‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 60 sur 122 · LÉON LE SAGE ET CONSTANTIN PORPHYROGÉNÈTE · texte numérisé non relu

LÉON LE SAGE ET CONSTANTIN PORPHYROGÉNÈTE

très différents, publiques ou très intimes. Il se montra aussi énergique envers ses sujets que redoutable à ses ennemis les Sarrasins. Son fils et son petit-fils n'avaient ni la puissance de volonté ni la force musculaire qui le distinguaient mais tous deux se sont acquis un certain renom comme littérateurs. ^

Son fils, Léon le Sage (886-911), qui rassembla et^ ^1; révisa les lois de l'empire, acheva ainsi l'œuvre <// ^</ commencée par son père. On sent que cette codification s'est faite dans un esprit de réaction contre les mesures de Léon l'Isaurien. Les Basiligues, pour donner à ces nouvelles collections de lois le nom sous lequel on les connaît, abolissent, quand elles le^euventj les décrets des empereurs iconoclastes pour revenir à la législation de Justinien ; sous maint^ rapport j, ce retour est plus apparent que réel ; pour mieux dire, il est plutôt théorique : témoin les novelles publiées par d'autres empereurs dans la suite pour maintenir les ordonnances de Léon l'Isaurien et de son fils. Mais le code n'en conserve pas moins son caractère chrétien et ecclésiastique et continue à prohiber, sous peine de mort, des institutions païennes, comme, par exemple, le concubinat. Après Basile et Léon, la législation ne subit plus de changements sur des points importants.

Constantin Porphyrogénète (912-959), qui exerça eifectivement le pouvoir un an après la mort de son père, n'eut jamais qu'un rôle très insignifiant comme chef de l'Etat : aussi bien à l'époque de sa

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minorité que lorsqu'il fut censé diriger lui-même son empire, il se borna à être le symbole de la puissance byzantine. Si grande que fût la splendeur dont s'entourait cette puissance, il a, plus qu'aucun autre empereur, contribué à la faire connaître de ses contemporains et de la postérité, par ses travaux archéologiques. Avec cette prédilection des esprits faibles pour l'éclat extérieur de leur dignité, il a écrit un exposé détaillé des cérémonies qui devaient constituer la vie de la cour impériale.

Justinien, reprenant une tentative de plusieurs de ses prédécesseurs et notamment de Dioclétien, avait définitivement établi le culte de l'empereur divinisé. , Car la vénération témoignée au chef de l'état dans des I solennités telles que les décrit Constantin Porphyroj génète, n'est rien d'autre que l'adoration du divin 1 César Auguste, mal déguisée et continuée sous un î nom chrétien. Il avait, comme empereur, à la fois le j ' pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ; comme Basileus, il était le chef du monde hellénique, comme monarque unique ou auiocrator, le souverain absolu non seulement des nombreux peuples qui lui étaient soumis, mais du monde entier, qu'il fallait conquérir à la vraie foi. Cette haute mission enlevait à l'arrogante prétention des empereurs des païens ce qu'elle avait de sacrilège. Dorénavant, on n'élevait plus de I temples en l'honneur d'un chef, qui n'était qu'un homme ; mais cet homme était le vicaire de Dieu I sur la terre, l'égal des apôtres, le chef de l'Église ; ^ il gouvernait par le Christ et avec le Christ, dont le

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