LES HÔPITAUX
ces œuvres déraisonnables pour les légitimes représentants de la science médicale des Byzantins : la langue seule suffirait à le prouver ; mais les adeptes sérieux de la médecine semblent aussi, au jugement des savants compétents, avoir produit peu de travaux originaux. Ici, de même, c'est le manque d'idéalisme qui est la cause du mal : aux universités, on formait,, il^st vrai j^ d'excellents praticiens, qui devaient toute leur science aux manuels des Arabes ; mais il ne s^est^. pas produit d'école qui ait étudié la pathologie et la thérapeutique pour elles-mêmes.
Qui)i qu'il en soit, nous savons que, dans la capi- j^^^^ laie, l'organisation des soins à donner aux malades o > avait atteint une perfection admirable. On peut en / /^ parler avec assurance, parce que nous possédons encore les statuts d'un couvent fondé par un empereur de la maison des Gomnènes ; or ils nous donnent différents détails sur l'arrangement de l'hospice, le Xénon, qui était rattaché à la fondation. L'hospice était monté pour cinquante lits. Il s'y j joignait une ambulance pour les malades du dehors ; 1 c'était donc une polyclinique. L'hôpital proprement ^| dit comprenait cinq divisions : une division de chirurgie avec cinq lits ; une autre, de huit lits, pour les maladies aiguës et très graves ; deux pour les affections ordinaires, chacune avec dix lits ; et une division gynécologique, pourvue de douze lits. Chaque division avait deux médecins, cinq assistants | et deux domestiques. Dans la section des femmes, .• une femme médecin était adjointe aux deux docteurs ; Il
» la nuit, c'étaient les assistants qui veillaient. Tous
' les employés étaient salariés ; dans certaines occa-
' siens, par exemple lors de la fête des patrons des
médecins, St Côme et St Damien, ils recevaient, en
outre, un cadeau extraordinaire. S'il se produisait
un cas grave à la polyclinique, il fallait, d'accord
avec les directeurs, appeler un second médecin en
I consultation. Tous les jours l'un des directeurs
' visitait toutes les chambres de malades, examinait
si leur nourriture était bonne et s'informait s'ils
étaient satisfaits de la manière dont ils étaient
traités.
L'hôpital avait une pharmacie propre, régie par
un directeur avec cinq aides, et pourvue d'une étuve
à bains d'une boulangerie et d'une église. Enfin, à
l'établissement se rattachait une institution chargée
d'entretenir continuellement vingt-quatre vieillards
qui ne pouvaient plus travailler ; les statuts réglaient
avec soin tout ce qui concernait cette division. Nous
I savons, de plus, que tout malade admis à l'hôpital
recevait du linge et des vêtements propres ; ceux
H qu'il avait apportés étaient lavés et on les lui rendait
* à sa sortie.
Tous les détails que nous donnons ici ne sont pas toujours complètement compréhensibles. On s'étonnera probablement du grand nombre des médecins et l'on se demandera si, dans un hôpital où il y a presque autant de personnes qui soignent que de personnes soignées, peut régner la tranquillité nécessaire. Les gens compétents expliqueront les choses ;