VILLES RUINÉES DE SYRIE
spécimen. Mais quel contraste entre cette lourde y calotte de pierre et la coupole de Ste Sophie, qui | semble planer dans les airs !
Cette fois encore, c'est en Ori^nt que se trouve la i solii^on du problème. En effet, de Vogiié a découvert ] en^^ne, il y a plus de trente ans, les restes de très i n nombreux édifices, dont l'architecture nous fournit "^ V^ en bonne partie les chaînons qui nous manquaient. On n'ignore pas que le sud de cette contrée, c'est-àdire la région qui s'étend au sud-ouest de Damas, a été, au deuxième siècle de notre ère, le siège d'une florissante civilisation, quand l'empire romain l'eut conquise et y eut porté l'ordre et la prospérité. En peu de temps, on vit s'élever des palais, des temples, des arcs de triomphe, des aqueducs et des bains publics ; et, pour ces édifices, comme d'ailleurs aussi pour les simples habitations des particuliers, il n'y eut d'autres matériaux que la pierre. Le pays ne produisant pas de bois de construction de quelque essence que ce soit, les habitants, poussés par la nécessité, apprirent à faire en pierre toutes leurs constructions, même les portes, même les armoires. Cette pénurie du bois eut donc l'important résultat de leur donner une habileté extraordinaire à employer comme toiture pour de grands espaces, des constructions en pierre, c'est-à-dire des voûtes. C'est là que de Yogùé a trouvé les premiers essais de coupoles' élevées, sur une surface rectangulaire, et il a ainsi surpris le secret de la naissance des pendentifs byzantins.
Mais nous devons au même savant une décou-
! verte plus intéressante encore : celle d'une série de monuments dans le nord de la Syrie, au sud d'Antioche et d'Alep. Là, sur une superficie de moins de cinquante lieues, s'étendent de nombreuses villes, abandonnées depuis douze siècles, mais dont on peut encore étudier, dans leurs moindres détails, les rues, les maisons et les églises. Des tremblements de terre ont, en plus d'un endroit, fait tomber les colonnes et les voûtes. Mais la civilisation, qui est plus fatale aux antiquités que le temps luimême, n'y a rien gâté ; car, seuls, les habitants de quelques hameaux nichés dans les ruines, ont été à même de vouloir et de pouvoir emporter le peu de bois que contenaient ces constructions. Ces antiques cités se sont donc conservées, parce qu'à l'empire romain a succédé un pouvoir central très faible ; incapable de porter son action si loin des côtes de la mer, il a laissé le désert envahir ces fjL^ régions.
^T*.Â^ L'architecture qu'on retrouve dans ces ruines est ^ /n*analogue à celle de la Syrie méridionale mais ■ I I / adaptée aux besoins d'une société chrétienne ; ses '**^ Il dates extrêmes s'étendent du IV® au VIF siècle. La nouvelle religion a triomphé. Partout s'élèvent de brillantes églises. et des tombeaux précieux. De vastes maisons sont ornées de paroles tirées de la Bible ; à chaque pas on trouve des croix sculptées sur les chapiteaux de pierre qui surmontent les portes ; et sur une tombe, au-dessus du monogramme du Christ,