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LA DIFFUSION DU LATIN

ainsi qu'il abolit le supplice de la croix, défendit de tuer ou d'exposer les petits enfants, proscrivit les combats de gladiateurs et favorisa la fondation d'institutions charitables.

Constantin se considérait avant tout comme empereur romain ; sa langue, était le latin ; q^uant au grec, au dire des historiens, il ne le parlait que rarement. Et il n'est pas douteux que, dans la question des langues, son but ne fût la prédominance de l'élément latin. En cela aussi, il ne fit que suivre Texemple de plus d'un de ses devanciers. Ce n'est pas un fait isolé que celui qu'on raconte au sujet de l'empereur Claude : il aurait, dit-on, enlevé le droit de cité à un Lycien qui ne comprenait pas le latin ; car, pensait l'empereur, un citoyen romain devait connaître la langue de l'empire. Dans les provinces aussi, la langue du gouvernement était le latin ; celle des monnaies également, tout au moins pour les métaux précieux ; quant à la menue monnaie de cuivre, qui a toujours un caractère local, il fallut, naturellement et dès les premiers temps, faire des concessions.

Grâce aux relations des deux peuples, grâce surtout à rétablissement de nombreux vétérans en Orient et à l'influence du pouvoir central de Rome, la connaissance de la langue latine se répand dès les premiers siècles de notre ère. On voit, par maints détails, que différents auteurs grecs, notamment les historiens, connaissent la langue de Rome. Plutarque nous dit que, malgré son âge avancé, il se met au

latin et il nous donne d'amusants exemples de Grecs qui, s'imaginant connaître cette langue, font toutes sortes de quiproquos. Constantin, dans sa nouvelle capitale, était donc entouré de Grecs qui étaient certainement familiarisés avec le latin : c'étaient ceux qui appartenaient aux classes supérieures. Il s'efforça avec beaucoup d'énergie de faire de sa langue maternelle la langue de l'Etat. L'historien de l'Eglise, Eusèbe, contemporain et admirateur de Constantin, rapporte qu'il faisait prier ses soldats en latin et il traduit même le texte de cette oraison. Yeut-on mettre en doute l'exactitude de ce renseignement, il n'en reste pas moins certain que, dans l'armée, les commandements se faisaient dans la langue de Rome et il est même probable que les efforts de l'empereur allèrent vraiment aussi loin que le dit Eusèbe.

Quand le christianisme devint la religion de l'Etat, la langue de l'Etat dut aussi être celle de l'Église. A cette occasion l'empereur entra naturellement en conflit avec un grand nombre de prêtres de l'Orient et il fallut faire mainte concession. Mais, ici aussi, le chef de l'Etat fît triompher sa volonté ; on le vit bien au Concile de Nicée (328), quand, pour s'adresser à des évêques grecs, il se servit du latin.

Si même nous n'avions pas de renseignements de ce genre sur les intentions et les actes de l'empereur, nous pourrions encore tirer, de l'examen même de la langue grecque, la preuve des tentatives qu'on fit

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