‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 6 sur 122 · CARACTÈRE CHRÉTIEN ET ROMAIN DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE CHRÉTIEN ET ROMAIN DE CONSTANTINOPLE

sa nouvelle capitale, il tolérât les temples des païens, bjjen jiu^n^jU œ sa vie durant le titre de

Poîitifeoo maximus et qu'il eût placé, au dessus de l'une des entrées monumentales de son palais, une statue de la Fortune, rapportée de Rome, il ne favorisa jamais d'autres constructions que les églises chrétiennes. On lui en attribue quatorze, dans la seule enceinte de la ville; dans le nombre, il faut citer tout d'abord Sainte Sophie, consacrée au Logos^ le verbe incarné dans le Christ, qu'aurait eu en vue l'auteur des Proverbes quand, dans son huitième chapitre, il fait dire à la Sagesse : « L'Eternel m'a créée dès le commencement de ses voies, avant qu'il fît aucune de ses œuvres. J'ai été consacrée depuis l'éternité, dès le début, dès l'origine de la terre ». Cette église, comme beaucoup d'autres à Constantinople, fut à plusieurs reprises détruite par l'incendie et rétablie, en tout ou partie, dans son état primitif par les successeurs de Constantin ; elle fut enfin entièrenent réédifiée sous Justinien, qui lui donna la forme qu'on admire encore aujourd'hui.

Semblable, on le sait, à la plupart des édifices byzantins des deux premiers siècles qui suivirent la fondation de la capitale, sa disposition correspondait à celle des églises de l'Europe Occidentale, et comprenait une longue nef, rectangulaire, surmontée d'une toiture en bois.

Le zèle de Constantin pour le culte chrétien était-il le résultat d'une vive foi religieuse ? Certains

savants, ne voyant en lui que le génie politique, ont dit qu'il ne jugeait les religions que d'après l'utilité qu'elles pouvaient avoir pour sa seule politique. A leurs yeux, les inconséquences de son attitude, comme aussi les crimes dont il s'est rendu coupable (le meurtre de son fils et de plusieurs de ses très proches parents) témoignent du peu de sincérité de sa conversion. Mais, sans parler de ses panégyristes ' ecclésiastiques, d'autres auteurs ont fait remarquer que, s'il n'avait eu que des raisons politiques pour favoriser la nouvelle foi, il n'aurait pas pris certaines mesures qui devaient faire un tort considérable au paganisme. Il a,^ar exeniple, interdit la pratique des aruspices, qui consultaient les entrailles des victimes pour annoncer l'avenir ; et ainsi finit un art qu'on redoutait, parce qu'on le croyait révélé par les anges déchus à l'humanité perverse. Il^ombattit aussi les sacrifices, et ses mesures eurent pour effet de rendre superflus les temples païens.

Il allait donc, dans la pratique, beaucoup plus loin f que ne l'eût fait supposer le texte de l'édit de Milan l (313) ; cette loi, en effet, accordait simplement la pleine liberté du culte. Le meilleur moyen de résoudre cette contradiction, c'est de voir avant tout, dans Constantin, le César romain décidé à maintenir l'unité de l'empire. Il se rendait bien compte, que le christianisme était devenu une puissance en face de laquelle le paganisme n'eût pu se maintenir à la longue, morcelé comme il l'était en quantité de sectes et de i cultes locaux ; ce qui lui manquait surtout pour

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