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CONCLUSION SUR LA SOCIOLOGIE

du sociologue au calcul du mathématicien, qui, de la forme d'un certain nombre de boulets, déduit la manière dont ils doivent être combinés pour se tenir en équilibre. La comparaison est inexacte et ne s'applique pas aux faits sociaux. Ici, c'est bien plutôt la forme du tout qui détermine celle des parties. La société ne trouve pas toutes faites dans les consciences les bases sur lesquelles elle repose; elle se les fait à elle-même ,* • € Chaque individu est beaucoup plus un produit de la société qu'il n'en est l'auteur. » Il n'y a d'individus que s'il y a société, et dès qu^il y a des individus, ils agissent les uns sur les autres, donc il y a société.

Une zooglée bactérienne est une société tout à fait rudimentaire, une simple multitude presque sans cohésion. Mais on y trouve déjà V agglomération; elle semble pouvoir résulter de deux causes : 1^ il y a eu multiplication sur place; c'est le cas des zooglées en forme de taches ou de flocons; 2^ il y a inégalité dans le milieu, et les individus se rassemblent là où les conditions sont les plus favorables; telles sont les zooglées en forme de pellicules à la surface des bouillons de culture.

De l'agglomération nait la concurrence, et M. Durkheim a montré qu'elle est la cause déterminante de la division du travail. De la concurrence nait Xdi spécialité, La spécialité est une propriété de l'individu ; elle n'est explicable que par la société. L'individu même n'existe et ne naît que par spécialisation.

La reproduction est un phénomène social, tout autant que physiologique. Nul ne conteste que la relation de la mère et de l'enfant soit un phénomène social; à quel moment cette relation cesse-t-elle d'être physiologique pour devenir sociologique ?

Il y a société dès qu'il y a individu. Dès qu'on fait de la biologie, on fait de la sociologie, car on considère dès individus, par exemple des cellules, dans leur rappoit avec d'autres individus ou avec une collectivité. Il ne s'agit pas d'absorber la sociologie dans la biologie, et de la nier en lui refusant un objet propre, comme le font ceux qui prétendent que les problèmes sociologiques peuvent se résoudre par la seule considération de l'individu. Mais il n'y a pas de fossé entre les deux ordres de connaissances, pas de notion nouvelle et irréductible à introduire en passant de l'une à l'autre. Une relation, une action d'un être sur un autre, sont des notions communes à

(1) Div. du travail, p. 391.

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toutes les sciences. La biologie et la sociologie ne sont pas comme les figures semblables des géomètres, mais comme une. seule figure très complexe. Elles ne sont pas parallèles l'une à Tautre, mais Tune est le prolongement^ la suite naturelle de Tautre.

Biologie, psychologie, sociologie forment donc un seul système scientifique très complexe. Il n^est pas encore possible d'en désigner la notion fondamentale, analogue à la quantité, à l'espace^ au mouvement. Nous n'apercevons même encore dans les diverses sciences de la vie organique, mentale, sociale, aucune conception d'ensemble comparable à l'atomisme. Mais nous avons rencontré, au seuil même de la biologie, un élément irréductible au mécanisme, l'élément psychique, seul capable d^établir une distinction entre la vie et la mort, élément essentiel et constitutif de l'irritabilité cellulaire. Il ne semble pas qu'aucun élément original nouveau doive être introduit en pas* sant de la physiologie à la psychologie ou à la sociologie, ni qu'on puisse constituer des sciences séparées et indépendantes des organismes et des consciences, des individus et des sociétés.

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