‹ Essai sur la civilisation byzantineChapitre 62 sur 122 · AUGMENTATION DU NOMBRE DES MONASTÈRES · texte numérisé non relu

AUGMENTATION DU NOMBRE DES MONASTÈRES

inventorié jusqu'au moindre détail ; les meilleures traditions de l'armée romaine se conservaient dans de nombreuses études savantes, écrites par les empereurs précédents ; ce qui les empêchait de tomber au rang de formules sans vie, c'est qu'on les pratiquait même pendant les longues années où la tranquillité relative dont on jouit sous Léon le Sage et Constantin Porphyrogénète n'empêcha pas les escarmouches aux frontières. On étudiait avec soin la façon dont tous les peuples environnants faisaient la guerre, et la tactique des Byzantins se réglait d'après celle des ennemis. Grâce à des signaux transmis par des feux, \ on apprenait sans délai à Gonstantinople ce qui se passait aux limites de la Syrie. Constantin nous énumère les stations qui servaient à transmettre les nouvelles alarmantes à travers l'Asie mineure.

L'artillerie surtout était devenue une arme puissante ; des obstacles pour la cavalerie ennemie, des bombes à main remplies de feu grégeois, une intendance excellente, faisaient des troupes de Nicéphore des ennemis redoutables, même en rase campagne, pour les soldats aguerris d'Alep et de Mossoul. L'art I de la guerre est la science que les Byzantins ont j pratiquée avec plus d'originalité que toute autre. *

Bien que Nicéphore fût pieux et même superstitieux, si nous le jugeons d'après nos idées, il n'aimait ni les couvents ni les prêtres. Alors qu'il laissait à la noblesse rurale pleine liberté de refouler les petits cultivateurs, il s'efforçait de maintenir l'équilibre des finances en combattant l'accroissement des biens

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de main morte, et prenait son parti de l'impopularité que ses mesures devaient entraîner dans un état ecclésiastique ; car on expliquait tous les malheurs de l'empereur ou de l'Etat en déclarant que c'était le châtiment des offenses faites à Dieu quand il s'attaquait aux œuvres pies. Nicéphore ne pouvait

fi se dissimuler que TÉtat s'affaiblissait d'une manière inquiétante par suite du zèle religieux, qui poussait

i un nombre toujours plus grand d'hommes vigoureux

f à fuir le monde pour vivre dans les cloîtres ou qui, tout au moins, les décidait à consacrer leur

' argent et leurs biens à des fondations pieuses. Et, de fait, il y avait à Byzance infiniment plus de couvents que n'en réclamait le droit à la vie contemplative aussi largement conçu que possible, si on voulait que ce droit ne nuisît pas à la prospérité de la société.

Quoi qu'il en soit, ce fut en vain que Nicéphore défendit de fonder de nouveaux couvents et, quelques années plus tard , une novelle impériale leva l'interdiction ; dès lors, la vie monacale continua à prendre de l'extension et à miner l'empire. Nicéphore s'était rendu extrêmement impopulaire par son administration économe et par l'horreur qu'il avait pour tout luxe, bien que ses dromons ramenassent, dans la capitale le butin des villes les plus riches du monde musulman. Aussi, quand'^son neveu, un Arménien qui

. était officier de cavalerie, l'assassina traîtreusement à rinstigation de l'impératrice, le peuple byzantin accepta si bien le fait, qu'il décerna au meurtrier le

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