RÉTABLISSEMENT DU OULTE DES IMAGES
fils, qui lui succéda, continua son système; mais,^ ^ excité par l'opposition des moines et du clergé, il se ' ' montra plus violent et plus cruel que son père. Il s'acharna contre les couvents et le culte des saints, par mépris profond pour tout ce qui lui faisait l'effet de superstition. Son gouvernement énergique mit l'empire à l'abri des Bulgares et des Sarrasins ; aussi une grande prospérité lui est-elle due. Mais, en persécutant contre tout droit ceux de ses sujets qui pensaient autrement que lui, ou qui ne pensaient pas du tout, il prépara, pour l'avenir, l'échec définitif de ses plans de réforme et s'aliéna, dès l'abord, une partie de son peuple. Déjà du temps de son père,gL » beaucoup de gens, décidés à ne pas renoncer au culte K^ des images, avaient émigré dans le sud de l'Italie 3^4. et, avaient ainsi hellénisé pour la seconde fois ces ^ régions, que l'antiquité nommait déjà la Grande Grèce. Pendant quatre siècles, ils y firent fleurir une civilisation qui exerça une influence considérable sur le développement de l'art italien.
Les Papes étaient peu favorables aux iconoclastes ; mais, de part et d'autre, on évitait une rupture ouverte. On finit cependant par se brouiller, et le clergé de la vieille Rome se mit à rechercher de plus en plus l'appui du pouvoir temporel de l'Occident. Ainsi se prépara la division définitive de l'Europe en un empire d'Occident et un empire d'Orient, dont les frontières religieuses coïncidaient, d'ailleurs, avec celle des nationalités.
La réaction n'éclata que sous l'arrière-petit-fils de
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Léon. Appelée à la régence pendant la minorité de cet empereur, Irène, sa mère, continua à gouverner fuand fut expiré le temps de sa tutelle. Dans Tintérieur du palais éclata une révolution, à laquelle Irène mit fin en faisant crever les yeux à son fils. L'impératrice jouit cinq ans (797-802) de son triomphe, mais ne réussit pas à effacer ses crimes aux yeux de l'orthodoxie, en rétablissant le culte des images et l'adoration des saints. En Occident, le pape prit comme raison, ou plutôt comme prétexte, la présence d'une femme, sur le trône pour couronner un nouvel empereur, qui n'était autre que Charlemagne (800); et l'unité de l'empire brisée, en fait, depuis longtemps, cessa d'exister même de nom.
Mais le mouvement inauguré par Léon n'était pas A définitivement arrêté. Pendant plus d'un demi-siècle, 1 les provinces asiatiques combattirent le culte des 1 images, qui leur faisait l'effet d'une horrible idolâtrie. i Tout ce qu'elles y gagnèrent fut de donner aux I moines plus de prestige que jamais, et la seule trace il durable de cette lutte, c'est, dans l'Église grecque, \ la défense de faire des statues. A leur place on mit des peintures, dont certaines parties étaient en relief ; la foule pieuse les baise et trouve, depuis des siècles, des motifs d'édification et de consolation dans cette p ratique superstitieuse, que la dynastie syrienne avait en vain tenté de détruire.
Toute l'histoire politique de Byzance pendant les trois quarts du IX^ siècle peut se résumer en