‹ Essai sur la classification des sciencesChapitre 8 sur 47 · DÉDUCTION DANS I.E& 8CIENCSS DE LA NATURE · texte numérisé non relu

DÉDUCTION DANS I.E& 8CIENCSS DE LA NATURE

le signe de la coïncidence causale, et celle-ci à son tour «si le signe de la coïncidence constante.

Il est difQcile de mettre cette théorie d*accord avec les faits. D* abord, les « lois de concomitance >, qui n'expriment pas des relations causales, sont des résultats d^induction comme les autres. Or ces lois, la science ne saurait s'y ienir, mais elle ne saurait non plus s'en passer. Elles se trouvent au début de toute recherche, elles en sont le point de départ obligé.

En outre et surtout, le raisonnement inductif ne se fait jamais, ni explicitement ni implicitement, sous la forme que M. Rabier lui attribue.

Cause est un mot obscur, témoin les antiques débats, toujours renaissants, des philosophes. Si cette notion avait, dans la science expérimentale, le rôle considérable que lui prêtent les logiciens, comment les savants seraient-ils restés à peu près indifiTérents à ces débats?

Le déterminisme, au contraire, est une notion parfaitement claire. Mais c'est moins Taflirmation de la causalité universelle, que de l'universelle nécessité. Nécessité en dit encore trop. Le postulat de tout raisonnement inductif n'est rien de plus que Y Uniformité de la naturel La science n'est point une vaine tentative, car il existe un ordre naturel ; il n'y a pas, dans les phénomènes, d'arbitraire, d'indétermination, de caprice; il y a des lois, et tout est régi par des lois ; en un mot, tout phé*

antécédent qui n'est pas donné quand le phénomène dont on cherche la cause est donné, ou qui est donné quand ce phénomène n'est pas donné, (principe des lois et corollaires) ;,

« Or les antécédents B, C, D,... sont précisément dans ce ca| ;

« Donc ces antécédents peuvent être exclus. »

« â* moment: Affirmation d'un rapport de causalité. Le raisonnement est celui-ci :

« Tout fait a une cause ; donc tout antécédent d'un phénomène, s'il est unique, est cause de ce phénomène ; en d'autres termes, toute coïncidence solitaire est une coïncidence causale (principe de causalité et corollaire) ;

« Or, les exclusions ci-dessus opérées, la coïncidence entre A et a devient une coïncidence solitaire ;

« Donc cette coïncidence est causale.

• 3* moment : Généralisation de Vexpérience ou Induction» Le raisonnement est le suivant :

• Les mêmes causes produisent les mêmes effets ; ou Toute coïncidence causale est constante ;

- Or la coïncidence entre A et a est causale ;

« Donc cette coïncidence est constante » (p. 153).

(1) M. V. Egger a déjà, signalé que la « loi des lois » : tout phénomène a m cause, serait plus exactement formulée ainsi : tout phénomène est conditionné par d'autres phénomènes; en d'autres termes ; tout phénomène a sa loi. Art. Induction déjà cité.

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nontine etî Tun de» termetdune relation CùMUmie ; telle est la conviction, ou, si Ton vent, la foi da savant.

Le problème expérimental est donc celui-ci : Étant donné un phénomène, trouver par l'analyse des circonstances, le terme qui lui est invariablement lié.

C'est ici qu'intervient la coïncidence solitaire ; elle est évidemment une coïncidence constante, mais peu importe pour ■cela qu'elle soit causale ou non causale. Nous savons d'avance qu'il 7 a un concomitant invariable ; s'il n'y a qu'un seul concomitant, il est le terme cherché.

La notion de causalité n'a donc pas à intervenir dans le raisonnement inductif. Elle intervient seulement après, pour l'interprétation de ce raisonnement. La distinction même des lois empiriques et des lois causales n'est pas exacte. Il n'y a pas opposition absolue entre ces deux mots, empirisme et eau- . mUU. Certaines lois causales sont empiriques. Étudions donc tes diverses espèces de lois, par l'analyse de quelques exemples.

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