LA DIFFUSION DU LATIN
pour la latiniser et qui réussirent en partie. En eifet^ dans les inscriptions du quatrième siècle, nous rencontrons une grande quantité de mots latins mêlés au grec ; c'est le cas non seulement pour celles qu'on a retrouvées dans l'Hellade, mais encore pour celles qu'on a découvertes dans des endroits bien éloignés de la cour impériale : Il en est ainsi des papyrus grecs déterrés en 1898 à Oxyrynchus dans la Haute- Egypte : on constate que de nombreux mots latins se sont introduits dans les textes qui datent du quatrième siècle.
Toutefois, on avait déjà fait, avant cette époque, des tentatives pour amener un rapprochement linguistique entre l'Orient et l'Occident. C'est- au troisième siècle qu'appartiennent les curieux dialogues grecslatins qui portent le nom de Dosithée, et qui sont de véritables manuels de la conversation; mais des livres de ce genre ne pouvaient guère exercer d'influence sur le langage de la masse.
A la fin du règne de Constantin, nous voyons que les deux grandes forces qui mettent en danger l'Hellénisme païen, le latin et le christianisme, sont devenues très menaçantes. La lutte contre la religion et la langue de l'Hellade est commencée, et toute la force dont l'autorité pouvait disposer est dirigée contre l'hellénisme, qui ne trouve plus d'appui que sur le sol même où se déroule le combat.
Rome, on le verra, l'emporta dans l'administration de l'Etat et de l'Église : car c'est là que l'autorité et l'exemple ont le plus d'action. Le succès, d'ailleurs,
ne modifia pas beaucoup Thellénisme ; bien mieux, il est permis de soutenir qu'à ce prix là seulement l'élément grec s'est maintenu, car on ne pouvait réaliser l'unité préconisée par les plus grands esprits de l'antique Hellade, qu'en soumettant les pensées et les sentiments à la discipline des Latins. Et la nationalité grecque, qu'aucune politique n'avait réussi à créer en réunissant les tribus grecques, se trouva constituée par l'Eglise. Ce fut, il est vrai, au prix du sacrifice de bien des sentiments élevés ; mais on sauvegardait ainsi l'existence matérielle de la nation et rien n'empêchait d'espérer la renaissance d'une vie plus brillante.
Le successeur immédiat de Constantin, Constance, adopte complètement sa politique. Lui aussi, il est empereur chrétien ; seulement, il est plus franchement arien et plus dominé encore par la passion de devenir souverain unique dans toute la force du terme. Pour lui aussi le latin est la langue de l'empire. Mais, avec Julien (361-363), il semble qu'une puissante réaction va se produire.
Cet homme éminemment doué, animé des plus nobles intentions et décidé à maintenir la sécurité et la grandeur de l'empire, fût-ce au prix de son repos et de son bonheur personnels, employa, dans ce but, des moyens tout-à-fait contraires aux idées de ses prédécesseurs immédiats. Mais ce n'est pas la vertu, c'est le tact qui fait le succès des hommes d'état. Aussi l'activité que Julien déploya pendant peu de temps, W est vrai, mais avec une incroyable