APERÇU HISTORIQUE ET POUTIQUE
Le livre de Gibbon sur la décadence et la chute de l'Empire.
— Solidité de la dynastie. — Affaiblissement de l'État. — Alexis I Gomnêne. — Privilèges accordés aux Républiques commerçantes d'Italie. — Les croisés et Alexis Gomnène.
— Ses successeurs. — Opposition contre la puissance croissante des Francs. — La maison Angélus. Perte de. la Bulgarie. — La croisade latine. — Les mots italiens en grec moderne. — Reprise de Gonstantinople. — Décadence générale. — Le concile de Florence. — La chute de l'Empire. — L'Église nationale.
Gibbon, dans son ouvrage monumental, l'histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, fait commencer la période du déclin à la fin du temps des Antonins; pour lui, l'extension considérable de la puissance de Justinien n'a été qu'un brillant
épisode sans lendemain. Mais celui qui aurait à retracer à notre époque les événements dont le titre du livre de Gibbon donne le programme, devrait commencer son histoire neuf siècles plus tard, car c'est la mort de Basile le Tueur de Bulgares (1025) qui inaugure la période d'épuisement progressif, préludant à la mort du grand empire chrétien. Et une représentation graphique du cours de cette maladie ne nous donnerait pas une ligne descendant constamment ; sans plus jamais remonter au niveau de son point initial, elle suivrait, pour plus du tiers de sa longueur, une direction presque complètement horizontale, tomberait alors subitement jusque près du point le plus bas du schéma, et, de là, elle courrait, avec quelques variations, jusqu'au point final. La ligne horizontale, c'est la période des Gomnènes ; la chute subite, c'est la conquête de Constantinople par les Latins (1204) ; la suite symbolise l'agonie de l'empire sous les Paléologues.
La dynastie macédonienne, grâce à ses conquêtes et surtout à celles de Basile II, s'était plus solidement affermie qu'aucune autre famille antérieure. L'idée d'une royauté légitime, inséparable d'une bureaucratie puissante, avait poussé de si profondes racines au dixième siècle, que toutes les folies commises par les successeurs immédiats de Basile ne suffirent pas à rendre acceptable aux yeux du peuple un changement de gouvernement. Une nièce de Basile, qui avait le tempérament d'une Catherine II mais non ses talents,put impunément