‹ Essai sur la colique de plombChapitre 4 sur 16 · SUR IA · texte numérisé non relu

SUR IA

Le plomb et ses diverses préparations, en pénétrant dans le corps de l’homme par quelque voie que ce soit, y déterminent des accidens variés. Les plus fréquens sont ceux que l’on observe du côté du tube digestif ; leurs caractères sont même si tranchés, que Stoll n’hésite pas (Méd. prat., t. I er ) à les considérer comme spécifiques de leur nature. Viennent ensuite ceux qui affectent le système nerveux central, d’où il résulte tantôt des mouvemens convulsifs épileptiformes avec délire ou état comateux, tantôt la paralysie des membres ou des organes des sens ; ou bien enfin on voit naître un trouble particulier dans les facultés intellectuelles, qu’il m’est impossible de bien caractériser, mais qui m’a paru pourtant se rapprocher jusqu’à un certain point de la démence.

Définition. Boerhaave dans ses Aphorismes, Sydenham dans ses ou-

vrages, ont, à l’exemple des médecins grecs, défini les maladies par l’énumération succincte de leurs principaux symptômes. Cette manière de procéder est toute pratique : c’est celle qu’on doit adopter surtout pour la colique saturnine, dont le siège véritable n’a pu être démontré jusqu’à présent d’une manière positive. Cette maladie est caractérisée par des douleurs abdominales vives , exacerbantes, n’augmentant pas par la pression, accompagnées de vomissemens bilieux, de constipation opiniâtre, de lenteur dans les pulsations artérielles, et enfin de crampes et autres sensations douloureuses du côté des membres thoraciques et pelviens.

Synonymie. Les noms de colique de plomb ou colique saturnine sont les seuls dont il faut se servir pour désigner l’affection dont je parle , puisqu’eux seuls en indiquent la cause véritable. Mais on la décrit aussi sous d’autres dénominations, telles que colique des peintres , des plombiers, des potiers, des fondeurs, d’après les professions qui y exposent le plus souvent. Astruc a proposé le nom de rachialgie, d’après des idées théoriques qu’il a émises sur le siège de la maladie. Enfin, on a voulu rattacher à la même affection ces épidémies observées par les auteurs , et qu’ils ont décrites sous les noms de coliques du Poitou, de Poitiers, de Madrid, du Devonshire, ou de colique végétale. J’examinerai plus tard jusqu’à quel point ces diverses maladies sont identiques entré elles.

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