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d'existence. Ce qui est réel, c>st le concret, avec toutes ses déterminations. Il est inépuisable en qualité, mais la science isole ces qualilés pour les étadier séparément ; elle a donc nécessairement pour objet des abstractions qu*il faut se garder de réaliser. II ne faut pas se demander s'il y a des atomes^ mais si les phénomènes physiques sont réductibles à des communications de force vive entre des atomes ; et le physicien, quand il y aura réussi, n*aura saisi qu'un aspect des choses. La conception ontologique de Tatorne risquerait de fausser les principes de la physique et d'en arrêter les progrès, comme la conception ontologique de la force a fait chanôeler les premiers pas de la dynamique. L'atome est un concept abstrait, aussi bien que les quantités pures, les figures purement géométriques? les points matériels sans figure et sans grandeur, mais doués de masse et soumis à des forces. Ajoutons à ces abstractions un élément de plus, rimpénétrabilité, ou le plein, ou l'être, et nous avons l'atome ; et nous passons de la Dynamique à la Physique.
La Physique n'a pas besoin, pour être vraie, que Tatome existe en soi et en dehors de tout esprit qui le pense ; de même que la géométrie n'est pas reléguée dans le domaine des chimères par les philosophies qui n'admettent pas la réalité objective de l'espace. Pour Leibniz, l'être n'est ni étendu, ni situé; toute qualité est perception, toute force appétition. Mais un être quelconque ne peut percevoir ou se représenter les qualités ou perceptions d'un autre être, que comme des figures ou des mouvements, et les forces inhérentes à cet être, que comme des forces motrices. Toute conception du monde extérieur prend donc nécessairement, même pour un leibnizien, la forme de la figure et du mouvement. Il est donc à la fois légitime et nécessaire de substituer à la monade ontologique l'atome du physicien : c'est précisément cela qui s'appelle faire de la physique. Puisque cette science consiste à considérer les choses du dehors, et part des qualités sensibles, on pouvait prévoir qu'elle aboutirait à la conception d'un être dont la nature intime resterait indéterminée, et qui n'aurait que des propriétés extrinsèques. Les séduisantes doctrines de la Monadologie n'ont rien à voir avec la Physique.
L'atome est donc une abstraction qu'il faut bien se garder de réaliser, un artifice logique propre à relier tous les faits physiques en un système intelligible. L'analyse scientifique décompose les choses, et sépare les points de vue desquels on
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peat les envisager et les comparer; elle considère snccessiyement, en allant da pins général au plus spécial, les relations qaaniitaiiyes, géométriques, dynamiques, )>h7siqaes, ces dernières n'étant pas moins abstraites et idéales que les premières.