INTRODUCTION
< sciences des livres dont les raisons ne sont que probables, et qui n'ont aucunes démonstrations >. Une fois constituée, la science est une et cohérente, malgré la diversité des ouvriers qui Tont construite. Ce n*est point, en effet, la pensée d*un esprit qui s'ajoute aux pensées des autres esprits ;. c'est ce qu*il y a de vrai dans une conception qui s*ajoutè à ce qu'il y a de vrai dans d'autres conceptions. Les personnalités s'effacent dans l'œuvre impersonnelle,
La science s'organise donc et se classe toute seule à mesure^ qu'elle se fait ; chaque vérité y prend sa place propre, par cela même qu'elle se démontre. Dans le présent travail, il convient seulement d'observer et de décrire : inventer serait une faute de logique. Gardons-nous donc bien de dresser un tableau symétrique comme celui d'Ampère, surtout, de faire, comme lui, une classification close, d'enfermçr dans un cadre inextensible et rigide une chose vivante, qui se transforme et qui s'accroît S Je constaterai d'abord la structure des sciences les plus parfaites, je présenterai des observations sur quelques points obscurs, je chercherai à déterminer quelques limites qu'il n'est pas indifférent de méconnaître ; puis, à mesure que j'arriverai à des sciences moins définies, je tracerai des lignes de démarcation d'une main plus hésitante, évitant soigneusement de donner une netteté arbitraire aux contours des sciences qui ^ ont encore les traits indécis et les formes enveloppées de la première enfance.
(1) Ampère a voulu que les «ciences noologiques eussent le même nombre de divisions que les sciences cosmologiques, et des divisions symétriques ; sauf la bipartition initiale de ces deux embranchements, la classification est uniformément tétrachotomique ; il a condensé tout le système en un tableau, où il formule en deux vers latins la double opposition dont se compose chaque groupe de quatre sciences élémeniaires.