‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 21 sur 122 · JUSTINIEN ET LA JURISPRUDENCE · texte numérisé non relu

JUSTINIEN ET LA JURISPRUDENCE

L'armée qui faisait ces guerres devait ses victoires ^l^tA^ à ses qualités militaires, spécialement à son armement et à la science des officiers, plutôt qu'à son importance numérique. Les troupes qui conquirent l'Italie n'équivalaient pas à la dixième partie de la force envoyée / de nos jours par l'Angleterre dans l'Afrique du Sud. [ Les soldats appartenaient en grande niajorité à des nationalités étrangères. Beaucoup d'entre eux se recrutaient dans les garnisons de la frontière septentrionale de l'empire et laissaient ainsi toute latitude aux barbares qui ne cessaient de menacer le repos des provinces du Nord. Il est vrai que Justinien y avait fait construire une ligne de places fortes, mais elles ne contenaient pas de combattants en nombre suffisant. Ainsi s'explique que, sous un gouvernement qui s'efforçait de rétablir le pouvoir de l'empire dans toute son étendue, les, Slaves et les Huns ont, à plusieurs reprises, envahi le pays et se sont même approchés de la capitale. La ville, en sécurité derrière ses remparts imprenables, n'avait pas à craindre les dernières extrémités ; mais le pays ouvert souffrait d'autant plus, et il fallait faire, aux hordes barbares, un pont d'or pour les ramener dans leur pays, jusqu'à ce que de nouvelles bandes se sentissent tentées d'avancer, pour être renvoyées de la même manière.

Les vastes plans que Justinien élaborait pour reconquérir les anciennes frontières de l'empire ne lui faisaient pas perdre de vue les affaires intérieures. Nous parlerons bientôt plus en détail de son goût pour les constructions, que nul n'a eu au même point

ici, il nous faut rappeler brièvement ce qu'il fit pour ^^te^cA l'administration du droit et pour le culte. f^^r Les décisions impériales qui avaient remplacé - les lois républicaines faites par le peuple furent l'objet d'une publication critique de la part de Justinien. On abolit les décrets contradictoires et on supprima les expressions superflues ainsi que les décisions surannées : on obtenait de la sorte un tableau court, complet et clair de ce qu'avait décidé l'autorité suprême. Cette œuvre continuait et améliorait celle que Théodose II avait entreprise.

La même commission de jurisconsultes, présidée par Tribonien, avait à peine achevé ce premier travail, qu'elle fut chargée d'une autre tâche beaucoup plus difficile à exécuter. Il s'agissait de rassembler et de passer au crible tout ce qui, publié à titre d'avis par des gens compétents dans des cas difficiles au cours de plusieurs siècles d'administration de la justice, avait été conservé et avait reçu force obligatoire par le décret des empereurs. La commission étudia avec une célérité presque incompréhensible cette masse formidable de documents, et il lui suffit de trois ans pour condenser le contenu d'ime centaine de volumes dans un ouvrage d'une étendue vingt fois moins considérable. C'est le code connu sous le nom de Pandectes ou Digeste. Un manuel des principes du droit, les Institutes, complétait la grandiose entreprise de l'empereur. Avec ses tendances aristocratiques, Justinien voulait que les lois qu'il promulguait régissent tout le monde

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