‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 43 sur 122 · SAINTE SOPHIE · texte numérisé non relu

SAINTE SOPHIE

fois orientaux et romains. Dès le début, avant même ' . i de se concentrer à Constantinople, il s'attache bien - ^vv f ^^ plus à retracer Fhistoire dans tous ses détails qu'à ■ /C*^ exprimer des allusions symboliques. Au lieu de -v^-v-^ figures typiques, rappelant l'art classique de l'antiquité, apparaît une conception réaliste, qui, à son tour, devait se figer dans des reproductions schématiques : la haute taille des personnages, leurs mouvements, leurs attitudes, tout trahit, de bonne heure déjà, une tendance à la solennité. Quels sont les facteure qui ont agi ici ? Il n'est pas toujours possible de le dire, car on ne connaît que bien imparfaitement encore les monuments de la Syrie et de l'Asie mineure. /

Le plan de Constantinople était, dans la mesure du ^' possible, calqué sur celui de Rome, avec sa division . " en quatorze quartiers, son cirque et ses forums; toutefois les rues principales étaient, comme dans les villes de Syrie, bordées des deux côtés de colon- v sj -^v nades, et les grands réservoirs d'eau reproduisaient/' M^-^^ un système déjà appliqué à Alexandrie.

Nous ne savons que fort peu de chose des palais et des édifices particuliers élevés pendant les premiers siècles après Constantin ; mais tout porte à croire que, par leur disposition et leur construction, ils étaient romains. Par contre, il est facile de se faire une idée des églises byzantines de ce temps, car nous pouvons encore admirer dans sa forme primitive presque ' intacte Ste Sophie, l'un des monuments d'architecture les plus impresionnants qui soient. La basi-

lique, construite sous Constantin et plus d'une fois restaurée sous ses successeurs, présentait déjà, dans la superbe mosaïque qui la décorait, le caractère de la période nouvelle ; mais, comparée à l'édifice qui allait la remplacer, quel aspect misérable elle devait avoir ! Quand un incendie eut réduit en cendres la vieille basilique, lors de la sédition de Nika, Justinien fit bâtir une église qui devait non seulement dépasser en beauté et en splendeur tous les temples de Gonstantinople , mais encore être plus grandiose que n'importe quel monument de tout ce vaste empire. On dépensa des sommes incalculables, si bien qu'il fallut créer de nouveaux impôts ; rien que la chaire monumentale d'où l'on donnait lecture des Ecritures saintes engloutit le tribut que la province d'Egypte versait, pour une année entière, dans les caisses de l'Etat. De toute part affluaient des contributions en argent et en matériaux de construction, fournies par des particuliers.

Ste Sophie est une église à coupole, dont la partie visible du dehors a, de tout temps, été la moins importante, même avant que la construction des contreforts et des minarets turcs vînt empêcher de suivre aussi de l'extérieur les lignes de l'ensemble. Dans les temples païens, l'extérieur était pour le moins aussi important que l'intérieur; mais les églises chrétiennes sont conçues autrement. C'est que le prêtre des Grecs et des Romains procédait aux sacrifices devant le temple, le visage tourné vers l'Orient, la foule l'entourant. Chez les chrétiens, au

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