LES GRANDS PROPRIÉTAIRES
Macédoine se plaît à rappeler le traitement odieux que les coreligionnaires de Tempereur firent subir à leurs ancêtres.
Basile étendit l'empire vers l'Est en soumettant l'Arménie ; mais, en détruisant un État indépendant, il priva la chrétienté d'un puissant rempart contre les infidèles.
Dans ses nombreuses marches à travers l'Asie Mineure, l'empereur eut l'occasion de constater que les riches propriétaires n'avaient cessé de s'étendre aux dépens de la classe moyenne. Ici, comme partout ailleurs, il voulut anéantir de sa main de fer les forces qui lui résistaient. Son triomphe sur les Bulgares, en rétablissant les communications avec l'Adriatique et en mettant à l'abri des coups de main la Thrace si fertile en blé, avait rendu son ancienne puissance à la moitié européenne de l'empire. Dès lors, on ne dépendait plus entièrement de l'Asie Mineure pour l'importation des céréales. La couronne n'hésita pas à engager la lutte contre la noblesse des campagnes. L'empereur déclara tout haut que la formation de latifundia, contre laquelle avait déjà lutté la république romaine, était funeste aux intérêts de l'Etat. Un personnage, qui avait racheté tout un village pour s'en faire une résidence de campagne, se vit exproprier de force au profit des paysans, entre lesquels on répartit de nouveau les terres. En réformant l'impôt foncier, Basile chercha à arrêter aussi par des moyens légaux l'insatiable appétit des riches propriétaires. Mais on dut bien s'apercevoir qu'il
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est plus facile de soumettre un peuple belliqueux que d'enrayer une évolution économique. Les grandes familles continuèrent à gagner de l'influence, et cet empire romain de soldats et de fonctionnaires commença dès lors à se transformer en une aristocratie féodale, destinée à périr finalement par sa propre division.
Sous des gouvernants faibles, cette évolution allait suivre paisiblement son cours. Lorsque enfin, au Xlir siècle, les Francs eurent l'occasion de connaître la situation de cette population agricole, ils trouvèrent, pour quelques propriétaires féodaux, une quantité innombrable de pauvres paysans attachés à la glèbe ; et ils n'avaient pas tort quand ils comparaient la masse des cultivateurs à leurs propres vilains si méprisés.
En même temps, la civilisation et la religion de Byzance gagnaient du terrain. En Orient, comme en Occident, les mariages impériaux achevèrent et affermirent l'œuvre commencée par des marchands et des moines. Ainsi, en 987, la sœur de Basile, devenue l'épouse de Yladimir, prince de Kiew, partit pour la barbare Russie : elle était le gage des relations amicales des deux nations. Vladimir se fit baptiser avec tous ses sujets et fonda la première église sur les rives du Dnieper. On raconte qu'il ne prit cette grave détermination qu'après avoir fait établir, par une commission, quelle religion pouvait bien se dire la meilleure. Ni l'islamisme, ni le christianisme de Rome n'avaient fait sur ces sceptiques