BASILE II LE TUEUR DE BULGARES
titre d'empereur régent pendant la minorité d'un descendant de la maison macédonienne.
Au dixième siècle, à Constantinople, comme autrefois déjà dans l'empire d'Occident ou sous les Califes d'Orient, le pouvoir suprême semblait devoir passer à des maires du palais, qui réduiraient les empereurs à n'être plus que le vain symbole d'un Etat sans constitution. Mais il n'en fut pas ainsi ; car, après un règne de courte durée, pendant lequel il combattit victorieusement les Bulgares, les Russes et les Sarrasins, après avoir obtenu du patriarche la sanction ecclésiastique de son pouvoir illégal grâce à la confession de ses fautes, le successeur de Nicéphore fut remplacé par le prince le plus énergique de la dynastie, Basile II (976-1025), surnommé le tueur de Bulgares.
Avec Basile II, qui régna longtemps, nous arrivons à la période la plus brillante de l'histoire de Byzance. Les tentatives que Ton fit pour placer à son tour ce prince redoutable sous la tutelle de généraux ou de ministres échouèrent. Dur et austère comme un ascète, il se montrait tantôt magnanime et tantôt cruellement inhumain, suivant que les circonstances semblaient l'exiger. Après une lutte de trente ans, il parvint à détruire le plus grand danger qui menaçait l'Etat, c'est-à-dire l'empire des Bulgares. Il avait, en effet, été attaqué par le prince des Bulgares et empereur des Romains, car tel est le titre plein de menaces qu'avaient adopté au commencement du dixième siècle les souverains de la partie occidentale
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de la presqu'île balkanique. Si le sort avait favorisé l'agresseur, la guerre se serait terminée par l'anéantissement de la Rome d'Orient. La partie la plus occidentale de l'empire bulgare, la Macédoine et l'Albanie, constituait 1^ citadelle dont la possession pouvait seule procurer la paix ; mais, pour pénétrer jusque là, Basile dut commencer par dompter la Bulgarie orientale, qui, bien que déjà soumise à la domination byzantine, était en révolution et faisait courir ainsi un grand danger à l'empire. Les conquêtes de Basile se firent lentement, mais sûrement. Quand une garnison byzantine rencontrait des Bulgares en force supérieure, elle achetait la paix par des présents ou par la reconnaissance de leur suzeraineté ; au contraire, une bonne récolte avaitelle mis les habitants à même de s'approvisionner pour longtemps, on fermait les portes et l'ennemi devait de nouveau employer toutes ses forces à disputer un poste avancé aux Byzantins, qui pénétraient toujours plus avant dans le pays. Quand, grâce à leur persévérance et à leur heureuse tactique, les Byzantins avaient atteint leur but, ils traitaient avec douceur le pays conquis et lui permettaient de conserver ses lois et son organisation religieuse. Mais le souvenir des cruautés commises par l'empereur n'en resta pas moins vivace; il était allé ainsi jusqu'à faire aveugler 15.000 prisonniers, n'en laissant qu'un sur cent en possession de l'un de ses yeux, pour qu'il pût servir de guide aux autres et les ramener au roi bulgare. De nos jours encore, le parti bulgare en