelles au Sud, qui, cent ans 5 plus tard, échurent aux Sarrasins avec la Sicile. Seule, la ville de Ravenne, capitale de l'Exarchat ^^f^^ a eu une importance durable. Des monuments de ^..-' l'art byzantin, érigés en partie déjà avant Justinien, ont exercé une grande influence sur le développement de l'art national en Italie.

^^^^ L'empereur envoya aussi ses soldats en Espagne ; ^"' I mais il ne soumit à son pouvoir qu'une minime partie l du pays, notamment quelques ports de mer. Il fut moins heureux encore en Perse ; le petit accroissement de territoire obtenu à la fin de la guerre ét-ait loin de compenser le lourd tribut annuel qu'on dut s'engager à payer l'ennemi.

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