ARTICLE X
Pronostic.
Si la colique saturnine est simple, affectant un sujet pour la première fois, le pronostic ne devra pas être fâcheux; mais si des accidens cérébraux se déclarent, surtout si c’est l’épilepsie, on devra mal préjuger de l’issue de l’affection. On se rappelle en effet que les deux malades chez lesquels j’ai observé l’épilepsie saturnine ont l’un et l’autre très-promptement succombé, tandis que les trois qui ont offert des symptômes comateux et du délire ont tous guéri en peu de jours.
En général, dès que les ouvriers ont commencé à contracter la colique saturnine, ils deviennent de plus en plus aptes à en être affectés de nouveau. Ceci s’applique surtout à ceux qui rentrent dans les ateliers immédiatement après leur sortie de l’hôpital; s’ils laissent écouler un intervalle de plusieurs mois à un& année avant de reprendre leurs occupations, ils pourront continuer leurs travaux pendant long-temps avant de tomber malades : car la susceptibilité à contracter la colique n’augmente pas constamment avec le nombre de séjours que les individus font dans les fabriques de céruse et dé minium.
Si un malade était assez heureux pour guérir d’une épilepsie saturnine, devrait-on craindre que cette impression épileptique ne déter-
minât plus tard chez lui de nouveaux accès, comme cela s’observe d’ailleurs lorsque cette affection nerveuse se déclare sous l’influence d’une cause quelconque, ou par suite d’une prédisposition héréditaire. La science ne possède aucun fait pour résoudre cette question.
Les récidives de la colique saturnine seront considérées comme très-fâcheuses, parce quelles sont très-souvent suivies de paralysie des membres.