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INFLUENCE DE LA THEOLOGIE PAÏENNE

l'avis de l'empereur, qui attendait du secours de l'Occident, il publia des livres de tout genre pour plaider la cause de l'union avec Rome. Mais, dans la suite, déposé et banni, il changea encore une fois d'avis et se prononça contre l'alliance des deux Églises.

La théologie nationale, fortement établie dans les couvents du Mont Athos, remporta la victoire, et elle n'eut pas toujours besoin pour cela d'accumuler des passages d'autorités ecclésiastiques. La querelle dogmatique qui, au quatorzième siècle, a, sous le nom de controverse des Hésy chastes, fait couler tant d'encre, n'était, au fond, que la révolte de la théosophie orientale contre la scolastique occidentale, pénétrant en Orient avec les croisades. Les Hésychastes croyaient, grâce à une prière ininterrompue prononcée en contemplant leur nombril à la manière des fakirs, parvenir à voir la transfiguration du Christ à laquelle St Pierre, St Jacques et St Jean avaient, au rapport de St Mathieu, assisté sur la haute montagne. Cette croyance et cet ascétisme, orthodoxes ou non, mais qui choquent si fort notre raison, furent combattus ou défendus par des hommes de grande science, et, finalement, reconnus par l'autorité ecclésiastique comme justifiés aux yeux de l'orthodoxie. Et cette décision fut, avant tout, un triomphe qu'on remportait sur la théologie de l'Occident.

La théologie, que le contact avec l'Occident n'avait pu rajeunir, comme on vient de le voir, ne fut pas

non plus réformée par ceux qui tentèrent de lui appliquer les idées des anciens philosophes. En effet, la tentative que Psellus fit en ce sens, au onzième siècle, échoua complètement.

Nous avons déjà dit plusieurs fois que Byzance n'avait jamais rompu avec la tradition des penseurs païens. Mais il y a quelque chose de nouveau dans la manière dont Psellus les a étudiés, notamment Platon ; le mouvement qu'il inaugura peut être comparé à la Renaissance dans l'Europe occidentale. Déjà le grand patriarche Photius connaissait fort bien Aristote ; un de ses élèves, Aréthas, nous a laissé des remarques sur Platon ; c'est même de sa bibliothèque que provient le fameux manuscrit de Platon qui est la base de l'étude que les modernes ont faite du texte de cet auteur. Mais ces deux savants se bornaient en réalité à conserver les trésors de l'antiquité. Or Psellus va plus loin. Sa philosophie n'est pas le néo-platonisme, mais le système même de Platon, qu'il mit en rapport immédiat avec sa foi de chrétien. Il voit dans les philosophes grecs des prophètes et, au-dessus d'eux tous, brille Platon, auquel il sait gré de s'être élevé « de la vallée des Grecs aux hauteurs du Christianisme ». Mais ses cours (il était professeur à l'université de Constantinople) n'ont pas eu, sur ses contemporains, l'influence qu'on aurait pu attendre d'une étude indépendante de Platon. Les causes principales de son insuccès proviennent de la civilisation de son temps ; la notion même d'un art élevé ou d'une science véritable

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